‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 78 sur 144 · CXVIII · texte numérisé non relu

CXVIII

Moyen d'inspirer du courage aux enfants.

IjSl force d'esprit est commre le soutien et le rempart de toutes les autres vertus; et sans le courage à peine peut-on demeurer ferme dans son devoir, et remplir le caractère d'un véritable honnête homme.

Le courage, qui fortifié l'homme contre les

périls qu'il appréhende et contre les maux quHI

sent actuellement, est d'un grand usage dans

l'état où nous vivons sur la terre, exposés de

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tous côtés à tant de différents assauts : c'est pourquoi il est fort nécessaire que les parents prenneiit soin d'armer leurs enfapts de ce bouclier aussitôt qu'ils peuvent. J'avoue que le tem* pérament . naturel est d'un grand secours dans cette, aff^e. Mais \of^ m^e qu'il vient à manquer,..pt que. le cqeur çst de lui^mépie faible et timide ,, on peut encpre . le rendre par art plus ferme ^t plus hardi. J'ai déjà reniarqué ce qu'il.ffiut faire. pour empêcher que le courage des enfants pc; 3oit amQlU et abattu par d^es idées e£&aya9t€^ if^ut on leyr. frappe lesprit lorsq9'iU sQi^t jepçjore . tout j^nes, ejt par Fhabîtude qu'on leuirJaJLS^ie pre^d^ç de s'abandonner aux plaintes ppui:.le m^ndre.mal qu'ils souffrent. Voyons maintenant de quelle manière nous pourrons endurcir leur tempérament, et leur élever le cœur lorsque nous le trouvons d'un naturel trop timide.

La véritable valeur consiste^ si je ne me trompe, à se posséder tranquillement soitméme , et à de* mesirer çonstaminetft attaché. ^ ^on devoir, de quelque m^l qu'^n soit pressé et à quelque danger qu'on soit exposé ; il y . a ^ peu d'hommes faits qui arrivent à ce point de perfection , que npus ne devons, pas l'attendre des enfants. Cependant il y a mpyen de gagner quelque chose sur eux à cet égard : et. qui s^'y prendra comme

■■fciiiii - ■ ' Il aaiM*

DES ENFANTS. aSg

il faut, pourra p;ir ^^s^ dfigi^és insensibles 4^$ mener plus loin qu'on ne saurait croire*.

C'est peut-être à cause q^i'on néglige si fort les enfants sur çe^ûnportani: artiç}e q^uan4.-ils sont jeunes, qu'^1 y a si peu d'hom|ne§ faits q|ui possèdent cette yertudan^ ^oute^goi) étçndi(e. Je ne deyrais pas dire ceci au jpiUeu d'une, nation si naturellement brave que . la .nôtre , si je croyais que. la^yéritgble valeur ne consistât qu'à montrer du coyrag^ dans un champ de bataille , et à mépriser la vie en ^pré^i^çe dçs ennemis. Ce n'en est pas , je^ ravojie ,, ijçe jdes moindres parties, et l'on nq pçut refusey à cette espèce de courage les louantes et ^es honQçjj^rs qui sont toujours dus à ceux qui ejpçsqnt lejur vie pour le service d^ lei|r p^ys. Mais^e, n'est pas toi^tji.les dangerjs ,nous . at$aqyeqit fdllç\]rs que dans y.n chan^p de bataillqj^et^.qupiimf la mort soit le plus ép6uyan|al:)je de tous les qbjjets, la douleur , le n^pris et^ ]^ pauy^el:^ pe laissent paç d'avoir .un^ affr/eux, et trè^-Qap^ble de déconcerter la plupart df s hon^qaes qui voient ces maux tout prêts à; fondre sur eux; et s'il se trouve d^s gefis qui . en méprisent qiielquesuns, ils sont pourtant époi^v^rités du resfe. Cependant la véritable valeyr est préparée, ^ toute sorte de périls. Je n'entends pas par-là qu'elle ne doiye être susceptible d'aucun degré de craintç;

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car où le danger paraît, il produit quelqiie appréheosion dans tout esprit qui n'est pas entièrement stupide. I^ous devrions reconnaître le danger par**tout où il est vétitablenient , et avoir un degré de crainte qui servît à nous tenir éveillés , à exciter notre attention y notre vigueur et notre industrie , mais sans nous empêcher de faire tranquillement usage de notre raison , et d'exécuter tout ce qu'elle nous suggère.

