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// doit aussi connaître le monde.
Le gouverneur de Vos enfants doit non-seulement être poli , il faut encore qu'il connaisse
DES ENFANTS. igt
bien le monde, c'est-à-dire le gjénie, les caprices, les folies, les fourberies et les défauts de son siècle, et sur-tout du pays où il vit. Il faut qu'il puisse faire voir toutes ces choses à son élève, à mesure qu'il l'en trouve capable. Il doit lui apprendre à connaître les hommes et leurs divers caractères, les lui montrer tels qu'ils sont, en leur ôtant le masque dont les différentes professions pu divers prétextes les obligent à se couvrir, et lui faire discerner ce qui est caché véritablement sous ces fausses apparences , afin qu'il ne lui arrive point, comme à la plupart des jeunes giens sans expérience, de prendre une chose pour une autre , de juger par l'extérieur, et de se laisser tromper par de beaux, semblants et par des manières flatteuses et insinuantes. Il devrait l'instruire à observer les desseins de ceux avec qui il a à faire, sans être ni trop soupçonneux, ni trop crédule; et, selon que son naturel le fait plus pencher d'un côté que de l'autre, le redresser et lui faire prendre la route opposée. Il devrait l'accoutumer , autant qu'il est possible , à juger sainement des hommes par les marques qui servent le mieux à faire connaître ce qu'ils sont, et à découvrir leur intérieur, qui bien souvent se montre dans de petites choses, sur -tout lorsqu'ils ne sont pas sur leurs gardes , et pour ainsi
ig^ DE L EDlTGA.TIOir
dire sur le théâtre. H £aiut qu'il ait soin de lui faire une pmnture fidèle du monde , et de le disposer à ne pas se figurer les hommes meilleurs ou pires , plus sages ou pltis fod^ qu'ils ne le sont e£Fectivement. Par ce moyen son élève passera insensiblement et sans danger de Tétat d'en- &nt à celui d'homme, qui est le pas le plus dangereux qu'il ait à faire pendant tout te cours de sa vie. C'est donc un point qu'il faudrait ménager aVee tout le soin possible; et c^esf surtout dans cette conjoncture qu'uii jeune homme devrait être assisté , au lieu d*étre retiré' justement alors d'entre les mains de son gèuver^ nenr, comme on fait ordinairement, pour aller paraître den%» le grand monde sous ' sa propre conduite, non sanSr un danger manifeste de perdre tout aussitôt , comme tant d'aiïtres jeûnes gens qu'on voit tous les jours s'abandonner aux' débauches les plus extravagantes, dès que, délivrés du joug d'une sévère discipline^ ils deviennent maîtres de leurs actions: désordre qiii, à mon avis, doit être particulièreitient imputé à ce qu'on à négligé ce grand point; car des jeunes ^ns qui ont été élevés ^ dans une parfaite ignorance dé ce que le monde est véritablement, trouvant enfin qu*il est fort différent de l'idée qu'on leur en avait donnée, et*p^ conséquent tout autre qu'ils ne se l'ë^ent figuré ,
BBS ENFAIÎTS. igS
se laissent aiséineiiit; persuader, par des gouverneurs d'une autre espèce qui ne manquent jamais de se trouver sur leur chemin , que la discipline sous laquelle ils ont été retenus , et les graves remontrances qu'on leur a faites n'étaient que de pures formalités dont on a chargé l'éducation des enfants pour les tenir en bride; mais que la liberté des hommes £adts consiste à s'abandonner sans réserve à la jouissance de toutes les choses qui leur ont été défendues auparavant. Sur cela l'on présente au jeune novice des exemples de cette belle conduite : on lui en étale de brillants en grand nombre ^ qui lui donnent dans }a vue. Dès-lors, brûlant d'envie de faire voir qu'il est homme tout aussibien que les plus fameux débauchés de son âge, il donne tête baissée dans tous les plus grands désordres où il voit que ces jeunes fous se précipitent. Ainsi, dans le dessein de se mettre en réputation, ou, pour ainsi dire, hors de page , il renonce à la modestie et à la sobriété dans lesquelles il .avait été élevé jusqu'alors , s'imaginant qu'il lui est glorieux de se signaler à son entrée dans le monde , par. une opposition directe à toutes les règles de vertu que son gouverneur lui a tant recommandées.
