‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 88 sur 144 · S CXXXIV · texte numérisé non relu

S CXXXIV

Quels soins il faut prendre pour empêcher les

enfants de mentir.

X L m« reste à parler d'un défaut dont oa conviendra sans peine qu'il faut tâcher de .corriger les enfants : c'est le mensonge. Comme rien n'est si propre à couvrir promptement et sans embarras une faute qu'on vient de commettre , que de mentir; et que cet expédient est si fort à la mode parmi toutes sortes de pefspnnes , il est très-difficile qu'un enfant évite le mensonge, «voyant l'usage qu'on en fait en toutes rencontres. Aussi , à peine peut-on , sans un grand 3oin , l'empêcher d'y tomber. Mais , d'autre part , le mensonge est si odieux , il est la source de tant de maux qu'il cache sous sou ombre après leur avoir donné

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naissance, qu'on devrait faire concevoir aux enfants une extrême horreur pour ce vice. U en faudrait toujours parler devant eux, lorsque l'occasion s'en présenterait, comme de la chose la ' ptus exécrable du monde, comme d'une qualité si indigne d'un homme de bonne maison , qu'il n'y a personne en quelque estime dans le monde , qui puisse souffrir qu'on l'accuse de mentir; en un mol, comme d'un vice qui déshonore entièrement un homme, qui le dégrade et le met au rang de ce qu'il y a de plus bas et de plus méprisable parmi la plus vile populace , et qui par conséquent ne peut être souffert dans iine personne qui veut fréquenter d'honnêtes gens, ou qui A quelque réputation à ménager. Après cela, la première fois que Tous surprenez votre enfant en -quelque mensonge , il vaut mieux en paraître étonné comme d'une chose tout-à-fatt étrange et monstnieuse, que de l'en censurer comme, d'une faute ordinaire. Si- cela ne suffit pas pour l'empêcher. d'y retombei, il faut qu'il essuie une réprimande, et que, par une suite nécessaire, il soit regardé avec indifférence et avec mépris par son père , par sa mère , par tous ceux qui, étant dans l'a maison, ont pris connaissance de' ce qu'il vient 3e faire. Et, si cela ne sufRt pas pour le corriger de cette mauvaise inclination, il en faut venir aux coups: car après

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qu'un enfant a été aînâ averti par degré» de ne point mentir , une menterîjs préméditée doit tcnijours être considérée ccmiBiie une Traie obstînatidn ('), qu'il ne faut phi& laisser impunie.

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