S LXXVII
// nefcuitpas laisser croupir les enfants dans la
paresse.
Quoiqu'il soit très-certain que le temps le plus propre pour enseigner quelque chose aux en-^ fants, c'est lorsque leur humeur les y porte, qu'ils sont bien disposés à s'y appliquer, et qu'ils ne sont point détournés d'y attacher leur esprit, ni par nonchalance, ni par une forte application à quelque autre objet; voici poiu** tant deux choses à quoi il faut prendre garde : la première est que, soit qu'on n'observe pas exac* tement ces occasions favorables , et qu'on n'en profite pas aussi souvent qu'elles se présentent, ou qu'effectivement elles ne reviennent pas aussi souvent qu'il faudrait, il ne faut pourtant pas obliger l'avancement d'un enfant, et le laisser croupir dans une oisiveté qui lui devienne ha*» bituelle; la seconde chose qu'il faut observer dans cette occasion, c'est que, quoique l'ame ne soit pas fort en état de recevoir de nouvelles idées lorsqu'elle n'est pas bien disposée, ou qu'elle est attachée à quelque autre objet , cependant c'est une chose importante et bien digne de nos soins de lui apprendre à acquérir de l'empire sur elle-même , à pouvoir, lorsqu'elld
r46 DE l'éducation
le sAihaite , renoncer à la recherche d'une chose qu elle poursuivait avec chaleur, et s'appliquer à une autre sans peine et avec plaisir, ou à vaincre sa paresse toutes les fois qu'elle voudra, pour s'attacher vigoureusement à ce que sa raison ou quelques personnes sages lui proposeront : c'est à quoi il faut accoutumer les enfants en les mettant quelquefois à l'épreuve, c'est-àdire en leur proposant quelque objet à considérer, et en tâchant de fixer entièrement leur attention de ce xôté-'là, lorsqu'ils ont l'esprit détendu par paresse, ou fortement appliqué ailleurs. Si par ce moyen un enfant vient à acquérir l'habitude de se rendre maître des opérations de son esprit, en sorte qu'il puisse, selon que l'occasion le requiert, laisser à quartier les idées ou les affaires dont il est actuellement occupé, pour s'attacher sans peine à de nouveaux objets , cela lui sera plus avantageux que de savoir le latin , toutes les rubriques de la logique, et la plupart des choses qu'on fait apprendre ordinairement aux enfants.
DES pjffAirT»^; 147
* « - ' -Il
s LXXVÏII. ,
Adresse dont il faut se servir poiir dàfiner aux enfants de V inclination pour ce qu'on veut leur enseigner. ' ' * - . . - . :
Comme Içs enfapte 5ont plus aoti£» /dapsleur première jeunesse qu ea aucuo autre t^mps. de leur vie, et qu'ils ont assez d'indilFévence.pdur tout c€| qu'ils sont capables de faire , dé^ii^r oti sautera cloche-pied aérait; pour eux laLiipt^èm^ chose, si on les y encourageait, ou qu'Qii)>lç3 on détournât . par des motifs .ég^l^ja^ent. propres à prodi?ire l'un ou l'autre de ces ejEErts. Quant laUx choses que nous vpulop^. Içur apprendre vU grande et l'unique raison qu^ j'aie , pu décour vrir qyi les en dégoûte , ç'psfc ^U'on 'les,;y; engage par autorité, qu'on leur. en. fait. pqe)affaiireiet un sujet perpétuel de chagrin ejt . d'iuqUijétiu^ôcy de sorte qu'ils ne s'y.appU^pent qu'eq trep^blsiRt^ ou que, s'ils s'y poï^tent y^lontaireipent; , oncles y attache trop longrteii?p$ jusqu'à Qe^qu'ilsij en soiràt fatigués: toutes circonstances qui'yt)]|tit dépouiller les enfants de cette libertéonaftiwUe pour laquelle ils ont vfeie souveraine pa^i9n> et qui seule leur fait trouver un. si grai|d,f)l^isir dans leurs jeux ordinaires. Cha^gei^ çeuiêaifeat de conduite avec vos enfants, et vou5< in^rK^
l49 D£ L lÉDTTCATIOir
