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. Troisième moyen.
' En troisième lieu, comme il ne faut 'jamais négliger les questions que font les enfants , aussi faut * il prendre un grand soin de ne leur faire jamais des réponses ^trompeuses et illusoires. Ije^ enÊints cotinaîssent facilement quand on lesmé^ prise ..ou qu'on les trompe; et ils apprennent k êXre^ négU^ebts, dissimulé» et menteurs ,r voyant que d'autreis tombent dans, les mêmes défauts.; Kous.ae devons jamais parler contre la vérité damsilaucune conversation que oe soit , mais en-^
care moins avec àe$ enfaats ; car si oous leur &ispns quelque supercfa^^^ o0n -« ^euleueBt lioua tfK>mpou9 Unv sotwt^^^t eiii|>écboae qu'iJb ii^yinstruiaent^ maîs.nou» corrompons leur ûh DQcqncf}, et leur^enseignou^ le plus dangereux 'de l^uslas; vices. lies eitfaîit^sout autant de voy»» geurs 9]^r£#és nouvellemcfit dans uo pays étranger, quiieur est entièrement ineouRu^ c'eM pourquoi nous devons faire çoascieoÉe de les jeter dansT^rrespr; et quoique leurs ^estiond semblent quelquefois d'une très^^pefite impwtance, il y faut népondiie. sérkrasenent, car .quelque indtgîiea >qu elles nojûs pnraisiient d'etré proposées^ à nous qui en connaissons le déAtuieraent de? pok long-tmps, elles ne lai«e„. pa» dWimportantes à l'égard. dé 'Oêvbi à qui*ce dénouement est tout-à-fait inconnu. Cornoie les enfants ignorent tout ce que nous savons le mieux ^ et quertoûtf» les chosesiqui se.présenteniàenxiétft'
sCoit d'abord inconnues oonnne «lies nous font
été autrefoÎA à noiisnniémes, ceux^à sont henreux qui rencontrent des gens obUgeasts jpdnr s'aecQiaftQinder à leur ignoorauce, ci ies akfo' k s'en dégager^ Si Vous -ou moi devions ^Hermain** tenant habiter darffile^ lapon, avec toute notre prudé))ce et toutes nos kinûères, qm sent pentêtre la cause, que nou^ sommes si Sacï portés à inépriser les pensées ;^t)es^qiie9tKHiS'deirien£»ls,
3¥s sffJPAijrTSt a83
il çti; certain q^e $i :noiis voulions nous infor-^ in^ de ce qu'il y a à ^pimaître é^^m ce royaume , noM« fêlions . mille quêtons qu'ua Japonais sot et orgueilleux regarderait c6ninie ridicules et impertinentes, et qui seraient pourtatnt fort naturelle^ £^ notre ^g£^d; en ce cas ^ là nous serions bien ai^es de rencontrer quelqu'un qui eût assez, de. civilité et de complaisance pour sar tisf^^ii^ k tontes noe questii»^*^ et pour nous tircnr de notre ignorance.
Dès ^e q^;(|ue d^e«e«de nouveau se pré*senl^ aux j^vx de» ^|ifan£s , ils demaivicnt ckt-dinair^menl; Quesi-w ^^ c'est? question qu'un étranger a aeiçautumé à^ feire lorsqu*il voit une [ cbq^ qui lui fst inconnue. Partie ite.nWt.or^ dinairenient eH vue que ^^pprendr^ k( i^om d'upe chose , de sorte : <ïue pour l'cwrdinaipe ^ en leur disant comment on Tappêlle , on répond exactement à cette demande ; ce que les enfants ont accoutumé de demander ensuite , c'est ; ^ quoi sert cela ? l\ faudrait encore répondre sincèrement et directement à cette question. Pour cet effet il énidraîl le«ar apprendre Fusa^ êe la chQS4, et leur esipbquer toïomemt on s^en sert^ et cfda 4'iine>]9iiamèfe ptefiortiounée.à kor capacité ^ que ^ , à ^occasion de quelques éutves cii^nstànees ^ ih viennent à toiis £oâre quelque nouveUe^emande'pcniir mieux conns^itre la diose^
vous ne devez point les laisser {)asser outre, que TOUS ne leur ayez donné tous les éclaircis- Anents que leur esprit est capable de recevoir , les engageant ainsi par vos répouses'à foire de nouvelles questions, et peut-être qu'une semblable conversation ne paraîtra pas si ridicule et si /frivole à un hoiùme fait, qu'on se l'imagine ordinairement. Les questions qae dés en- Êints curieux pro[$osent nàturdilement d'euxmêmes, sans que personne les leur suggère, donnent souvent occasion de tràifer des "matières qui peuViBUt exercer Fesprit d'un habile honune. Je crois même que le plus souvent les ques- . tions inopinées que fait un en&nt, sont plus ' instrùctiviss ' que des discours d'hommes £aiits, qui pour l'ordinaire parlent par foutine, conformément à certaines notions empruntées , et aux préjugés de leur éducation.
s çxxiv.
Quatrième moyen.
Afin d'exciter la curiosité des enfonts , il ne serait peut-^tre pas mal-à-propos d'étaler quelquefois devant eux des choses étranges et nouvelles, pour leur donner occasion de s'iufoniSer euxmêmes de ces choses; que si par hasard leur curiosité les porte à demander ce qu'ils ne dôi-
vent pas savoir^ il vaut beaucoup mieux leur dire ouvertement que c'est, une chose qui n'est point de leur compétence, que de leur donner le change par quelque. fausseté, ou parades réponses fiîvoles. .
S cxxv..
Une grande vwadté nest pas un fort bon signé
dans les enfants,
L'exti:éme vivacité qui quelquefois éclate de fort bonne heure dans les enfants , vient d'un principe qui se trouve rarement joint ,avec un tempérament robuste, ou avec un jpgement solide! Si c^était une chose à désirer pour les parents de voir les enfants plysvifs et. plus éveillés, en conversation, je m'imagine qu'on pourrait trouver un moyen de leur procurer cette qualité : mais je suppose qu'un père sage et prudent aimera mieux que son fils devenu homme fait, soit habile , utile à soi-même* et à sa patrie , qu'agréable et divertissant dans les compagnies durant son enfance; et dans le fond je crois même qu'un père ne prend pas tant de plaisir à voir son enfant causer joliment , qu'à l'entendre bien raisonner. Excitez donc la curiosité de votre enfant autant que vous pourrez, en satisfaisant à toutes . ses . demandes , et en lui formant le jugement autant qu'il en est capuble. Si
a86 DS l'iéduc/ltion
ses raisons sont passables à certains égards ,* il Ten faut louer ; et s'il^don^e tout-à*fait à gauche, ramener^e doucement dans le bon cbelnin sans le railler de la méprise qu'il Tient de foire. Du reste s'il paraît empressé à raisonner sur tout ce qui se présente à son esprit , prenez garde, autant qu'il est en votre pouvoir, que perspnne n'étouffe cette incIinat;jion , ou ne la corrompe par des entretiens captieux et illusoires; &r, après tout, comme de toutes les facultés de notre^ame, celle qui consiste à raisonner est sans contredit là plus sublime et la plus importante , elle mérite aussi qu'on s^attache à là cultiver avec tout le soin pos^bie , puisque te plus haut point d'excellepde où l'homme puisse arriver dans ce monde, consiste à perfectionner sa raison et à en faire un bon usage.
DES EKÎ'ANTS. • ^87