La première chose qu'il faut faire pour procu* rer aux enfants cette noble fermeté , c'est , comme il a été dit ci *- dessus, d'empêcher soigneusement que leur ame ne soit frappée , durant leur première jeunesse , d'aucune idée effrayante , ou par des discours capables de les épouvanter , ou par quelque objet teirible qu'on présente inopinément à leur vue pour les surprendre. Bien souvent on cause par-là un si grand désordre dans les esprits, qu'ils n'en reviennent jamais; de sorte qu'à la moindre suggestion ou apparence de quelque idée effrayante, les esprits se dbsipent encore , et retombent dans un pareil désordre; lé corps s'affaiblit, l'arae se trouble, et l'homme est à peine capable d'aucune action raisonnable. Quel qu'en soit le principe , soit un mouvement habituel des esprits animaux produit par là jpremière impression violente qu'ils ont reçue , soit quelque changement arrivé k la

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€on$titution de Fenfant d'une mamère encore plus inexplicable , le &it est certain ; car on voit tous les jours des exemples de personnes qui ,; durant tout le cours de leur vie, ont l'esplit faible et timide pour avoir été épouvantés dans leur jeunesse : il ne faut donc rien négliger pour prévenir cet ioconvéniept.

Ce qu'on doit faire après cela , c'est d'accou^ tumer insensiblement les enfants aux objets qui leur causent le plus de frayeur^ mais en prenant bien garde de ne pas aller trop vite , et de ne pas entreprendre cette cure trop tôt de peur d'augmenter le mai au lieu de le guérir. Il est aisé d'éloigné toute sorte d'objets^cffrayants de; la vue des en&nts qui sont encore à la mamelle v car jusqu'à ce qu'ils puissent parler et comprendre ce qu'on leur dit^ il serait inutile de leur proposer des raisons pour leur faii^ vcâr qu'il n'y a rien à waindre de la p^rt de ces. objets effr$iyants que nous voudricms leur rendre Ëuniliers en les appi^ocbant tous les jours (dus près d'eux par des degrés insensible}. Mais avec tout cela s'il arrive qu'un en&nt qui est encore à la nu^naelle ait été choqué de la vue de certaines choses qu'on ne peut pas dérober c^u-. modément à sa connaissance; et qu'il donne des signes de crainte t^utes^ les fois qu'elles. paraissenl; devant sçs yeux, il^fant en ce eas-*là

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eHiployer toiltë torte de moyens pour ciiminffer saiî^ayéui^,6Ué]ldéfoùniànl!ses péii^ëi aiRëill^ ; oÀ «b j&ig»a^€ i ces objets ties imagëis f^làisarités et iigréàbfes'à Vbii* jtfeqli'à ce qu'ils ' lui» iffeîént d^énus àl femiliers qu'ils ne lui fassent plus auctine peine.

Il est , ce me semble , assez 'facile d*apéft^é'voîr que' Ions les objets' visibles qui ne bîe^sent pbînt lès fêta. ; àôn't' W^t -H-'ftiit iirii^éi-^tg'à dés enÊLifté faouTdîéifaefil d£s^ et que 'tTàbord Us ne sô'nl pas p1u!a'éf>ou Vantée âè' là '{^l'^ence d*ah mort'bu d'un lion,' 4ue ^ë la viîe ^è leur nbxvfhce àa d\m èfaat.'V^û'éit-bé <Jonc''4Uildans là'^ûlWlèttr lÊift cfeihAte "déà chbSéi' d^uiii" <iertailJëfigUre'eé ^vatcé cerf^ne Wulè^t*? Kièâ'què raJSpréftensibh du hiàr'^e' cesctibses pêÙVëht leur'fiiîre. Je 'àeoilé pour 'Moi qîi'uh enrant qui téteiair tbds'ies fôûrs ttdè 'nouvelle ilotâribe, nè'"sèr&ifhon"plutf "épouvante 'dé ce coUfinud (Mtigârâettt de V^é i'éitc âiois ^u'àTâge de sôil^àdtë' éai: Aiiisrlà rài^db p6ur Ia(|ûdte il ne veut pais'Spphicber d'uii étranger, d'^ést'qb^àyittit été acÈoatuing à né'rëcèVoir de la à<^ftTiéàï« et des é»esSès que' d'une bu de ^délix pèrsoiines( c]^i''sorït oMnaifétoi^nt auprès' dé liîi, il àppi^éfietlde qu'élri Vétiant feutre les IS^s dNin étt'artgèr'îl Vie ïloif prîîré dé ce qui lui ^onïie du plaisir et le nôuilrit, efr qui pourvoit sans