qu'ils tourneront aussitôt leur application du côté qu'il vous plaira, sur-tout s'ils sont soutenus par l'exemple d'autres personnes qu'ils estiment et qu'ilscroient au-dessus d'eux. Si d'ailleurs les choses qu'ils voient faire aux autres, leur sont adroitement mises devant les yeux comme le^* suites de certains privilèges destinés à un âge plus avancé ou à une condition plus relevée que la leur, alors l'ambition- et le désir de s'élever toujours plus haut, et d'égaler ceux qui les surpassent, leur inspireront une certaine ardeur qui 'les fera entret* dans le chemin que vous leur montrerez, et les animera à y mavcher avec vigueur et avec une satisfaction d'autant plus Sensible, que leur propre désir les aura engagés dans cette carrière. De cette manière, Ê^iss^nt u^age de leur liberté , la chose du monde i^xii leur eist la plus précieuse, cette jouissance servira beaucoup à échauffer leur courage; et tout Cela j6int au plaisir, d'être estimé et d'ac* quém* de la réputation , suffira , je m'assure ^ pour porter les enfants à leur devoir, sans qu'il soit besoin de les exciter par d'autres motifs à s'appliquer, avec toute l'assiduité nécessaire, auii choses qu'on voudra leur apprendre. Tavôùe que d*abord il faut, pour en venir là, de la patiè«ice ; de l'adresse^ de la douceur, de Tappiicatton , et beaucoup de prudence. Mais à quoi
DES EJXFAUfTS. i/^g
bon tenir un gouverneur auprès de vos en-^ fants , s'U ne fallait prendre aucune peine pour les bien élevet? Du. reste ^ lorsqu'on aura une fois gagné cela sur Tesprit d'un enfant^ on le portera bien plus aisément dans la suite à tout ce qu'on voudra , qu'en le traitant d'une manière plus, sévère et plus impérieuse : et dans le fond, ce premier point n'est pas, je crois, fort difficile à gagner. Je suis méme^ persuadé qu'on en vien* drait à bout saus aucune . peine ^ si les enfants n'avaient point de mauvais exemples devant les yeux; c'est pourquoi le grand danger que je redoute dans cette oc<;9âion„ c'est seulement de la part des dpmestiques , et d'autres enfants ipal élevés, ou d^. telles autres personnes vicieuses ou peu sensées, qi^i corrompent les enfaQts ou par l'exemple qu'ils leur donnent d'une conduite déréglée, ou en leur faisant prendre des plai^rs illicites,. et les louant en même temps de ce qu'ils s'y abandonnent: deux chosffDqui ne devraient jamais aller ensemble. . •h*îr*.^h-? ,u
§ LXXIXh,,; '
On ne doit pas ■Quereller les enfants souvent
et avec péission.
Gomme il faudrait recourir très^rarement aux coups pour cbatier les enfants, je crois qu il est
l5o DE L*IÈDUCATI0N
pféut-être d'une àusài dôngepeuse conséquence de leut faire de fréquentes réprimandes, et surtout si elles sont accompagnées * de ' plâssion. Rien n'est plus propre à diminuer l'autorité des parents et le respiect que les enfants ont pour eux; car vous devez savoir (et je vous prie de vous en bien souvenir) quêtes enfants démêlent bientôt la différence qu'il y a entre la passion et la r&ison. Comme ils ne peuvent que respecter tout ce qui viept de la part de la raison, aussi conçoivent-ils d'abord du mépris pour tout ce qui n'est qu'un effet de la pafssibn, ou, s'ils en sont émus et épouvantés sur-le-châmp, cette impression s'évanouit *bieftïôt ; et une espèce d'instinct naturel leur apprendra facilement à mépriser tous ces vains éclàfts qitft^he sont fondés sur rien de solide. Puisque les enfants ne doivclritlêtre réprimés par leurs pareiits qu'à l'occasion dé leurs actions vicieuses qui "se réduifeettt à un fort jiellf ^nombre durant feur tendre jeunesse , u» Wgarît-ou ub signe doit suffire pour les corriger lorsqu'ils font mal; ou si quelquefois on est obligé de se servir de paroles pour les reprendre, il faut .le faire d^uae manière grave , douce et modérée , en faisant voir ce qu'il y a de déréglé ou de mal séant dans la faute , plutôt que de censurer rudénièrit'^l'enfant de ce qu'il l'a commise, ce qiiiFempéche de s'as-
I>ES ENFAWTS. l5l
surer si vous n'en voulez pas plutôt à sa personne, qu'à l'action qu'il vient de faire, Dans les réprimandes passionnées, on se laisse emporter ordinairement à des paroles piquantes et outrageuses, ce qui produit encore ce méchant effet, qu'il apprend aux enfants à user, d^ns l'occasion, du même langage; car il ne faut pas attendre qu'étant autorisés par de si bons garants à se servir de ces titres injurieux,. ils aient honte ou dissent difficulté^ de les donner à d'autres personnes.
