‹ Œuvres philosophiques de Leibniz (volume 3)Chapitre 41 sur 67 · SUR LÀ CONNAISSANCE, LA VÉRITÉ, ETC · texte numérisé non relu

SUR LÀ CONNAISSANCE, LA VÉRITÉ, ETC

rayon prolongé se mouvra plus vite à son extrémité qu'au point.de la circonférence : donc ce mouvement n'est pas le plus rapide, ce qui est contre l'hypothèse. Cependant il semble, au premier aspect, que nous pouvons avoir une idée du mouvement le plus rapide ; car nous comprenons bien ce que nous disons, et cependant nous ne pouvons avoir une idée de choses impossibles. Ainsi il ne nous suffit pas d'avoir la pensée d'un être très-parfait, pour assurer que nous en avons l'idée, et dans la démonstration que nous venons de produire, on doit montrer ou supposer la possibilité d'un être très-parfait, si Ton veut conclure légitimement. Cependant il est très-vrâi, et que nous avons une idée de Dieu, et qu'un être très-parfait est possible, et même nécessaire; mais l'argument n'est pas concluant et déjà il a été rejeté par Thomas d'Aquin.

Et c'est aîhsi que nous trouvons une différence entre les définitions nominales, qui ne contiennent que les marques de la chose qu'on doit distinguer des autres, et les définitions réelles qui montrent évidemment que la chose est possible; et par là on satisfait à Hobbes, qui prétendait que les vérités étaient arbitraires, parce qu'elles dépendaient de définitions nominales, ne réfléchissant pas que la réalité de la définition est indépendante de l'arbitraire, et que des notions quelconques ne sont pas toujours conciliables entre elles. Les définitions nominales ne suffisent à une science parfaite que quand il est bien établi d'ailleurs que la chose définie est possible. On voit aussi très-clairement ce que c'est qu'une l'idée vraie, une idée fausse; l'idée est vraie quand la notion est possible; elle est fausse, quand la notion implique contradiction. Or nous connaissons la possibilité d'une chose ou a priori ou a posteriori. A priotn, quand nous résolvons la notion en ses éléments , ou en d'autres notions de la possibilité connue, et que nous savons qu'elle ne renferme rien d'incompatible; et, pour ne citer qu'un cas, cela a lieu lorsque nous comprenons par quel moyen une chose peut se produire ; ce qui fait que les définitions causales l'emportent sur toutes les autres en utilité : a posteriori, quand l'expérience nous montre la chose existant réellement; car ce qui existe en acte est nécessairement possible. Et toutes les fois qu'on a une connaissance adéquate, on a aussi la connaissance de la possibilité a priori; car si l'on pousse l'analyse jusqu'à la fin et qu'il n'apparaisse aucune contradiction, la notion est nécessairement possible. Maintenant est-il possible que les hommes construisent jamais une analyse parfaite de notions, ou qu'ils réduisent leurs pensées jusqu'aux premiers possi-

Page 1