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cesse à des besoins qu'il ressent fort souvent: c'est par la même ràisoh cjti'il a peur quand sa nourrice n^est pas avec lui. ^ ' ' '- ' ^'

La seule èhosè ^e*'iious âpprëhWttîôhs naturellement,' c'est tk dduîeûr où Ta *prtvation du plaisir; et parte qîié tes deux' choses ne sont attachées à' aucuâè^ figritè', codréliFou grandeur des objets -visibiéâ , )t9tô hé idiSibes épouvantés d'aucun de "ces 6bjètà /qii'a'iJfôs qu'ils nous ont causé Hé Ha d!AVAenf;*^t^\fdh nous a'per-' suadés qu'As JJbuir&tot hâtis faiS?e du mal. E'àgré. able luettr "de la flammé'' et du'^feu èharnie 'sî fort les éhfanWs,' qufe lorsqu'ils vëiéiit du fëù pour la fk^mi€*e'foî«;' ils oiit-toi^^ôu^^ envie flè Tem^ poigner.Mâîs âjircS^lïu'tlnë càVîstarité expérience les â convaincus par la"dbiflêur |)iq liante que le'îfti^ îfeùi^' a causée', "conilSén 'îF 'est cruel et iriiîiitbyàblé; ils c^aî^enf îfé le^ toucher, 'et TévftentaWc liii trêS-gratid soînlTdl étant lè fohdèf-^ ment de la crainte, il n'ësf pas maltaise de^ trouver d'où ettè'tiatt, et de quels moyeiis oii doit se' "servir piSiir la dissipei* lorsqu'elFe est "ptà^ dttité jiar dèfe objets dont on s'alWme à faùss'és erië^igties; éf <bi%que Tâihe est une fois agiïerrie contre ces ëb^étfe, et qu'elle à réimporté une Véritable tictoifè sur êlk-niêtae et sur ses frayeurs ordinaires dâKs dé J>èUtfes' ôcdasîdhs , elle est dès-là fort bien disposée à affronter des périls

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plus, réels. Votre enfant frérait et preml la fuite à la viie d'ui^e ^enouille : faites prendre une grenouille à une autre personne, et lui ordonnez de la mettre à une bonne distance de votre enfant. Accoutumez - le premièrement à jeter les yeux dessus, et quand il peut la regarder sans peine , à la souffrir plus près de lui et à la voir sauter sans émotion; après cela, £aiites-la lui toucher légèrement pendant qu'un autre la tient ferme entre ses mains, continuant ainsi par degrés, à lui rendre cet animal familier jusqu'à ce qu'il puisse le manier avec autant d'assurance qu'il manie un papillon ou un moineau. Par la même méthode , vous pourrez affranchir votre enfant de toute autre frayeur chûnérique, si vous prenez bien garde de n'aller pas trop vite, et que vous n'exigiez point de lui un nou*veau degré d'assurance, avant qu'il soit entièrement confirmé dans celui qui précède immédiatement: c'est ainsi qu'il faut tacher de discipliner ce jeun^ ^pldat , prenant soin d'ailleurs de ne pas lui fai^e regarder p^us . de choses comme dangereuses qu'il n'y en a efifectiyement. Remarqi;ieznvous; quil soit plus épouvanté de certains objets. qu'il ne devrait, engagez-le peu-àpeu à les envîjsa^er de prè^, jusqu'à ce que libre de crainte il sorte de cette espèce de combat. £n remportant souvent de teUes victoires ,

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il verra que les maux ne sont pas toujours si réels ou si grands que la pçur nous les repré* sente, et que le vrai iMiyen de les éviter n'est pas de fuir ^ dé se laisser troubler , confondre et . abattre par la CTainte dans les occasions où notre réputation et notre devoir nous obligent à ne pas abandonner l'entreprise que nous avons en main.

