CXVI
Quant à la première espèce de pleurs dont j'ai déjà parlé, il faut employer la sévérité pour les arrêter; et si un regard ou un ordre exprès ne peut le faire, il en faut venir aux coups: car comme ces pleurs procèdent d'orgueil , d'opiniâtreté et de malice, il faut dompter la volonté où est la source du mal, et la faire plier par des moyens qui soient capables dé produire cet e£fet. Mais pour les pleurs de cette espèce , lesquels pour l'ordinaire viennent d'une cause tout- à- fait opposée, savoir d'une trop grande sensibilité , il faut recourir à des moyens plus doux pour les faire cesser. D'abord le meilleur serait peut-être de proposer aux enfants qui pleurent, des raisons pour les obliger à se taire , ou de détourner leurs pensées sur quel-^ que nouvel objet, ou bien de se moquer de leurs plaintes. Mais ici il faut avoir égard aux circonstances de la chose, et au tempérament particulier de l'enfant. On ne saurait donner sur cela des règles précises et invariables; c'est une chose qu'il faut laisser à la prudence des parents ou des gouverneurs ; mais je crois pou-
a54 ^^ L'iDUCATioif
voir dire ^n général qu'il faudrait blâmer constamment les «tifants qui pleurent par trop de sensibilité, et qu'un père par ses regards, par ses paroles et par son autorité , devrait toujours faire cesser actuellement leurs larmes, en mêlant à ses regards ou à ses paroles un plus grand degré de sévérité selon que l'enfant est plus âgé, ou d'une humeur plus rétive.
ÉfeM^diiiMi
DES EICFAITTS. a55