L'un des meilleurs moyens de prévenir ces malheurs, c'est, à mon avis, de lui faire voir le I i3
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monde, tel qu'il est éffectrrenteot, avant quHl j entre. Il faudrait lt}i découvrir par degrés les vices qui sont en tôgue, et l'avertir des desseins dé certaines gens qui ne s'appliqueront à gagner sa confiance que pour le perdre. Il devrait être instruit des artifices que ces sortes de personnes mettent en usage ^ et des pièges qu'ils ont accoutumé de tendre. Il faudrait aussi {M'en-* dre soin de lui mettre de letnps en temps de* vant les yeux des exemples tragiques ou facétieux de ceux qui font métier de perdre ainsi quiconque tombe entre leurs mains, ou de ceux qu'ils ont ruinés par ces lâches piati* ques. ]!fotre siècle fournira toujours assez de tels exemples^ qu'on doit lui £ûre remarquer comme autant d'éctieils, afin que les iiiforlù* nés, les maladies, la mendidté et l'infaimie ou tant déjeunes gens tombent par ce moyen , après avoir donné de belles espéfatices , .hii mspirent deia précaution, et lui fassent voir comment ces mêmes personnes , qui , sous de beaux seîn* blants d'amitié, ont causé km: ruine, sont les premières à les abandonner et à les mépriser dans leur misère^ Il pouffa voir par4à^ avant qu'une triste expérience l'en ait instntîty que tous ceux qui lui veulent persuader de ne pas suivre ces sages avis qu'il à reçus de son gouverneur , ou les conseils de sa propre raison
( ce qu'ils appellent se làiiser gouTemer comâke un en&nt), n'en aàmi ainsi qoë pour potivoit le goHTerner eusi-iHémel^, et Iiii faire ëcci^dire qu'en homme ùàk il coimnenoe à marehér de hii-ménie sous sa prûpre conduite et à sa fan^ taisie^ dans le temps qu'ils ne songent qu'à l'engager oomÉoe nn enfant dans- tous les TÎces qui peuTCâit le pic» senrir à leurs desërâisr; 11 fau^ diait que son gouverneur ne laièsèf éehappef aucune oceàsioii de lui metti'e cela dans l'esprit^ et qu'il employât tdtite! sorte de moyen^ podr le lui faire conip^eùdrê et peur l'en confvaincre parfaitement.
Je sais ce qu'on â acoouiumé de dire là-«dessus, que dé découvrir les vices du sièfcle à un jeuiie homme, c'est Its lui apprendre: cela est vhd en ^ândé paartié, j& l'avoue, selon qu'on se preind à leur feire cette découverte. Aussi est^ ce une iSàiÉè <](ui demande un goavapiieur pru* dent et habile quicorinaissê le monde, qui puisse juger du iempArafatént ^ de Fmclination de soii élève , ef aperéevoir son ÊiiMe ei sa pansiâon dominante. Il fent cdfiAdéT^t at&si qu'il n'est fiai possible maintenane ( eomtne H l'^étaii peutétrei autrefois) de pràsc^ver un jeiffîe honmie du vice, en lui eu d^robailt la connaissance, à moins que vous ne venillie:^ le UHAr toute sa vie en mtie dans un cisJ^inet^ sans jamais le laisser
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aller en compagnie. Plus long -temps Vous lui tiendrez ainsi les yeux bandés, moins il sera ca« pable de voir lorsqu'il entrera dans le monde , où il sera par conséquent d'autant plus exposé à être la dupe d'autrui et de soi - même ; car lorsqu'un jeune homme, encore enfant avec de la barbe au menton, vient à paraître dans le grand monde, il ne manque jamais d'être en butte, malgré toute sa gravité, aux plaisanteries et aux malignes observations des jeunes gens de la ville, parmi lesquels il se trouve des oiseaux de proie qui se mettent d'abord en campagne pour le plumer.