Mais puisque la douleur est le grand fondement de la crainte des çn|ants, si vous voulez les fortifier contre la crainte et le danger, accoutumez-les à soufïrir la douleur. Cet expédient paraîtra peut-être forjt inhumain à des pères et à des mères tout pénétrés de tendresse pour leurs en&nts; et la plupart trouveront qu'il est contre toute raison d'exposer un enfant à la douleur pour tâcher de lui en rendre le senti* ment plus supportable. « C'est peut-être un j3on « moyen , me dira-t-on , de lui inspirer de l'aver- «sion pour celui qui le fera souffrir, inai$ «comment est- il possible qu'on puisse jamais «c l'accoutumer par-là à sou£frir sans répugnance ? «Étrange méthode! Vous ne voulez pa^ qu'on « fouette ni qu'on châtie les enfants pour le& «fautes qu'ils viennent à commettre, et vous « voudriez qu'on les tourmentât pour le plaisir « de les tourmenter dans le temps qu'ils s'ac- « quittent fort bien de leur devoir. » Je ne doute

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point qu'on ne me fasse de pareilles objections, et qu'on ne m'accuse de dëttuire ici moi-ml^me ce que j'ai établi aillëiÉfs. J*â^ouè ^é ce qûèf 'je propose ici d'accouttfiÀcS^^éé '■ éhfànts k sôâffi^ la douleur, doit êlter'tegnagê^ âVeic bèàti(^6tt|> de discrétion; c'est pbtfiKqfàotc'éét^uri'lioïîheOT qu^il ne soit approuvé que de ceux qui examinent et pénètrent exactement les raisons des choses. Je iie serais pas d'aVfe q^h bdttît^beaucoup lèsr' enfants pour lès' Sauf ës'ddi' leur* éclik^ pént, pai*ce que jeiie Vbudtats' ^â^*qâ1k regatdassentla douleur dta Icorps xommé là |>ltts-gr2tn9é des punitions ï et par là îpêine ràisdrf je vôî6drais (jtte ; lôt^qti*ils font 1feur ^^evoir, Ils itisi sent exposés quelquëféisà la dbufeut^,''^h'qti]% pusseikt s'accoutumer à souflMr là (JhïAileuf siS&i la considérer cfomtïië' le plbs ^aM^ixfàl**t}iii puisse! leur arriVeh L'exempre' dé S()a*lJ(? éBStt pour montrer côm'bieh l'ëducàtîôn é^t cajole de perfectionner * !es jeifhe'^ gens à cet é^afA ; et'qùîbdnt^e en' esî Vénu'l'cepbfet de iie'^Aé rëgardef la dWMèui'" du icbrps tiomiBe Ié^|)ltts grand des min'k , bù %btnnie ëé ''qtfil VRfi^'Me pltks'appi^tiendéf , n^â pas fail/'dé petils'prog^s daWi^ Ik'vçrttf; DU ifeste' je' tife'suîi pas sf ftlu qtfé dé proposer fiisàge dè.la dàsciii!ffie«e*patte dàn^ce èlèélé^t'souis uM'^ôuV^eMeniëh^ tét i^e le nètre; mais je ne laisserai pas de dire que

DKS 'EÏTFAirTS. iG*]

le trai moyen d'inspirer aux eii/àh(s'du cou^' ra^e et dé )a tésolûtHM* tout le f este 'dé leur vie, c'eût dé lès laccdûéuftfer fJerf-li^'peu â' souffrir f)âtiemnient ' bt sans se troubler quelques degrés de douleoi». ^ ' " ' ' »^ ' '^ ' ' *

PoiJr eeï'eiffét, Sf faut éh prémîei''Iieu ne pas Icinf témciigùèr ^'on" fè^ plâlhr, hl leur permettre'de W]ptelndrè ëiii-mêftt^^^ou^'lë môindt^ petit mil qithS'ibhStenti mais c'est de quoi j*ai déjà parlé' kàlé'a«(§XCV5.'"' '