PoUt quel sujet il faut battre les enfants.
Mais ici l'on me dira « Quoi donc ! ne vou-
« lez -vous paâ qu'on ne batte/ jamais les en- '^ fants pour quelque faute qu'ils commettent? (c C'e^t autant que si vous les laissiez qoqrir à « bride abattue dans. l:oute sorte de désordres. » Il s'ei^,faut bien que cela soit si propre à produire cet effet qu'on se l'imagine , pourvu qu'on ait d'abord fqrmé l'esprit des enfants comme il faut, en leur inspirant ce respect pour leurs parents (.,§, Xl^y ), duquel nous avons déjà parlé. Pour les châtiments corporels, on a observé constamment qu'ils n^ sont pas d'un fort grand usage , lorsque la douleur qu'ils causent est tout ce qu'on y craint ou qu'on y voit; car l'effet
l5a DE L*BDtJCATIOW
qu'ils produisent en ce cas -là, lie dure pas davantage que le souvenir de cette douleur qui s'évanouit en fort peu de temps. Il y a pourtant un défaut, et qui est Tunique, à roon avis, pour lequel je crois qu'on doit battre les enfants, c'est l'obstination otr la désobéissance vo- Ion taire; et en cela même je voudrais qu'on fit en sorte, si l'on pouvait, que la honte que les enfants auraient d'être batfiK, plutôt que la douleur des coups, fit la plus grande partie de la punition. La honte de mal faire et de mériter châtiment, est le seul véritable frein propre à retenir les hoipnies dans le chemin de la vertu. La douleur de la verge, si cette honte ne l'accompagne point , passe tout aussitôt , et par l'usage vient bientôt à n'avoir rien d'effrayant. J'ai vu des enfants d'une personne de qualité qu'on tenait aussi bien dans le respect en leur faisant appréhender (I^Uèr sans souliers, que d'autres en les menaçant du fouet. Quelques petites punitions de cette espèce seraient, à mon avis , beaucoup plus efficaces que dés coups ; car si l'on veut inspirer aux enfants dés sentiments généreux et dignes d'un honnête-homme, c'est à la honte d'avoir mal fait, et au déshonneur dont leur faute ^t accompagnée , qh'on devrait les rendre sensibles, plutôt qu'à la douleur qui est attachée au châtiment. Mais; 'à Tégard de
BES EJf^ATKTSé 1.53
Topiniâtreté , de la désobéissance volontaire et détenmoée, il faut vaincre par la force et par les coups , car il n'y a point d'autre remède à ce maL Pour c^ effet , quoi que vous commandiez ou que vous défendiez à votre'ênfant, faitesvous obéir promptement sans quartier et sans résistance ; car si une fois vous venez à disputer avec lui à qui sera le maître de vous deux, ce qui arrive lorsque vous lui commandez une chose et qu'il felàse de la feire, vous devez prendre fine fort^ résolution de l'emporter sur lui, à «cpielque* violence que vous soyez obligé d'en venir pour, cela , si un signe ou des paroles ne sont pas capables de le soumettre à votre volonté, à moins que vous n'ayez envie d'être à l'avenir pendant tout le reste de votre vie entièrement dans la dépendance de votre fils. Il me souvient à ce propos xl'une dsime de ma çour naissance, fort prudente et d'un naturd fort doux , qm se vit réduite à battre une petite fille qu'on lui amenait de chez la Bourrice, de la battre , dis^je;, le même jour qu'elle vint chez elle, à huit diverses reprises dans une matinée, avant que d'avoir pu vaincre son opiniâtreté, et l'obliger à une certaine chose très-£sicile en elle-même et entièrement indifférente. Si cette prudente mère eut cessé plutôt de battre sa fille , et qu'elle se fût arrêtée après l'avoir battue sept fois,
i54 BE l'éducation
elle aurait gâté cette enfant pour toujours; et en la battant ainsi sans aucun fruit , elle n'aurait fait que confirmer son humeur revéche dont on n aurait pu la corriger dans la suite qu'avec une peine extraordinaire. Mais en continuant prudemment de la battre jusqtira ce qu'elle eût dompté son humeur et fait plier sa volonté, ce qui est Tunique but de la correction et des cbâ* timents, elle établit entièren^ent son autorit^ dès ce moment-là, et dans la suite elle a toujouirs obtenu de sa fille une prompte obéissance en toutes choses. Comme ce fut là la première fois qu'elle la battit, ce fut aussi, je crois, la derniere.
