‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 72 sur 144 · XCIX · texte numérisé non relu

XCIX

Un autre avantage très-considérable que vous retirez de la manière douice et familière dont vous traiterez votre enfant, c'est (i) que vous

(i) « C'est folie et injustice de priver les enfants qui sont ^ « en âge , de la familiarité des pères , et vouloir maintenir

I» j^ ^ ^-i^ÊÊlÊÊÊm

ÉÊÊÊ

aïo DE l'épuçation

gagBçz pfir-là spp açûtié, H y^ a pli^ura père$ qui, qupiqi^'U^ fbwnUsejEit libremei^t à toutes le* 4épepsie$ qw çp|iYÎ|^Q0Qt à km*^ défaut» ^Icw leur âge et leur cOn^tion, leur caçheu.^ ]^vi^ tant Tétat de Içura af&ilres et de Ieur3 bîeiis avec autant de r^sei?ve qu^ s^'il $'agia$ait d'un secret d'étf^t qu'ils VQlilua^At déroba k la connais* sapce d'un espion ou d'un ennemie Si. ce nest pas par jalousie qu^'Us en usent de la sorte , du ipoins on peut dire qu'il ne paraît dans ce pror c44é auqunQ n^rque de eeUe teadreaae et de çetje oiiY^rtijre de eoettr qu'un père devrait t& moîgncir k spn enfent:, ^ que aansi doute une tellç conduite étouffé ou rabat souTent la. joîe et. la satîsf^ctijQn avec laquelle un enfant devrait s'adres^et à s^qoi père, et. se reposer sinr lui. Pour ipqi, jç suis souvent surpris de voir des pères qui, quoiqu'ils snm^^t beaucoup leurs fik, ne se spnt. jamai;» montrés^ à eux qu'avec un aw

«en leur endroit une mor^e ^u&tère et dédaxgnense, es- «pérant par-là les tenir en crainte et obéissance; car c'est « «ne faroQ très-iflatiie, el cfoi rend les pères* ennuyenz aux «enCapU et 9 qui pis e3t 9 ridicnlea. » C«e$. paroles, sont tirets d'un cliapitre de Montaigne 9 intitulé : De Vaffection des pères aux enfants; où presque tout ce que M. Locke dit ici e»t détaiUé d'une manière fort agréable , avec d'autres réflexi^i^ .(|4i ne sont ni moins curieuses, ni moins importai) tcs« Essais, liv. II » cbap. VUL

DES ENFAiris. ail

d'autorité et une mine- aufitère, qui les ont tenus dans une* frajeur respecliieuse pendant toute leur vie, comnie si ces. pères n'eussent du re-^ cevoîr aucune douceur ou aucun contentement de la part de ce qu'ils sàimùent le plus dans le inonde (i) qu'après qu'il leur aurait été enlevé par la mort. Entre amis rien ne cimente et ne

(i) L'exemple du maréchal rie Montluc , dont Montaigne s*efit serti pour prower ^e k» pères derraieBt se communiquer à Uwé enfants , lorsqu'ils sont parvenus à Tâge de t'aison , yient ici fort à propos, n. Ce seigneur , ayant perdu «son 41s, qui mourut en Tisle de Madères, brave gentil- « homme , à la vérité , 'et de grande espérance , me faisoit <t valoir» dit Montaigite , entre ses autres regrets, le dépJaisir a et crève-cœur qu'il sentoit de ne s'être jamais communiqué « à lui, et d'avoir perdu par cetie humeur d'une gravité et « grimace paternelle, la commodité de goûter et de bien

* connoltre son fils , et aussi de lui déclarer l'extrême amitié n qnll luiportoit, et le digne jugement qu'il faÎAoit de sa A vertu^ et ce pauvre garçon, disoit-il, n'a rien vu de moi « qu'une contenance refrognée et pleine de mépris, et a em- « porté cette croyance que je n'ai su ni l'aimer ni l'estimer a selon son mérite. A ^i gard<»i»7e à découvrir cette sin-^ M gulière affection que je lui portois dans mon ame ? Sf'étoit-

ce pas lui qui en devoil avoir tout le plaisir et toute l'obli- « gatlon ? Je me suis contraint et gêné pour maintenir ce < vain masque, et y ai perdu le j^aisir de sa conversation, « et sa volonté quant et quant, qu'il se me peut avoir portée f( autre que bien froide , n'ayant jamais reçu de moi que « rudesse, ni senti qu'une façon tyrannique. Je trouve , ajoute

