LIVRE II, CHAPÎtRE TIIÏ
la même figure ne fait jamais, CËir la même figure qui a produit l'idée d'un globe, ^ant appliquée à une main, ne produit jamâi» l'idée d'«n carré, étattt appliquée* à l'autre âiain; ma^s, si la sensation du chaud et du froid n'est autre chose que faugmentatiofii ou la diminution du mouvement des petites parties de notre corps , causée par les corpuscules de quelque autre corps, il est aisé de comprendre que^ si ce mouvement est plus grand dans une main que dans l'autre , et qu'on applique sur les deux mains un corps dont les petites parties soient dans un plus grand mouvement que celks d'une main , et moins agitées que les petites parties de Fautre main ; ce corps, augmentant le mouveôient d'une main et diminuant celui de l'autre, <:àusera, par ce moyen, les différentes sensations de chaleur et de froideur qui dépendent '^le ce différent degré de mouvement.
Je viens de im'etigager peut-être un peu plus que je n'avais résolu , dans des recherchas physiques. Mais comme cela est nécessaire pour donner quelque idée de la nature des sensations, et pour faire concevoir distinctement la différence qu'il y a entre les qualités qui sont dans les corps, et entre les idées que les corps
28o i>£ l'entendembitt humain.
excitent dans Tesprit , sans quoi il serait impossible d'en discourir d'une manière intelligible^ j'opère qu'on, me pardonnera cette petite digression. Car il est d'une absolue nécessité , pour notre dessein, de distinguer les qualités premières et réelles qui sont toujours dans les corps et n'en peuvent être séparées (savoir,, la solidité, l'étendue, la figure, le nombre et le mouvement, ou le repos), qualités que nous apercevons toujours dans. les corps, lorsque, pris à part, ils sont assez gros pour pouvoir être discernés ;âl est, dis-je, absolument nécessaire de distingujer ces sortes de qualités, d'avec celles que je nomme secondes qualités , qu'on regarde an^^iQP m*>^t comme inhérentes aux corps, et qui Ae 'sont que des effets de différentes combinaisons de ces -premières qualités , lorsqu'elles agissent sans qu'on les discerne distinctement. Et par là nous pouvons parvenir à connaître, quelles idées sont, et quelles idées ne sont pas, des ressemblances de quelque chose qui existe réellement, dans les corps auxquels nous donnons des noms tirés de 6es idées.
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