S XII
// ne faut pas donner aux enfants des habits
trop étroits.
Ce que j'ai dit des filles ( § X ) me &it souvenir d'une chose qu'il ne faxA point oublier, c'est que les habits des enfants ne doivent jamcUs être étroits , sur^tout autour de la poitrine^. Laissons à la nature le soin de façonner le corps comme elle le trouve à propos. Elle agit avec trop d'exactitude pour que nous puissions la diriger : et si les femmes façonnaieint elles-mêmes dans leurs flancs les corps de leurs enfants , comme elles tâchent souvent de corriger leur taille lorsqu'ils sont nés, il n'y aurait pas moins d'enfants mal faits, qu'il y en a peu de bien faits parmi ceux dont on tâche de former la taille par des habits étroits ou autrement. Il me semble que cetteconsidération devrait empêcher , je ne dirai pas les tailleurs et des nouriices ignorantes ,; mais d'autres personnes trop entreprenantes , de . se mêler d'une chose qu'elles n'entendent point. Ces gens-là devraient craindre de détourner la nature de son but, en voulant façonner le corps, dont ils ignorent entièrement la structure de la moindre petite partie. Pour moi, j'^i vu tant d'exemples d'en-
DES EKFANTS. 21
fants qui ont reçu de grandes incommodités pour avoir été trop serrés , que je ne saurais m'empêcher d'en conclure qu'il y a d'autres créatures que les singes, qui, peu supérieures en sagesse à ces animaux, perdent leurs enfants par une passion insensée , et les étouffent , poiu' ainsi dire, en les embrassant trop fortement.
S xiii.
Inconvénients qui viennent, de porter des h(dH$f
trop étroits.
Ce qui arrive naturellement et presque toujours aux enfants, auxquels on fait porter des corps trop forts et' des habits trop étroits, c'est que leur poitrine se rétrécit ^ que leur haleine devient courte et puante j qu'ils gagnent des maux de poumon y et deviennent tout voûtés : de sorte que le moyen dont on se sert pour leur rendre la taille fine et déliée , ne sert précisément qu'à la leur gâter. Et en effet , il ne peut qu'y avoir de la disproportion dans les parties , lorsque les aliments préparés pour différentes parties du corps , à la nourriture desquelles ils sont propres , ne peuvent être distribués selon la destination de la nature. Ainsi, il ne faut pas s'étonner si , l'aliment s'introduisant où il peut dans quelque endroit qui ne soit pas si comprimé , il
aa i>$ l'éducation
airiye, qu!une épaule ou uh f ojt^ ^tt plus haut ou plus gros que la juste propcHiiioii ne requiert* C'est u^e çbose fort connue que les femmes de la.^ Chine ^nt^I^s pieds extrémeinent petits (&ir sant consister ep. cela je ne.S94& queUe jbe^té), et qu'op les .leur serre fortement avec des bandes pour les empêcher de croître. J'ai vu de* puis peu une paire de souliers d'une femme de la Chine , de beaucoup trop petits pour le pied d'une femme de même âge parmi nous, de sorte qii'à peine auraient-ils été assez larges pour une de nos petites filles. On remarque d'ailleurs que 1q$ Ç^Âi^^^es sont.fofft pâtîtes et de courte YÎe, au lie^q^ries Chinois wnt d^^là Atature ordinaire, dès atliarea hoiaàiiies^.et vivent à proportion. •• . . -, ,
Quelques-un^ attribuent €es inficmités.dans lès ftmmei de ee^ royaume, à, .ce (Qu'elles se serrent trop les pièds', ce qui enipetd[iè;la hbre circa-* lation du sang., et .^éjndicie à la santéi et iàl'ao^ croissement du reste du corps. Il y al^eaitcoup d'appareneCià cela : dar coinbien de fois né voyoné* nous pas que quelque. endroit. du piâdveilant â élare endommagé ouporviine enlorse^ ou par quelque cbup, la josàbeet la cirisBe perdent de leur force y ne reçbivént })lu8fleaff nourriture or^ dinaîre et diminuent, insensiblienieiit! Cela étante quels plus grands incoBTénients ne doit-on* pas
craiadra, lo^^u^ la ppitw^e, <o4 08t; plfip4 la coBur ^^ eslè l)s. ^^e d^ 1^ xie, n'a p^$§,lU).^rl:é natuiç^Uj^ pour éi^e trop re^epré^! ^