♦ Montaigne, que cette plainte était bien prise et raisonr nable. » Bssaà , lit. II , chap. VIII.

aia DE l'iDUCATIOH

confirme tant ramitië et la bonne intelligence , que de se £adre une mutuelle confidence de ses afiEaûres et de ses intérêts. Toute amitié qui est destituée de cet appui entraine toujours après soi quelque méfiance. Si votre en&nt voit que vous lui découvriez vos pensées, et que vous l'intéressiez dans vos afiaires comme dans des choses que vous voulez lui remettre unjour entre les mains, il y prendra part comme à ses pro* près affaires, il attendra patiemment que son temps vienne d'en avoir TaditiinistraticMi , et il sera cependant pénétré d'amour pour vous, parce que vous ne le traitez pas en étranger. Il pourra aussi voir par-là que le maniement que vous avez de vos biens vous engage à beaucoup de fatigues ; et plus il s'apercevra de cela , moins il vous enviera la possession de ces biens, et plus il s'estimera heureux d'être sous la conduite d'un si bon ami et d'un père si soigneux. H est rare de voir un jeune homme qui ait l'esprit si petit, et qui soit si fort destitué de sens commun, qu'il tie s'eistime heureux d'avoir un ami véritable et sincère auquel il puisse avoir recours, et qu'il puisse consulter librement dans les occasions. Les manières réservées et hautaines que les pères prennient avec leurs enfants, leur ôtent souvent cette ressource qui leur serait plus utile que les plus aigres réprimandes. Si votre filfc

DES ENFAîîTS. ai3

voulait s'engager dans quelque ehtreprise frivole ou extravagante , ne vaudrait-il pas mieux que vous eu eussiez connaissance, que s'il le faisait à votre insu? Car enfin puisqu'il faut donner à un jeune homme quelque liberté sm* ces sortes de choses^ plus yôus entrerez dans 1^ coqnaissance de ses intrigues et de ^e^ desseins , plus vou^ serez capable de prévetûr d^ grands malheurs; et,. en ;hji faisant voir ce. qui doit suivre vraiaemblableBsenl:^ vous serez d'autâmt mieux en état . die l'engag» à éviter de moipdifes iur convénien^. Voulez - vous que votre enfant vous ouvre sou coeur ,et se fasse une habitude de vous cQUSuiier ? scytîz le pcemiep à vous ouvw à lui, afin de gagnuer par-là sa, cqnfiance.

Maisi siir quoi que «votre enfant voiis consulte , k moins qu'il ne s'agisse d*une chose qui conduise à quelque accident funeste^, et auquel on ne saurait apporter aucua remède, souvenezvous de ne lui donner votre avi» qu'en qualité d'anû pius expérimenté que liû, et ne joignez à vos conseils aucune marque de commandement ou d'autoiité: usez--eiï dans cette ocoasic» tout comme si vous avi^z à faire avec un égal ou un étranger. Cela l'engagera à ,vous faire toujours quelque nouvelle question , et à profiter des avis

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«MHik^^MtaHMHitffliM

214 i>E l'éducation

que VoaS'Ioi donnerez. You^ devez conûdérer pour cet effet qu'il est jeune ^ et qu'il a les mêmes désirs et les mêmes possiovis que vous avez eus à son âge. Vous ne devez pas attendre que ses inclinations soient aussi raisonxiablés que les vàtres, e^ qu'il ak à vingt ans les mêmes pensées que vous avez à cinquante. Tout ce que vous {louvez souhaiter, c'est que, puisque là jeunesse doit atoir quelque liberté , il conserve au milieu de ses transports l'ingénuité' id'un en- &nt bien né , qui^ se regarde toujours comme sous les ymxx de son père; auquel cas cette liberté ne saurait produire de grands inccmvé- Tiients. Pour &iM entrer votre eiàÊint dans cette disposîtioti> d'esprit ) îl &ui^, comme je l'ai déjà dit, lui faire part de vos affaires autant que vous le jugerez capable de cette confidence, lui proposer familièrement les- choses, et lui d^nandèr sôtt avis. S'il rencontre bien, suivez son sentmièiit comme venant d& lui*; cit si la chose réussit, dondez^lui en toute la gloire. Bien loin que -cela aille à diminua le moins du monde vott^ autorité; vous obligerez par-ià votre etrfiuit à avoir pour VOUS un plus gmnd- amour et une eàtime plm particulière. Pendant que vous^ gardez votre bien, le pouvoir ré^etiÀ toujours entre vos mains V et Fautoriié que vous aurez èur votre enfant sera d'autant mieux fondée, qu'elle sera