Le seul moyen de se défendre du monde, ^ c'est de le connaître parfaitement Mais un jeune homme devrait être initié dans ces mystères par degrés à mesure qu'il en est capable, et le plutôt eàt le mieux , pourvu qu'il soit entre les mains d'un bon guide. Il faudrait lui ouvrir la scène peu-à-peu , rintix)duiré dans le ' monde insensiblement, et lui montrer en même-temps les dangers qu'il a à craindre des différents ordres, tempéraments, desseins et coteries des hommes. U faudrait le préparer d'avance à se voir insulté par quelques-uns , et caressé par d'autres , et lui apprendre quelles sortes de gens seront portés ou à lui faire tête^ ou à le ruiner par des voies secrètes , et de quelles pei^onnes il doit atten*
dre de bons offices. Il Bsuiclrait J'instraire à connaître toua ces dififérents caractères et à les bien distinguer les uns des autres, et, kd fanre comprendre en quelles rencontres ^îl doit donner à entendre. aux personnes qui < lui tendent des jHèges, qu'il les connaît, qu'il piètre leurs desseins et leurs aitifices, et quand» il- doit faire semblant d'ignorer ce qu'ils sont et ce qu'ils machinent contre lui; que si, par t2*op de con«^ fianM^ en ses forces et en son adresse , il se ha« sarde outre mesure, il serait bon que de temps en temps ou le laissât ; tomber dans quelque infortune qui n'intéressât* point son innocence, sa sai^é ou .sa réputatioai, car ce serait le vrai moyen de le rendre plus sage et plus drconspectL l'avoue que, comniei c'e^ à connaître les hommes tffd consiste la plus grande partie de notre sagesse , cette connaissance ne saurait être l'eHet de quelques pensées superficielles, ou d'une grande lecture, mais plutôt le fruit de; Texpérience et des observations réitérées d^un. homme .qui a vécu dans le monde les yeux ou.*, verts, et qui est rompu au con^merce de toutes: sortes de personnes : c'est pourquoi je crois qu'il est de la dernière importance de donner ces vues à un jeune homme dans l'occasion , afin? que, Iwsqu'il commencera d'entrer dans l&
^ta^tmiÊÊiÊÊ^Ê^^mÊmi,Ê^
igS DB I* SPCCATIQJf
noiide^ quH s^emliaeqùera sur fe vaste océan, il ne se «roiire pas d^. L'éUk d'iw fOote qui secak en pfeine mer sans bouasole i|i carte manae, mob iquil ait déjà quelque cadnaîss^Doe dû» éeuisils 4ùi'peunraienÈ se rencontrée sur sa voûté y et qu'il: sapine pav avance n^anîer le goa** "wmtÈaûiydû peiB? que sans eda 41 ne fasse aial^* heureusement naufeag^ , ayant qqç d'a¥eir été iastfust par l'expérience, Un père, qui ne epofft pas que ce soit là oe qui impoite leplss IPsoa fil^, m qu'il ^it plus nécèesaJne de lui doiiBer un hab^e gouyeEDeiw pou» œ sujet, qae poop ]^ . appncndFe les langues et les sciences, ne prend! pas garde qu'il est he^uconp plus utile de bien juger d^s lii||nme8,.et de ménager pnH deinmenl; les affsiites qu'on w à d^mélcp a^fec eux, que depadev gfec et latin, ^riH d^aigu-» monter en forme, ou d'avoir la tête pleine de s|léc^lalioQs abstruses de pbyftîqjae Cju de métaphysique, ou méo^e^que de s'être familiaiisé lés meilleurs écrivains grecs et latins; quoiqu'il soit pfais^ utile à un gentilhomme de bien en* tendre oœ autemrs que d'être bon pénpatétioien ou bon cartésien , paree que ces anciens auteurs se sont altaphés à connaUre l'homme , et qu'ils en ont fait des peinture très-fidèles. Si vous voyagez dans ks parties orientales dç
DES XNFAITTS* igg
TAsie, vous y trouverez des gens haMes et de bon conifxitfree sams aucune de ces connais-* sances (i). Mais qui n'a ni vertu» ni connais* sance du paonde, ni politesse, ne seta jamais, où qu'il vive, un homme aceompli ni digne d'estime. ^
Telle est la nature d'une grande pavtîe du savoir €pn est aujourd'hui à la mode dans nos écoles d'Europe et qui y fiit pour l'ordinaire tm point essentiel de l'éducation, qu'un |[ealilbomme peut fort bien s'en passer sans que sa personne ou ses a£Eaire$ en soufirent beau* coup. Il n'en est pas de même de la civilité et de la prudence , ce spnt des qualités nécessaires dans tons les états et dans toutes les occurren^ ces de la vie ; et la plupart des j«uies gens sou£firent pour en être privés. Cependant si en entrant dans le mondé ils sont en efiCet plus no* vices et plus grossiers qu'il ne Êiudrait, c'est parce que ces qi^iUtés d<mt un jeune hpnmie a le plus besoin , et qu'un gouverneur devrak
(i) «Si noMve ame Éfea ta pis n^ meUlnv brtiiale, dit «Montaigne parlant de ectu édseation qai neneos vend « ni aeiUeiirs ai plu« pn^denlA , si nous n'en aTons le juge- « ment pins sain , j'aimerais aossi cher qae mon esoolièr eust «passé le temps à jouer à la panme; du moins, le corps en « serait plus allègre. » Essais ^ liv. I , chap. XVIII.
