‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 135 sur 144 · CCV · texte numérisé non relu

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Si un gentilhomme doit apprendre à faire des Armes et à monter à. Cheval,

On tient pour une chose si essentielle à l'éducation d'un gentilhomme de savoir 'faire des armes et de bi^n monter à cheval , qu'on s'imaginerait que j'aurais fait une grosse faute d'omission, si je négligeais d'en parler. La dernière de ces deux choses ne s'apprenant d'ordinaire que dans les grandes villes, c'est un des meilleurs exercices qu'on puisse faire ^|)ou^ la santé : car comme lesi plaisirs et le luxe dominent dans ces

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lîeux-là, il est fort à propos qu'un jeune gentilhomme emploie une partie convenable de son temps à cet exercice pendant le séjour qu'il y fera; et tant que cet exercice sert à instruire un cavalier à se bien tenir à cheval et d'une manière libre et dégagée, ^à lui enseigner le moyen de dresser son cheval, à s'arrêter, à tourner promptement et à être bien assis sur le^hanches , jusque-là il est utile à un gentilhomme et dans la paix 9 et dans la guerre: Mais de savoir s'il est assez important pour mériter qu'un jeune homme s'en fasse une affaire-, et qu'il y emploie plus de temps qu'il n'en devrait employer, par intervalles, à ces sortes d'exercices violents , purement pour le bien de sa santé, c'«st ce que je laisse à déterminer aux parents et aux gouverneurs qui doivent toujours se ressouvenir, que dans tout ce qui regarde l'éducation des enfants, il faut donner plus de temps et d'application à ce qui paraît être d'une plus grande conséquence, et d'un plus fréquent usage dans le cours ordinaire de la vie , par rapport à la profession à laquelle un jeune homme est destiné.

§ CCVI.

Pour ce qui est de faire des armés, cet exercice me paraît utile à la santé , mais dangereux pour la vie. Comme l'habileté qu'on croit y avoir

acquise est propre k engager dafis des qilereHefe ceux qui dès -là ^'imaginent de savoir bien iâàuier l'épée ^ et à les rendre plus sensibles qu'il Hé faudrait au pdint d'hëfineUr dâus dès odëë"» sions de peu d'iitipoirtaficé, lés jêUhes genS, dans le premier feU de léuf â^ , §onf pot*téâi à croisé qu Us auraient appris eh vâitt à faif(5 des àMies^

s'ils hé tôbhtt^iéht jafhâis leur adresse el leih*

éôurage dans Un duel , et cela avec quélqUë a^ Carence de raison. Mais ëdttibieri dé sanglàhtés

tragédies cette belle ràitoû h'à-t^elle jpAh ptédttites ! Les lamiei de plusieurs hièréi ëh éûût uUe triste preuve. Un boihlâë i|ui hë huit pâ^ fàiï^ éé^ arrhes prendra pluè de soin d'ëtitët^ lés eohi^ paghies de ées gens féuguéUk et débàiiéh<ès qui sbht tf>uj6ui^ prêts à èe quél^Iler; et il m sera pÀS la Moitié si poité à réléVer des Vétille^ ^ m à faire deil affronts à ^î*sonhe ^ ôii à se jUsti-^ fiet fièrement lôHqu'U àurà efifectivettléhl ehlé^ que quelqu'un , ce qui est là eause ordihâir^e des querellés. D'ailleurs, lor^qu'ùh hômibe eit suf le pk*é ^ôur se battt^ eu duel , Uhê édrêSlie taé^ diocre à manier le ûeM(k Yexpomtà plutôt aUlt coups de son ennemi, qu'elle ne servira à l'en garantir; et certainement un homme de cœur qui né saurait point du tout faire ^t ^^atiitis , et qui remettrait toute l'affîiire k un leul tôoup qu'il pousfsérait vigoureuseuïétit k sou ^nimiiii > MM