DES ÏWFAlfXS. ai5

fortifiée par la confiance et par l'amour qde tous )ai tëmoîgmre^ : 4;ar vous ne poùves pas dire propreilDéAt que voua avez ^sur lui la puÎ6sance que voua derea avoir^ jtisqu'à ce qu'il en soit venu à ce point d'étrs plus touché jcl0 la crainte d'iifSenser ^en vous un bon ami ^ que de perdre quelque pbirtie de l'iiéritage . que >vou6 lui devez laisser.

5 et

Si' tm père peut avec bienaéance s'entretenii* familièrement avec son fils^ à plus forte 'raiioU un préoèpteur doit^il avoir la mémk candésoen» danoe ^obr son disciple. Au lieli d'eiaiploy^htout le temps qu'ils âbnt ensemble à Ibi faire des le* ^çons^ et à lui diotet* d'im ton de naître ce qu'il prétend lui faire observer, il faut(0 qu'il ré-

{i) Montaigne est aditiirable sur cet article. Le passage est un peu long, inais personne ne le trouvera trop lon^^ si je ne mè trompe. « On ne cesse, dit-il , de criailler à nos « oreilles commç qui verseroit dan^ un entonnoir ; et nostte « charge ce n'est que redire ce qu*oxi nouÀ a dit. Je dësirerois « que le couaùcteur corrigeât cette partie, et que de belle « arrivée , selon la portée de l'amè qu'il a en ^lain , il corfu- « mençàt à la mettre sur la montre , lui faire goûter les choses , « les choisir et discerner de luî-méine; quelquefois lui oû- « vrant le chemin ; quelquefois le ïuî laissant oUvrlr. Je ne « veux pas qu'il invente et parle seul ; Je veux qu'il escoutc « son disciple parler à son tour. Socràies, et définis Ar^esi-

JMi

ÀlGt DE l'éducatioït

coûte à son tour^ et qu'il Faccoutume à raison*' ner sur les cho$es qu'il lui propose. Ses règles seront par ce moyen reçues plus agréablement , .. et feront de plus fortes impressions ; et le disciple, venant dès ^ lors à aimer rkistruction et à prendre du goût pour Tâude, commencera à faire cas ; du savoir, considérant que c'est ce qui le rend propre à discourir , et qui lui pro^ cure le plaisir de tenir. sa partie en conversation, et de se sentir si fort considéré qu'on écoute et qu'on approuve quelquefois ses raisons. Il faudrait sur^tout lui proposer des cas sur la morale, sur le moyen de conduire prudemment sesbi&ires dans le monde et sur la civilité, et lui en demander son avis. Par-là on ouvre bien mieux » l'esprit d'un jeune homme, qu'en lui

« laiis , faisoient premièrement parler leurs disciples , et puis a ils parloient à eux. Obest plçrumque lis qui dùcere voiuni, « auctoriias eorum qui ^àcent* , II est bon qu'il le. fasse trptter « devant lui, pour* juger de son train, et jasqûes à quel « point il se doit rayaller, pour s'accommoder à sa fojrce. A « faute dp cette proportion nous gastons tout ; et de la'savoir «choisir, et s'y conduire bien mesurément, c'est une des « plus ardues besognes [que je sache , et est l'enet d'une « haute ame et bien forte de savoir condescendre à ces allures « puériles, et les guider. Je mafc'he plus ferme et plus seuv «à moi^t qu'à val, » Essais f liv. I, chap. XXV, tome I, p. 291 , édit. de 1739.