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sur-tout tâcher de lui procurer par ses soins (i)^ ne sont généralement regardées que comme un article si peu considérable dans Féducatioa des enfants, qu'on s'imagine qu'un précepteur peut fort bien ne pas s'en mettre beaucoup en peine , ou même le négliger absolument. C'est le latin et la science , qu'on considère sur-tout dans cette affaire; d'où il arrive que l'on £sât dépenidre le point essentiel de l'éducation d'un gentilhomme da progrès qu'il fait dans des choses dont une grande partie n'intéresse en rien sa profession, qui consiste à s^ntendre aux affaires du monde, a avoir des manières conformes, et à se distinguer dans son poste, «n servant dignement sa patrie : voilà à quoî il faudrait le former dès sa jeunesse. Que si^ devenu maître de sa conduite , il a envie de s'appliquer à quelque étude particulière, ou pour mettre
(i) C'est de quoi se plaignait Montaigne. « À la mode de «t quoi nous sommes instruits, dit-il, il n'est pas merveille^ « si ni les escoliers ni les maîtres n'en deyiennent pas plus «habiles, quoiqu'ils s'y fassent plus doctes. De vrai le soin « et la dispense de nos pères ne yise qu'à nous meubler la « teste de science : du jugement et de la vertu peu de nou- « velles.— Nous nous enquerons volontiers, sait-îl du grec ou « du latin ? £scrit-il en vers ou«en prose ? Mais s'il est devenu « meilleur ou plus advisé , c'estoit le principal , et c'est ce qui • demeure derrière. » Essais ^ liv. I, cbap. XXIV, p. i4a de l'édition de Hrmin Didot*
DES ENFAITTS, aOI
à profit ses heures de loisir, ou pour se per^ fectionner dans quelques-unes des sciences dont son précepteur ne lui avait donné 'qu'une lé-* gère teinture, les premiers ! principes qu'il en a appris auparavaiit sufiBront pour le porter aussi loin qu'il* voudra , ou que ses talents naturels lui permettront d'aller; et si. pour é|¥irgner son temps et sa peine, il trouvç à propos d'avoir Un maître (^i.iui aplanisse les difficultés, il n'a cju'à> faire choix d'un hiconine qui entende la matière à fond , ou prendre celui qu'il jugera le plhs {M*o{Mre àiSi6n desseixi. Mais à l'égard de cette première /teinture des scd^ices qu'un jeune homme doit prendre d^ns le cours ordinaire de ses études, il n'a besoin pour .cela que d'un gouv3emeilr médiocrement habile ; et dans lé fcHid , il n'est pas nécessaire qu'un jeune gentilhomme; ait une érudition consomolée^.ni qu'il possède toutes les sciences en perfection^ quo4c[tt'il' doive pn a^voir utie idée générale prise dans quelque système abrégé. S'il veut pénétrer plus avant, il doit, le faire dans la suite, de lui-même et avec une application toute particulière; car personne. n'a jamais fait de.grands progrès, ni ne s'est rendu éminent dans aucune science , tandis qu'il a été sous la discipline d'un maître.
La grande affaire d'un gouvemeui* , c'est de
WÈÊÊÊI^^^ÈLim
Ij^M.
doaoer à son élève des manières p<dies , de former Tesprit, de loi frire prendre. de bannes habitudes /de l«i in^irer des prioetpes solides â0 vertu et de sagesse, de lui apprendre insensiblenient à oonnûtre les boipmes, et de rengager à aimer et à imiter ce qui est exoelr lent et digne d'estime, mais avec ee degré de vigueur, d'activité et d'fipplicatien dont il a besoin pour ^n venir ^ureusement à beat; que sfil ratladie à quelques éludes partÎQulièreSy œ n'est que pofir m^ktn en œuvre Iés- beuités de scm esprit et lui frire cpnployeif soi| temps, pour le détonmer de Toisivelé, pour le tendre capsd^le d'application , pour raocoutmner an tr^^* vail, et li|l dcmner quelque goàt poinrles dioses qu'il doit ensuit» apprendre plus l^xactemfi^t de li^i-mème^ ear il ne faut'pâs attendre qw sous la direction d^ précepteur, on' leune homme devienne januds savant critique , k^Jàie orateur ou psurfrit logicien ^ qu'il apprenne à fond la métaphysique, la physique, les ifsaihématîques, la dhronologie ou l'histoire. On doit pourtant lui enseigner quelque chose de ciiacune de ces sciences , mais seiilement afin qu'il eom^ menée, si j^ose ain« dire, à frire coDhais^ani:^ avec elles sans en vemr k une frmiliarité fort étroite , jusque-là qu'un gouverneur serait blâmable d'attadier trop long-temps l'esprit de son
