CXXIX
Moyen de corriger un enfant d'une paresse générale qui tire son origine du tempérament
Si c'est quelque défaut dans sa constitution qui lui ait appesanti l'esprit, de sorte que cette mollesse lui so^ naturelle, il n'est pas facile de manier un tel tempérament qui ne promet rien du tout : car comme cette disposition produit dans l'esprit des enfants une grande indifférence pour ce qui est à venir, on ne saurait les mettre en mouvement par les deux grands ressorts des actions humaines le désir et la prévoyance. Cela étant , il s'agit de trouver le moyen de planter et de faire croîtrç ces deux choses dans un fonds qui leur est naturellement con4^ traire. Dès que vous êtes convaincu que votre enfant est dans ce cas , vous devez vous informer soigneusement s'il prend plaisir à quelque chose , et ce que c'est qu'il aime le plus ; et , si ^ vous pouvez découvrir qu'il ait quelque inclination particulière , augmentez-la le plus que vous pourrez, et servez- vous-en comme d'un moyen pour le mettre en action , et lui, faire
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naître Tetivie de s'appliquer à quelque chose. S'il aime la louange , le jeu, les beaux habits , etc. , ou que d'autre part il redoute la douleur, qu'il craigne de vous dépkire et de perdre vos bonnes grâces, etc. ^ quoique ce soit qu'il affectionne le plusp, hormis la patesse, qui ne peut jamais le mettre en action ^ servez-^rous-eîi comme d'un moyen pour lui réveiller l'esprit, et pour l'engager à se donner du mouvement; car ayant affaire à un enfant d'une humeur si nonchalante , vous ne devez pas appréhender d'allumer parlà dans son cœur un trop violent désir, comme il arriverait en toute autre rencontre : C'est là au contraire ce qui vous manque pour pouvoir le réveiller de son assoupissement, et c'est par conséquent ce que vous devez tâche/ d'excitef et d'augmenter en lui; car qui n'a point de désir, ne saurait avoir de Inapplication à quoi que ce soit.
§. cxxx.
Il faut , occuper les enfants à quelque travail
corporel
Si cela tie suffit pas pour rendre votre enfatit diligent et actif, engagez -le à quelque travail corporel , par où il puisse s'habituer à faire quelque chose. A la vérité, le meilleur moyen de l'accoutumer à exercer et appliquer son esprit ,
DES ElTFAirTS. t^S
serait de l'occuper fortement à quelque étude particulière; mais parce que l'attention qu'il pourrait y donner est une chose invisible que personne ne saurait dire ^uând il y attache véritabjiement son esprit, ou qu'il néglige' d'y penser^' vous tieyez imaginer quelque travail corpctf^l, auquel il faut le tenir régulièrement et constamment occupé. Si ce travail est un peu trop rude et honteux , la chose n'en ira pas plus mal ; car comme ce travail le dégoûtera plus tôt, il lui fera nattre le désir de reprendre ses livres. Mais lorsque vous en venez là, ne manquez pas de lui imposer une tâché à remplir âéoeBsaireiHent dans mi certain esjpàce de temps, ée telle sorte qu'il n'ait pas la liberté d'être ùisif. Du reste , après l'avoir engagé par cet artifice à s'appliquer à i'étud>e , yous pouvez , lorsqu'il aura appris sa leçon dans le temps prescrit., le décharger par ^rine de récompense d'une partie de l'autre travail que vous lui aviez imposé , et con- ^ tikiuer d'en diminuer le poids à mesure cpje vous voyez qu'il s'applique à l'étude avec plus d'ardeur, et enfin l'en dispenser absolument, lorsque cette molle indififiérencé qu'il avait pour ses livres aursi entièrement disparu.
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