SECTION XVI
9E I.A fnffUIOSITlé DBS SlfFAKTS ; eoMlSNT SLLB IKUV
^ S cxxi. r
Curiosité nécessaire dans les enfants.
JuA. curiosité dont nous avons eu occasion de dire un mot ailleurs (§ CIX), n'est dans«les en-fants qu'un désir de connaître; il faut donc tâcher de Taugraenter en eux, non - seulement à cause qu'elle donne de belles espérances de cçlui en qui elle se trouve , mai^ encore parce que c'est un excellent moyen que la nature a ménagé pour dissiper l'ignorance dans. laquelle ils viennent au monde, et qui, sans ce désir qui les porte à demander d'être instruits des choses , changerait les enfants en autant de créatures stupides et de nul usage. Voici ^ s! je ne me trompe, les moyens d'exfîter dans les enfants cette sorte de curiosité , et de la tenir toujours en mouvement et en action.
DBS BVTAtTi.
Mqj^ens de f entretenir en eux.
Premier moyen.
Quelques questions qu'un enÊint puisse faire; il n'en faut rejeter aucune avec mépris , ni permettre qu'on en fasse dea railleries. Au contraire 'û faut répondre à tout ce qu'il demande, et lui expliquer les choses qu'il a envie de savoir de telle manière qu'on tes lui rende aussi intèlli- ^bles que son âge et l'étendue de ses lumières le peurent permettre. Màii^ prenez garde de ne pas lui brouiller l'esprit ^par des eirplications ou des idées qui passent son intelligence , ou en h proposant quantité de choses qui n*ont au^ eun rapport à ce qu41 à dessein de savoir en ce momenjt. Lorsqu'il voqs ^ait une question , remarqi^ee plutôt ce qu'il veut dire, qu^ les pa*- ' rôles dont il se sert pour exprimer sa pensée; et après que vous f aurez pleinement instruit de ce qu'il voulait savoir , vous verrez qu'il portera ses pensées sur de nouveaux objets ; et qu'en répondant ainsi à toutes ses questions d'une manière juste çt précise , vous pourrez le mener plus loin que vous n'oseriez peut-être vous Timaginer, car la connaissance est aussi agréable à Téntendeikieilt que îà lumière Test aux yeux ; et les eiifants^ en particulier se plaisent exltrémement à acquérir de nouvelles connaissances»
aSo DE L'ÉDUGA/riON
sur -tout s'ils voient qu'on écoute leurs questions, et qu'on excite et loue en eux le dé^ qu'ils ont d'être instruits; et je ne doute point qu'une des grandes raisons pourquoi la plupart des enfants s'abandonnent entièireisienl: à .de vains amusements , et emploient tout leur temps à des bagatelles , c'est parc^.qii'ils.ont vu qu'on méprisait leur curiosité, et qu'on ne faisait au^ cun cas de leurs questions. Mais si on les. avait: traités avec plus de considération et de 'douceur , et qu'on eût pris la peine de - cépondre comme ^1 fallait à leurs questions d'une manière satisfaisante, je suis assuré qu'ils n'auratenà pas pris tant de plaisiràrevenir^toujours aux marnes jeux et aux mêmes divertissements,. qu'à appren-^ dre et à faire tous. les jours quelque .progrès dans la connais^nce des choses dans lesquelles ils auraient trouvé s^ns . cesse de la nouveauté et. de la variété : deux circonstances qui plaisent sur-tQut aux enfants. • ' , . ■