La première fois qu'on vCSt obligé de recourir à la verge ^ il faudrait que la douleur de ce châtiment, continuée et augmentée sans cesse jusqu'à -ce qu'elle eût entièrement vaincu l'opiniâtreté de l'enfamt, domptât premièrement l'esprit, et mît sur pied l'autorité des parents; et les parents après cela devraient conserver leur autorité pour toujours, en mêlant prudemment la douceur avec la gravité.
.^"^ jfc
DÏS EKFANTS. l55
., .S.JLXXXL
Les châtimerûs employés maUà^prcfpos ne produisent que du mal:
Si l'oii p%ns^t «s^ieusement à' cela , on. se* rait sàiis doute bien plus retenu qu'on ne Test ordinairement à se seiivir de la verge .et du bâton pour corriger les 'enfants, et l'on ne se* rait pas ai porté à regarder les châtiments comme un remède souverain et universel i qu'on peut employer au l^asard daâs toute > sorte • d'occa* sions : du moins , il est certain que si lés. coups lie produisent rien y; ils prodpi&eni - beaucoup de mal ; s'ils ne font aucune iinpressioni sur l'esprit ,1 et ne domptent pas = la volonté , ils: ne sej^- Vent qu'à enduccir le. coupable; èt^ à^quelque peine que. sa faiite^Uail; exposé, cela imê: fait que Je confirmer dans soiB*k)pÛQifttr^^l« passion qu'il chérit tendréinenttf.et'quity^v^ûaiïtidè le reiidre victorieux , le di^Me li: ' contester: et • <ài re^rer im àouveàtt triomphe' potiril'avqnirrc auteiiSiuiskje persuadé quece'n'estque par des »€«)rrect ions mal-éhtendues' qp'onj a o^'ëndu .obisitiif és;plu$i6urs enfailts , qui sans* oelà lauraien t . été' > fovk isou pies et fort traitabkâ ; ^teài^ » sivfvaiis MÔhâitiez»; y^tre enfant coiqme )Si i vous .nlaviefl eaitii^ue que de .vous^ satisfaire «voiis^n^éine en le punissant d'une
i56 DE l'jédugation
faute passée qui vous a mis en colère, quel efFet cette conduite peut-elle produire sur son esprit qui! s'agit de redresser? Si cette faute n'était accompagnée d'aucune marque d'opiniâtreté, il n'était pas nécessaire d'en venir aux coups. Une douce et grave rômoBftrance! sii£Blt pour corriger les £sEutes'de.frâ^lité, d'onidi-oa d'iiiadvertance ; et c'est là tout: au plus 'ce que ces sortes dé fautes peuvent mériter: :Mais s'îi j avait de la malice dans la volonté dé l'enfant^ si son action ^ait Tefifet d'une désobéissance formelle et déterminée, il «ne faut pas alors régler le. châtiment par le plus ou le moins d'ioi^ portance de ce qui ^ en aiétéle^aujet, à le cpnsi^ dérer ' ^em liii - même y • mais ^par son oppositioa mfx respect et à la soumission qu'un enfant doit avoir pour les ordres de son père, et qu'il faut toaijoufs exiger. à toute rigueur. Dans^ee cas.-là< les coups qu'coi lui donnera pair inter*valles -y ne doivent point ^ei^ser qu'ils n'aiecit fait impression ^siir «on espist , et que véus iie voyiée en lui des marques de honte, deTepentir,et d'une sincère résolution de vous obéir.