* Cic. de Nat, Deor. ]ib. I.

étalant des maximes expliquées avec toute la netteté possible, et rien n'est plus propre à lui rappeler dans la pratique le souvenir, des règles qu'on lui aura données. Cette méthode fait entrer, dans l'esprit lés choses mêmes qui s'y fixent avec toute leur évidence naturelle ; au lieu que les mots, n'étant tout au plus que des. images des choses, si faibles et si imparfaites qu'ils n'en sont pas même les véritables ombres , échappent beaucoup plutôt de la mémoire. Ainsi, qu'on propose (i) à un jeune homme des cas particuliers sur la justice et la bienséance , qu'on

(1) Montaigne remarque que , selon la manière d*inst|:iiire lesenifants établie parn^iles Lacédémoniens , les maîtres engageaient les enfants à jnger dés hoinmes et de leurs actions , et à reodte raison de leur jugement. « Par ce moyen , dit-il , « ils aiguisoient ensemble leur entendement , et apprenoient « le droit. » £t immédiatement après il ajoute : « Astyages, «en Xénophon, demande à Cyrus compte de sa dernière a leçon: C'est, dit^il, qu'en nostre école un grand garçon « ayant un petit saye , le donna à l'un de ses compagnons de « plus petite taille, et lui 6ta soi^ saye qui étoit plus grand. «Notre précepteur m'ayant fait juge de ce différend; je «jugeai qu'il falloit laisser lea choses en cet état, et que l'un « et l'autre sembloit être mieux accominpdé en ce point ; sur « quoi il me remontra que j'avois mal fait, car je m'étois ar- « rété à considérer la bienséAnce , et il falloit premièrement « aToir pourvu a la justice, qui youloit que nu} ne fût forcé «en ce qui lui appartenoitj^ et dit qu'il ne fut fouetté , tout «ainsi que nous sommes en nos villages, pour avoir oublié

r^ngiîHg^ à en discourir selon ses lumièt^eâ avec son gouv«meui*i il Mt l^artâin ^e par ces sortes d'entretiens : ii coiBpréndDa anteux les fonde-* ments et les règles dieces vertiks, et qii'il rece* TTSt des idées plus -vives ek plus durables de ce qu'il doit' faire ^ qu'en écmitant négligemment et avec un morne silence les leçons de son maître, et beaucoup mieux encore cj^ par des disputes captieuses de logique^ ou (par des déclamations d'apparat qu'ii • c6mpbsibrfait lui ^ œéide^ Cw et dernier expédient porte. l'esprit à chercher non la vérité , mats des pensées brillantes et dé feùsses couleurs, et l'autre enseigne à déguiser la vérité , à criailler et à soutenir ses sentiments avec obstination: deux ehoses q)cii/èôï*rôrtlfiëtit le jugement et n^Qus einpéicbentjd^ pispnnei; d'vine manière exacte et sincère , et qui par eonéé^ quent doivent être évitées âtVèc soin pàt* quiconque veut se perfectionner soi-même, et se rendre agréable aux iautres hommes.

r Lorsque vous «ures étaUi votre autorité de père, en fâiàânt cotinaître î^ votre enfant qirtl est

« le premier aoriste de tdmiù. Mbri i^gèàtmis (éttni nntbéiè « harangue in génère âehi6kstrtiUk> , âvabt qil*!! imf? pérma- « dAt qoe fton école Tant celfé-îà. » EftitkV/liV. ï, cli. XXIV.

