XLII
Je pense que tout le moiide trouvera raison* nable (|ue les enfants^ élaat petits, considèrent leurs parents comme leurs seigneurs et leurs maittes absolus , et qu'en cette qualité ils aieni une crainte respectueuse pour eux; mais qu'é^ tant parvenus à un %e plus mûr , ils tes regardent comniie leurs mreilleurs amis, qu'ils les aiment et les r^pectent sous cette idée< Or, pour faiire naître ces sentiments dans le cœur des enÊints ^ il n'y a point d'outre voie , si je ne me trompe, que celle que je viens d'indiquer. Nous devons cosisidiérer que nos enfents, devenus grands, sont entièrement semblables à nous, qu'ils ont les mêmes' passions et les mêmes désirs. Nous sommés bien-^aises de passer pour des créatures raistonnables , et d'être les maîtres de notre conduite : nous n^aimons pas à être obligés, d'essuyar à toute heure des censures et des Méf^ris : nous ne pouvons soufirir d^être exposés continùeUetnent à la ifiauvaise humeur de ceux que nous fréquentons , ni qu'ils prétendent nous tenir dans un grand respect. Un homme fàit^, qiâ se voit traiter de cette manière, cherche aussitôt une autre compagnie ^) fait de nouveaux amis, et se lie à une ftutre société, où il puisse jouir de quelque douceur.
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Si donc on a soin de tenir d'abord de court les enfants ^ ils seront aisés à gouverner durant leur bas -âge 9 et se soumettront sans murmure à ce traitement, n'en connaissant point d'-autre : et lorsque dans la suite ils commenceront à faire usage de leur raison , si le père se relâche un peu de sa sévérité, à mesure qu'ils s'en rendront dignes, et qu'il se communique plus familièrement à eux , la contrainte où il. les aura tenus auparavant, ne servira qu'à augmenter leur amour pour lui, parce qu'ils reconnaîtront alors qu'on ne les traitait ainsi que par amitié, et dans la vue de les rendre dignes de l'affection de leurs parents, et de l'estime dureste des hommes.