J'avoue qu'il ne< suflit pas pour cela d'imposer certains' devoirs aux enfants , et de les battre sans autre fisiçon dès qu'ils ne les remplissent point on qu'ils ne s'en acquittent pas; à notre fantaisie ; c'est une affaire qui demande des soins.
lâ
DES ENTFANTS. l5j
de l'attention et des observations exactes : il £siut étudier exactement le tempérament des en- Êints, et bien peser leurs fautes, avant que d'en venir à cette épreuve 3 mais aussi cela ne vautil pas mieux que d'avoir toujours la verge à la main, comme l'unique moyen dont on puisse se servir pour bien élever les enfants; et que de rendre inutile ce reznéde , qui dans des extrémi» tés peut être d'un gnud usage ^ en y recourant à tout moment et en toute sorte d'occasions , de le rendre, dis^je, entièrement inutile lorsqu'il est effectivement nécessaire de l'employer? car peut-on s'attendre à autre chose, si l'on emploie indifféremment ce remède pour la moindre petite méprise, si pour une faute contre la syn^ taxe , ou pour une syllabe mal placée dans un vers, on est aussi exact à punir un enfant, d'ailleurs bien réglé et plein d'esprit, qu'un enfant malin et revéche pour un crime qu'il a corn* mis volontairement? et comment peut-on espé* rer qu'une telle manière d'agir touche l'amé et la dispose à la vertu ! C'est pourtant là Tunique chose à laquelle il faut travailler ; ce point une fois gagné , tout ce que vous pouvez désirer de plus suivra naturellement.
l6o DE L'iDUG4TIOI!f
ner doucement comme dès personnes naturel* lement infirmes ; et , quoiqu'ils aient été avertis de se corriger de ces fai^tes, chaque i^chûte ne doit pourtant pas passer pour un mépris formel des avis qu'on leur a donnés, et être d'abord punie comme un effet d'obstination. Il est bien vrai qu'on ne doit pas négliger les £aiutes de jGragilité , ni les laisser passer sans en prendre ccm* naissance : mais, à moins que la volonté n'y ait quelque part, il ne faudrait jamais les exagérer ni les censurer fort rudement; on devrait plutôt les redresser avec une douceur proportionnée à la faiblesse de l'âge. Par ce moyen les enfants s'apercevront 'de ce qu'il y a de plus choquant dans chaque faute , et apprendront à l'éviter ; et , ce qui est le grand point , ils seront encouragés par -là à se conserver l'intention droite et sincère , voyant que cette sincérité les met à couvert de toute réprimande considérable , et qu'à l'égard de tous les autres manquements, bien loin que leurs parents et leur gouverneur en prennent occasion de s'emporter contre eux et de les accabler de reproches, ils tâchent de Tes en corriger avec toute sorte de douceur et de condescendance. Détournez vos enfants du vice et de toutes mauvaises habitudes. Pour ce qui est de la conduite quHls doivent tenir dans le monde, en général,' ils ♦s'y perfectionneront
tous- les JOUIS de* plus en. plus^autani: qu'il sera nécessaire par rapport, à leur âge et à la ooMEapagnîe cpi'ils fréquenteront ordinairemisat; 6t, ^ mesure qu'ils avanceront en âge, ils d'x)bseryerQnt avec plus d'attention; Mais afin, que vos. paroles aient toujours de l'autorité sur leur, esprit; si, dans quelque rencontre- particulière vTous. venez à leur ordonner de s'abstenir de quelque ;petite bagatelle, faites- vous obéir, [quelque peu doipor*^ tante que soit la choâe > et ne persiettez -jamais qu'ils vous, fassent la loi« Cependant , craame j'ai déjà dit, je.voudrais qu'un père iiM^^^jpîtôât rare^ ment. son autorité dans ces cas* là ou dans tout autre, hormis où. il a'agit . de . dboses qui pour* raientlenrdonner.de mauvaises habitudes. Il y a, à mon avis, de meilleurs moyens de.se rendre maître: de leur esprit; et, pour l'ordm^e ( lors?: qu'une fois vous les avez mis sur le pied: de se soumettre à votre. volonté),. vous les amenere?» beaucoup mieux où vous voudrez par des raè^ sonnemerUs proposés d'une manière douce et insinuante.