DES EKFAKT6. îàKj

dans TOtra dépendance : lorsque par Texacte sévérité dont voas aurez usé à son égard, tant qu'il a persisté opiniâtrement dans quelque vice que TOUS lui aves etpressément défetidu, comme est surtout le mensonge, vous^ lui auree inspiré toute la crainte nécessaire; lorsque, d'un autre côté, en lui donnant toute la liberté qui convient à son âge , et en lui permettant de s'amuser devant vous à de petits jeux d'enfants, et de s'abandonner à ces transports de joie qui, dans sa première jeunesse , lui sont aussi nécessaires que le manger et le dormir, vous l'aurez accoutumé à se plaire dans votre compagnie , et que vous lui aurez fait connaître l'empressement et l'amour que vous avez pour lui, par la douceur et la tendresse que vous lui témoignez, et sur-tout par les amitiés que vous lui faites toutes les fois qu'il s'acquitte bien de son devoir, et par mille autres petites caresses convenables à son âge, et que la nature enseigne aux parents beaucoup mieux que je ne saurais faire : lors, dis-je, que par ses marques sensibles d'affection et de tendresse, dont les pères ne manquent jamais, vous aurez fait naître dans le cœur de votre enfant une affection réciproque pour vous, il est alors dans l'état que vous pouvez désirer , et vous aurez produit effectivement dans son cœur ce véritable respect qu'il faut tâcher

»— ^Mi^H^MMMAta^ .^ «■--#- ^^jaB'..L .*•--?;

îiiiJL DE l'Éducation

avoir pour vousV étaat gravé de bonne heure dans son ame, lui sera toujours sacré, et il n'aura pas moins de pein^ à en violer les lois , que si c'étaient autant de principes innés.

§ civ.

Après que vous aurez ainsi établi votre autorité , et que par Tusage modéré que vous en ferez , vous aurez inspiré h votl»e enfant de la honte pour tout ce qui tend à produire en lui de mauvaises habitudes (car je ne 9iii& miUenient d'avis que pour cela vous ayea recours aux censures^ et nMistâ encore aiix coups, avant qu'iioe opîsuatreté invincible vous oblige néce^ sairemeitt d'emplojrer ces Bioyen»); afirès avoir y dia^je y ameiké les choses a ce point ^ il est à propos d'exanûner^ coonme je viens de dire^ quel est )k naturel de votre enfant , et à quoi le porte la disposition pattkulijèf e de soa esprit. Il y a des binâmes qm par une suite nécessaire de leur constitution sont cooragetr^ *ott timides ^eflSraotés on niodestes^ doux ou întraôtables,. exacts ou négligents ^ vifs ou lents: en un mot, il n'y a pas plus de dastinctkm entre ka visages des hommes et la ferme extàrieore de leurs corps, qu'entre les qualités de leurs esfMTÎts. La seule différence qu'il y a entre ces deux chose&^ c'est que la di^netion des traits

du TÎsage de diaque homme, et de la disposi^ lioa particulière de leurs corps, devient toujours plu& Sjrasible avec l'âge , au lieu que Tétat particulier de Famé est sur^tout* ai&é à connaître dans le& ea&nis , avant qu ils aient appris, l'art de eacher leurs défauts , et de couvrir leuirs oaau* vaises inclinattonâ sous, de &us6es. apparences.

Scv.

// fiiut tâcher de connaître îa passion dominante des enfants*

Commeocez donc de bonne hpure à c^server avec soin le tempéi^roent de votre enfant, et cela dans le temps qu'il est le plus à lui-même. Examinez quelles sont ses passions et ses inclinations dominantes; s'il est violent ou modéré , hardi ou timide , tendre ou cruel , ouvert ou réservé, etc.; car, selon que ces différentes qualités prédomineront en lui , vous devez l'élever d'une manière différente, et prendre des mesures particulières pour faire agir diversement votre autorité auprès de lui. Ces sortes d'inclinations naturelles qui sont des productions du tempérament, ne doivent point être réprimées par des préceptes ou par une opposition directe, et sur-tout celles qui ont quelque chose de rampant et qui procèdent de timidité

224 I>E ^ ÉDTICATlOrr

çt de bassesse d'ame , quoique par adresse on puisse les dégager à* peu -près de ce qu'elles ont de vicieux , et les diriger à une bonne fin. Mais cependant tenez pour assuré qu'après avoir mis tout en usage pour rectifier ces premières passions, l'inclination se tournera toujours vers l'endroit où la nature l'a déterminée d'abord; de sorte que , si vous observez exactement le caractère de l'esprit de votre enfant dès les premières années de sa vie, vous pourrez juger tians la suite de quel côté il portera ses pensées, et quelles seront ses vues , lors même que , devenant grand , ses desseins seront plus cachés ^ et qu'il emploiera différents moyens pour les mettre en exécution.

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SECTION XIL

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