PREMIER SYLLOGISME
« Dieu ne peut rien vouloir qui soit opposé à l'amour né- » cessaire qu'il a pour sa sagesse.
» Or le salut de tous les hommes est opposé à l'amour » nécessaire que Dieu a pour sa sagesse.
* Donc Dieu ne peut vouloir le salut de tous les hommes. »
La majeure est évidente par elle-même ; car on ne peut rien, dont l'opposé soit nécessaire. Mais on ne peut point laisser passer la mineure ; car quoique Dieu aime nécessairement sa sagesse, les actions où sa sagesse le porte ne laissent pas d'être libres, et les objets où sa sagesse ne le porte point ne cessent point d'être possibles. Outre que sa sagesse l'a porté à vouloir le salut de tous les hommes, mais non pas d'une volonté conséquente et décrétoire. Et cette volonté conséquente n'étant qu'un résultat des volontés libres antécédentes, ne peut manquer d'être libre aussi .