SECTION XXVI
SI UN JEUNE HOMME DE BONNE MAISON DOIT APPRENDRE A TENIR LES LIVRES DE COMPTE.
§ ccxvn.
Un gentilhomme doit apprendre à tenir les Libres
de compte.
iVlAis si les parents , par une prévention peu raisonnable, s'efïraient au nom odieux de métier et d'art mécanique , et qu'ils aient de la répugnance à voir leurs enfants s'occuper à quoi que ce soit de cette espèce , il y a pourtant une chose qui fait partie du négoce , dont ils conviendront que la connaissance est absolument nécessaire à leurs enfants , s'ils l'examinent avec soin. Je veux parler de Taït de tenir les Livres de compte.
Quoique, selon toutes les apparences, cette connaissance ne soit pas nécessaire à un gentilhomme pour acquérir du bien , cependant il n'y a peut-être rien qui contrijbue davantage à lui
qui par là pouvait avoir aisément autant d'ar* gent qu'il en demanderait. Cependant cette peine imposée à un jeune honrnie qui n'était accoutumé qu'à songer à se divertir, le jeta dans un fort grand embarras qui se termina enfin par cette sage et solide réflexion : Si c'est une chose si pénible pour moi de compter simplement l'argent que je veux dépenser y quel soin et quelle peine mes ancêtres ne doiverU-iU pas avoir pris^ non^ seulement pour le compter y^ mais poux le gagner! Une pensée si raisonnable lui étant venue à l'occasion de ce petit soin qu'on exigeait de lui , ' fit une si forte impression sur son esprit , qu'ayant commencé dès-lors à être plus sage et plus retenu oans ses dépenses, il devint trèséconome. Quoi qu'il en soit, tout le monde doit convenir qu'il n'y a rien qui doive vraisemblablement obliger un homme à ménager son bien , que d'avoir incessamment devant les yeux l'état de ses affaires dans des' comptei^ exacts et bien suivis. • <«