AUX ENFANTS
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S ni.
JUàns le dessein que j'ai de donner quelques avis sur l^ducation des enfants , je vais commentcer par examiner ce qui regarde la santé du corps, tant parce que 2'est un point dont vous pourriez attendre de moi la discussion plutôt que d'aucun autre , vu l'étude \ laquelle on présume que je me suis attaché avec une particulière ap* plication (i), qu'à cause que j'aurai bientôt dé*
(i) Quoique M. Locke n'eût jamais pratiqué la médecine, il en avait fait une étude particulière, et avec tant de succès, que le fameux docteur Sydenham se glorifie 'de l'approbation que M. Locke avait donnée à sa méthode de traiter les maladies. Il Tavait, dit -il, examinée avec la dernière précision : qui eam methodum intimiùs per omnia perspexerat. Vid. epist. dedicat. Operum Th. Stdbnham , p. 7 et 8. Lyp-
DES EWFAWTS. 5
péché cet article , qui se réduit à peu de chose si je ne me trompe.
s IV. *. .
De la santé du corps.
Que la santé soit nécessaire à l'homme pour le bien de ses affaires, et pour son propre bonheur; qu'une constitution vigoureuse et endurcie au* travail et à la peine soit utile à une personne qui veut faire quelque figure dans ce monde; la chose est visible , et n'a pas besoin de preuve.
En parlant ici de la santé , mon dessein n'est pas de vous entretenir de la manière dont un médecin doit traiter un enfant malade, ou valétudinaire, mais seulement de marquer ce que les parents doivent faire sans le secours de la médecine , pour conserver et augmenter la santé de leurs enfants^ ou du mains pour leur faire une constitution ^ui ne soit point sujette à des maladies. Et je ne sais si ce que j'ai à dire sur ce sujet ne pourrait point .être renfermé dans cette courte maxime : que les gens de qualité devraient traiter leurs enfants comme les bons paysans traitent les leurs. Mais, parce que les mères pourraient trouver cela un peu trop rude ,
el les pères un peu trop court, j'expliquerai ma pensée d'une manière un peu plus distincte, après avoir donné pour règle générale et assurée, qu'on gâte la constitution de la plupart des enfants par trop d! indulgence et de tendresse. Cet avis regarde sur- tout les femmes.
s VI.
// ne faut pas donner aux erifànts des habits
trop pesants.
La première chose à quoi l«oii doit praaidra garde, c'est que les enfants ne soient point vé^ tus ou 'couverts trop chaudement ^ en hiver ou en été. En yenant m n^onde, nou^ ^'avQns pas le vi- . sage moins tendre qu'aucune autre partie du corpa. Ce n'est que l'açcointuiiiani^e qui t'endurcit, et le rend plus propre à supporter la froid» $w qMoi l'on rapporte uae réponse fort juste qu'un philosophe scyt]»e(i) fit autrefois k un Athénien. Conmte ce deri^r s'étoinipait de le voir aller nu au milieu^ de I9 glace et de 1^ neige : « Et vous, lui dît ce phîlQ8pph!$, ûofffn^ikt pou« « yez-vQus souffrir que votr0 s^^t^ spît exposé « i^^l'ajir durant M rigueur ^ Hhiver? Mon vî-* « sage est h\% à cela^ dit l'Atbénien. ^ loiaginez-
(i) Anacharsb.
« xous donc, répliqua amsitôt le Scythe, que je a suis tout visa^. jh En <^et, uos corps peuvent endurer tout ce à quoi ils sont accoutumés de bcmne heure. '
Je trouve un exemple bieit propre à confiramer cette vérité dans une agréable- relation qui vient de paraître, sous le titre de Nouveau^ Voyage au Levant. Quoiqu'il regarde Fexcsès opposé à celui dont nous parlons , je veux dire une extrême chaleur , il sert également à faire voir quelle est la force de la coutume. « \Jk cha- <c feuDs, dit l'auteur de ce voyage (i),>sont plus «e violentes dans* l'île de Malte qu'en aucun lieu « de l'Europe : elles pasaenj: celles.de lionne. C'est «un étou£Fement d'autant {dus ins]2{^[>optable, «.que rarement on e^ rafraîchi d^ vent. Axisei ot tous les paysans sont noifô comme des Ëgyp- « tiens. Au reste , ii^« ne se soucient nullement du ff soleil 7 la plus* brûlante chaleur n»'étant pas'ca- « p»b)e de les &ire nentrer dans leur maison:, c ni de leur £ûre cesser le travail ; ce qui .m'a d'fëit reconnaîtce que la nature^ se peut- faire à «c bien des choses qui paraissent impoesiblea , «pourvu qu^ons^y habitue d^ l'en&pce : et «t c'est ce que font les Maltais, qui endurcissent « le corps de leurs enfants à la chaleur , en