SECTION XXVIII
GONCLDSION DE TODT l'oUTRACB.
§ CCXXIII.
Quoique je sois présentement à la fin de mes remfrques sur l' Éducation des Enfants ^ je ne voudrais pas qu'on slmaginât que je regarde ce que je viens de dire comme un traité complet sur cette matière. Il y a mille autres choses à considérer , et particulièrement si l'on voulait^i ftitrer dans l'examen des divers tempéraments , des inclinations différentes , et des défauts parti culiers qu'on remarque dans les enfants , et ' qu'on entreprît de prescrire les remèdes qui y sont propres. Cette matière est d'une si grande étendue, qu'il faudrait faire un voluit^e entier pour la traiter, encore ne suffirait-il pas. Il y a dans l'âme de chaque homme, aussi-bien que
1^ DIÇS ENFANTS. Soi
dafns le visage , quelque chose de partlcuKer qui le distingue de tous les autres ; et peut-être à peine y a-t-il deux enfants qui puissent être con* duits par une même méthode , à prendre la chose, dans la dernière précision. D'ailleurs , je crois que l'enfant d'un prince, celui d'un homme de qualité, et celui d'un simple gentilhomme, devraient être élevés d'une manière di^érente. Mais comme je n'ai eu ici que quelques vues générales par rapport à la fin principale de l'éducation, et cela en faveur du fils d'un gentilhomme de mes amis qui était alors fort jeune , et que je ne considérais pour cet effet que comme du papier blanc, ou de la cire, sur quoi l'on peut imprimer ce qu'on veut , je ne me suis guère attaché à autre chose qu'à traiter les points généraux que j'ai jugés nécessaires pour l'éducation d'un jeune gentilhomme de son rang. Je publie maintenant ces pensées, que l'occasion a fait naître , dans l'espérance que , quoiqu'elles ne contiennent pas un traité complet sur la matière , et que chacun ne puisse pas y trouver ce qui convient précisément à son enfant, elles pourront pourtant donner quelques petites lumières à ceux qui , encouragés par l'intérêt qu'ils prennent à tout ce qui touche leurs chers enfants , sont assez hardis pour oser bien se hasar-
5o4 DB l'ÉDUCATIOIT DES ENFAITS.
der à consulter leur proprt çaison dans la manière dont* ils doivent les élever, plutôt que de s'en reposer entièrement sur une vieille coutume.