DES* BirVAITTS. fo3
disciple à la p^iq^art i|e ces sciences, et de l'y eiigagey tiiop avant. U n'en est pas de méipe de I4 peËtei^e, de Ia:eDnBaissaiio^ du^raonde, de la veittt, de Tapplioation-aa. tFayail et^de IV môiip.de la Téputaden; ee sont des efaoses dont BB jeHne homme ne pâmait être surchargé : et s'il' pûssàde une fins oe prédedi: trésor, il ne seia pas. lœig^empa .privé de fontes les ooii^ naisaancf s qui lui sont néœasJBdves , ou qu'il a0uliak)Bra d'airois. '
Poisqu'on ne peint dspévOT quHl ;ait' le temps et la fqrce d'apprendœ toutes choses ^ il est TÎsihle qu'il -fradrail ^^{iIpliqQer sup-tttout à luiensetgnev celles dont il a le plus b^oîn , ei ipû' lui detwat é^re d'un plus g^and ^t d'un plus' fréquentusagedansle iponde. Sénèque seplaint* que de waa temps on ' jM^atiquait tout le oca^ traiveL Cependant op ne connaissait pqint alors tout ee ^tras de livns^ ^chaiasiiques (i) , dont
« blers n« fourmillaient point alors oomme à-présent. » Si je ne me trompe, ces deux auteurs qui ont composé des traités de l^pque et de métaphysique à la manière des sefaoktstiques, M «mt fftf (çin cgunvi pgp^6pt^9^t« et l'on ne lit guère ^V^ It^r^ mTiltf^. t Ifonnis yjBuj-^e d^ 1^^ 4eW WT^sitës d'Angleterre. Je crois même que M. Locke ne les nomme ici que parce que , dans sa jeunesse , ils étaient fort en vogue dans ces deux fameuses uniTerakés.
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ao4 i>B l'Aditcation
DOS ëc(4es founnHIent à présent ; et qu'aurait* il pensé, s'il eût vécu dans ce siècle cmi ceux qui se août chargés de l'éducation des jeunes gens, croieht ne pouvoir . rien faire de .mieux que de leur mettre . ces sortes d'ouvrages entre les mains, ^ et de* leur remplir la tête de toutes les vaines distinctions dont ils sont farcis? Il aurait eu bien plus de 6ujet de s'écrier comme il fs|it : no^ vUœ, sed scholtB disàimus {i^y nous n'apprenons pas à vivre , mais «à. disputer», et l'éducation qu'on nous donne nous rend. bien plus propres pour .l'universit-é que .pour le monde. Mais il ne .faut- pas s'étaimer qu'à cet égard ceux qui disposent; de l'éducation »des enfsuxts, se règlefnt plutôt jsur ce qu'ils: peuvent enseigner., q»e sur ce »quei les ën^nts ont be-soin d'apprendre; et^b mode une feis établie, ce n'est pas .merveille non plus qu'en ce point aussi-bien qu'en tout autre, elle l'emporte sur la raison; et que la plus grande partie de ceux qui^trouvent leur compte à la suivre sans prendre la peine de l'examiner, soient prêts à traiter di hérétique quiconque ose là rejeter. Mais l'on ne peut voir sans surprise que dan$ cette affaire des gens de qualité et d'esprit se laissent aussi abuser par la coutume et par une espèce de foi
(i) Ce sont les derniers mots de l'épltre CVI.
BES EKFANTS. SoS
implicite : car s'ils voulaient consulter la raison , elle leur montrerait sans doute que leurs enfants devraient employer leur temps à apprendre ce qui pourra leur être utile lorsqu'ils seront hommes, plutôt que de se remplir la tête de choses firivoles, auxquelles, pour l'ordinaire, ils ne pensent plus durant tout le reste de leur vie, et dont. certainement ils n'ont jamais besoin ; de sorte que tout ce qu'ils en retiennent ne sert qu'à les rendre pires : c'est une chose si connue, que je m'assure que les parents euxmêmes qui ont fait enseigner ces fadaises à leurs enfants à beaux deniers comptants, conviendront que leurs enfants ne sauraient faire connaître, en entrant dans le monde, qu'ils ont quelque teinture de ' cette vaine science , sans se rendre ridicules , et qu'ils exposent infailliblement leur réputation dans toutes les compagnies où il leur échappe d'en faire quelque usage. Admirable acquisition, dont les enfents, devenus hommes , sont obligés de rougir dans les lieux où ils ont le plus d!intérêt de montrer leur esprit , et de' faire voir qu'ils ont été bien élevés! ne mérite-t-elle pas, après cela, de faire partie de leur éducation ?
n y a encore une autre raison pour laquelle vous devez sur-tout avoir soin qiie' la personne à laquelle vous confiez l'éducation de votre enfant , ait de la politesse et connaisse le monde ,
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