‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 71 sur 144 · XCVIII · texte numérisé non relu

XCVIII

x GUE revenir maintenant à la manière dont il £Eiut conduire les enfants, quoique j'aie dit qu'un père doit se &ire craindre de ses enfants, et les tenir, tandis qu'ils sont jeunes, dans un cer« tain respect qui soit comme le principal fonde<^ ment de l'éducation qu'on leur doit donner, je suis pourtant fort éloigné de croire qu'il faille continuer de les traiter de cette manière pen-** dant tout le temps qu'ils sont sous la discipline et sous la conduite d'autrui. Au contraire^ je suis d'avis qu'on doit se relâcher de cette sévérité autant que leur âge, leur discrétion et leur bonne conduite le pourront permettre, jusr que-là qu'un père fera très-bien lorsque son enfant devient grand, et qu'il est capable d'entendre raison, de s'entretenir familièrement avec lui , et même de lui demander son avis sur les

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choses dont Terifant a quelque contiaissance , ou qui sont à sa portée. De là un père retirera ces deux avantages également importants : l'un est que, par ce moyen , il disposera plus aisément son enfant à faire des réflexions sérieuses sur les choses qui se présenteront à son esprit , que par tout cîe qu'il pourrait lui dire pour l'y engager. Plutôt vous traiterez votre enfant en homme, plutôt commencet^a-t'^il à le devenir. Si donc vous liez quelquefois avec lui de^ conversations sérieuses , vous élèverez insensiblement son esprit au-dessus des amusements ordinaires à là jeunesse^ et des occupations badines où l'ôii se dissipe communément à cet âge. En effet, on voit tous les jours des jeunes gens qui continuent à penser et à raisonner en écoliers plus longtemps qu'ils ne- feraient naturellement*, parce que leurs parents les traitent en toutes rencontres sur ce pied-là, les tenant dans une sujétion continuelle sans se familiariser jamais avec

eux.

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