s'aotuser à .parer, v un tel hoiame iua*ait Xmfi^i^. tage sur un bretteur fiaéd^femeal^ babi^^^^i^ principalement s'il était adroit à la lutte. Si donc il faut prendre quelque précaution contre de pareils acciflciBtS;^ et qu'un père <iaive disg^iser son fils à se défejoidre dans des diiels , j'aio^eraisi beaucoup xniejuï que mqa fils fuA bon lu|:t)^^ que s'il, avait uoe adresse inédipcre à faire 4^ armes, qui est tout ce qu'un gentilhomme peut acquérir pour le plus, à moins qu'il ne veuille être incessMQ»mei»t danç «ii^.saUe;d'ariues,;et y manier le fleutTelr f0U9 tes' }etï»à. Mais puisque en géxjiéral on regarde comme, une qualité, pi néoessaire àr.Hn geo^Qiomine ^ien élevé ,• 4e; sa^qir, fi^re des. armes ^ monter à cheval , i^ jf aurait; de la dureté à refuser entièrement >^ ua;J4W^^, homme de .ce rang ces4^iaarques^(<|e distiiH^n. Je l^ei^ai ^nç à ujqf pèï:e, J^ soin d'ewisfftçfi combi^fn Jie tenfypéramentj fip jsQ^pk fiis ^ le, JW^êfe qu'il 49it,<)ççu|ier:!âans le^nopfle lui perfn^t^))t oa i'pbljgpt deVaçcQmflCîftdes.^ des vi^s^s^Whi éUptt >tfè;^;-pei^ ijfiçcïssa^i:^ 4*nSiia vie wvilq^ étaient, ipciç^m^us ; autre^çis ; aux . w^^W^ft ^^ j4¥ft b^ï%flJÇ»8^ > Çf .i>^ semblç^: pjas. ^àj^flir lai^m^nté debeaMGoij^.l^iiprpe qu le 4K>Mr|^ge(4es peuçlffi

^p^lespqt^G^tés^à moîp^^uW^^^^ ^ ^g^*^ rer que la. valeur martiale. .s'est accrue par le moyen des duels , avec le^^^ejs Xffct 4^,^e^ f^es

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armés s'est introduit dans le monde, et avec lesquels'j'espère qii'il en sortira. -

S ccvii.

Voilà ce que j'ai pensé sur les études fet suf hes e^siercices d'un jeune gentilhomme. Le point le plus important de. tous, c'est qu^il ait de la "iertu et de la prudence, car, comme a très-bien dit un ancien poète :

Semita certè \ i TranquUke^per vùiMtem patet urdca wtcè,

& Cfe n'est que par le moyen de la vertu « ^u'on peut vivre tranquillement dans ce monde, tt'èt rien ne manque à un homme véritablement critthidérit. » ■ • ^

••'Appi^nez donc' à Votre enfant à réprimer ses ihôlinations , et à soumettre ses désirs à l'empire dé la raison. Cette cëiitùme ayant gagné ïe des!"* sus dans son esprit V^ et s'étant' changée ^ bar bitudè'par une constante' pratique , le* plus diflB^ cile dé l'affaire est fait Pour ce qilt ^ iest" dès inôyens dont on peut 'Se- servir pout^cohduire un jeune homme jusque-là, je n'en côàtiSiB j^oint dè'ylus propre que le désît d'être liiië et elàtïîiné, déiâir qu'on devrait lui- inspirer par toutes sortes

{i) Juvenahs, sat. X, 365.

de voies. Tâchez donc de Iç rendre sensible à rhonneur et à la honte autant qu'il est possible; et, ce point une fois. gagné, vous pouvez compter que vous aurez mis en lui un principe qui aura de l'influence sur ses actions, lors même que vous ne serez point auprès de lui; un principe qui fera beaucoup plus d'impression sur son esprit, que la crainte de la verge dont la douleur se dissipe en peu de temps ; un principe, enfin, qui sera comme le tronc où vous pourrez dans la suite enter les véritables principes de la morale et de la religion.

474 ^s l'iéducatioit

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