LIVRE II, CHAPITRE VIII
ment de parties propre, à produire ces sensations dans notre ame.
Autre expérience qui confirme visiblement que tes secondes gualités ne sont point dans les objets mêmes qui en produisent les idées en nous. Prenez une amande , et la pilez dans un mortier; sa couleur nette et blanche sera aussitôt changée en une couleur plus chargée et plus obscure, et le goût de douceur qu'elle avait sera changé en un goût fade et huileux; or, en froissant un corps avec le pilon , quel autre changement réel peut-on y produire que celui de la contexture de ses parties?
Les idées étant ainsi distinguées, en tant que ce sont des sensations excitées dans l'esprit, et des effets de la configuration et du mouvement des parties insensibles ^es corps, il est aisé d'expliquer comment la même eau peut en même temps produire l'idée du froid par une main , et celle dn chaud par l'autre , au lieu qu'il serait impossible que la même eau pût être en même temps froide et chaude, si ces deux idées étaient '
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réellement dans l'eau ($!i) ; car, si nous imaginons que la chaleur, telle qu'elle est dans nos mains , n'est autre chose qu'une certaine espèce de mou>vement, produit ten un certain degré dans les petits filets des nerfs ou dans lel^ esprits atirîn>aux , nous "pou vous comprendre cômtoeiit il se petUt fait*e ique la même eà^i^roduit, dans le même temps, te sentimeiit du chaud dans une ïViain, et celui dû froid dans l'autre : ce que
(52) « Cela prouve tout au plus que la chaleur n'est pats « une qualité sensible ou une puissance de se faire sentir ^<'toùt-à-fait a'bsoliie , tiiaîs qu'elle est relative à des organes <t |>iropiord6iniés : car un tftôûVéfnent pl*opi*e dans là main « 4'y peijt mêler et en altérer Tapparence. . . . L'unité et le « nombre peuvent ne point paraître comme il faut , car, com- « me Descartes l'a déjà rapporté , un globe touché d'une « certaine façon paraît double.... Il ne s'ensuit donc pas que « ce qui ne paraît pas toujours de n^éme ne soit pas une
« qualité de l'objet et que son image ne lui ressemble pas
« quant à l'observation que l'on a faite sur ce que la même « e^u peut paraître froide à une maiïi et chaude à l'autre , « il dèmcfare pourtant vrai ique, lorsque l'organe et le milieu « sont constitués eomme il faut, leis moûv^emelits internes et *i les idées qui les représentent à l'ame ressemblent aux «< moiivements ile rohjjèt qui lausent Ta couleur, la dou- « lëdr, etc., oà, tie 'qui est la même chose, IVxpriment par < un rapport assez exact , quoique ce .rapport ne nous pa- « raisse pas distinctement, parce que nous ne saurions dé- « mêler cette multitude de petites impressions, ni dans notre « ame , ni dans notre corps , ni daîns ce qui est hors de « nblis. »
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