‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 37 sur 144 · XLIII · texte numérisé non relu

XLIII

En voilà assez pour ce qui regarde en génésrsl la manière dont vous. devez établir votre autorité sur vos enfants. C'est en leur inspirant de la crainte et du respect , que vous devez commencer à prendre de l'empire sur leurs esprits ; • et lorsqu'ils seront parvenus à un âge plus mûr, il faut que l'affection et l'amitié qu'ils auront pour vous - même , . vous maintiennent dans ce pre/mier droit. Car enfin il doit venir un temps auquel il faut que les enfants soient à l'abri, dçs châtimepts et des réprimandes: et alors, si l'affection qu'ils ont pour vous ne les rend pas

obéissants et fermes dans leur devoir, si l'amour de la vertu et de l'honneur ne les engage pas à se bien conduire, par quel* motif , je vous prie, pourriez -vous les y obliger? La crainte d'avoir une moindre portion de vos biens, s'ils viennent à vous déplaire (i), pourra bien les porter à se contraindre , pour ne rien perdre de ce qu'ils espèrent de vous: mais en •particulier ils n'en seront ni moins méchants , ni moins déréglés ; et d'ailleurs cette contrainte ne durera pas toujours. Il faut tôt ou tard que les hommes soient abandonnés à eux-mêmes et à leur propre con.duite. Celui qui est honnête homme et vertueux , il faut l'avoir i'bndu tel réellement et dans l'intérieur ; et par conséquent on doit avoir soin de lui inspirer de bonne heure , par le moyen de

(i) « Un père, dit à cette occasion Montaigne, est bien « misérable , qui ne tient T affection de ses enfants que par A le besoin qu'ils ont de son secours , si cela se doit nommer n affection : il faut se rendre respectable par sa vertu et par « sa suffisance , et aimable par sa bonté et douceur de ses « mœurs. — II faut avoir réglé l'ame des enfants à leur de- « voir par des raisons, non par nécessité et par besoin , non « par rudesse et par force.

« .... Et emt longé , meà quidem sententiâ ,

« Qui imperium credat esse gravius aut stabilius

« VI quod fit , quam illud quod amicitia adjimgitur *. >'

Essais, Ht. I, ch. 5.

* Tm. jtéêlph. act. I, se. X, x4.

74 DE l'jÉDITCATIOK

l'éducatioD, ces dispoàtions k la Tortu qui dotrent «voir une si grande influence siu* tout le reste de sa vie', de aorte qiie ce soient autant d'habitudes transformées , pour ainsi dire , ea sa propre nabire» M non pas de fausses af^arences et des dehors j^âtrés que la crainte lui ^t revêtir, dans la setde vue de ne pas irrit»* nn pèK qui pomrait le déshériter.

^/^»^%<%<»^>%^(%>%/»%/^^«»%^>^»^^^^%m)^^^.'»(^»/Xmi%<%^*^^^>%<^*»»%'**»*»*»<

Page 1