L'on dttif j à^tès cela V leis exposer fout éxpïës à'ia âbuleïrf; àiàfs iî'feu\ pifendi^é son yraps, etri*èn venir là que rèrsqùèTenfAiit est 'de BoÀiié liililiëui* ," et qtfil est* persuade' 3^ raffectiori'dè' céteî <îur le frâitè dé 'cette rnanWrè; Oh ûàît ettcore t)reridr^ Bien gàràé ftë'*ifé'^as''dÔniiër étf cëtté'ôccà^oÀ la moindre iîiar^â'é de "colère dn de fehàgrth, /i<m iblu's que de cJoriipa^Sôn bu cre"ri^htir,""et "stir-toùt de né "pas ' cnarger rehfant de p1tts'i}U'i{ he peut endurer, s'àns'çroridëi>'ou dsâis regarder à^s ridéè de {jûditioii lé Edàl qu'onïuf fai('k>ufinr. Ta! Vu adnâér de b'ohl^ c6\ip& dé gaule àVec'le méfià^^mèit/ët'dànâ 1€S dTÈdAstaiices ^ué je Viens Vie'nlafdrtjiêt', à tiff erifeht qtii n'en Msait que -rirfe, qûôlcfli^fln'êÛt pa s'ëtfij^ctJ^t de v^èHerd^lltrJtieâ'ef d'être àën^ sibleUëtit'Kffîgr, Si là même pei^nn^" qtii 'M donnait; ces coùp^ lui eût dit un mot un peu

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rude, ou Feàt regardé avec froideur pour le punir de quelque £aute. Persuadez une fois votre enËmt par vos soins et par des marques» constantes d'a£fection que vous raimeii parfiiitement^ et soyez sûr que vous pourrez Taccoutumer par degrés à endurer j sans aucune r^ugnance et sans se plaindre, des choses. fort pénibles et fort rudes, que vous trouverez à. propos de lui imposer : ce qu'on voit £adre tous les Jours aux ea- Êints qui sont à jouer ensemble, suffît pour vous en convaincre. Plus vous trouverez votre enfant tendre et délicat, pl«s vous devez tacher de Tendurcir à la peine, de la maoûère que je viens de dire. Dans cette affaire le grand point consiste à coaune];icer d'abord par quelcp^ cboM^ qui ne soit pas fort pénible, et à continuer par des degrés insensibles dans Iç temps . que vous liez, que vous badinez avec. lui, et que vous le louez : car s'il en vient une fois à se croire as^ez récompensé, des îfitigues ou de la douleur qu'il endure, par les éloges, qu'on donne à son courage , et à tipuver un si^et de gloire dans ces épreuves- de fiem^eté , ei^ ^prle qu'il aime mieux passer pour biaye et hardi, que d'éviter une pe^te douleur, ou.de sujxomber lâchement à ses atteintes, comptez.. hvdin^nt' qu'avec le temps, et. par le js^çours de sa mifonqui se fortifie tous les jours ^ vou$. poiwrçZ' vaincre sa

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timidité et corriger la faiblesse de sa complexion. A mesure qu'il devient plus grand, poussez-le à des entreprises plus hardies que celles où son tempérament le porte naturellement ; et si vous remarquez qu'il évite de tenter une chose dont il y a lieu de croire qu'il pourrait fort bien venir à bout, s'il avait le courage de l'entreprendre, donnez-lui d'abord quelque, assistance, et tâchez par degrés de l'y engager par un motif d'honneur, jusqu'à ce qu^enfin ayant acquis plus de fermeté par la pratique, il puisse faire la chose sans aucune peine : auquel cas île manquez pas de le combler de louanges, et de lui faire sentir qu'il s'attire par-là l'estime de toi/s ceux qui le connaissent. Après qu'il aura acquis par ce moyen assez de résolution pour n'être pas détourné dé ce qu'il doit faire parla crainte du danger^ et que dans des rencontres imprévues ou hasardeuses, la peur, ne mettant plus son esprit et* son corps en désordre, ne lui ôtera ni la capacité ni la volonté d'agir, dès-lors on peut assurer qu'il a tout le courage qui convient à une créature raisonnable; et c^est cette fermeté de corps et d'esprit qu'on devrait tâcher de produire dans les enfants par l'usage , à mesure que l'occasion s'en présente naturellement.

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