‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 51 sur 144 · LXVII · texte numérisé non relu

LXVII

Enfin, n'oubliez pas, je vous prie, qu'il ne faut poiqt instruire les enfants par de simples règles, qui leur échapperont incessamment de la mémoire. Mais ce que vous jugez qu'il est nécessaire qu'ils fasssent, attachez - vous à le leur £siire pratiquer exactement, aussi souvent que l'occasion s'en présentera, et, s'il est possible , faites-en naître les occasions. Cela produira en eux des habitudes qui , étant une fois établies , agiront d'elles-mêmes facilement et naturellement , sans le secours de la mémoire. Mais ici permettez-moi de vous donner deux avis:, l'un est de ne porter vos enfants à la

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pratique des choses auxquelles vous voulez les accoutumer ^ que par des paroles douces et des exhortations modérées , comme ayant plutôt dessein de leur remettre dans Fespritce qu'ils oublient sans y penser , que de les quereller , ou de les censurer rudement comme s'ils négligeaient malicieusement de le faire. La seconde chose à quoi je vous conseille de prendre garde , -c'est de ne pas entreprendre de les dresser à trop de choses à-^la-fois , de peur que la diversité des idées ne mette du désordre dans vos instructions, et ne vous empêche de rien apprendre parfaitement à vos enfants. Mais quand, par une constante habitude, une chose leur sera devenue facile et naturelle, et qu'ils la pratiqueront sans le secours d'une réflexion particulière , vous pourrez alors les exercer sur quelque autre chose.

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