‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 103 sur 141 · LIVRE II, CHAPITHE Vltl · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITHE Vltl

cepeïadant on en juge générafetnent d'une maniée toute différente. Gar, à Fégard des qua- Ktés de la iseconde espèce , qui ne sont autre ckioie que la puissance de produire en tï<ms différentes idées par le moyen defe sens , on les regarde comme des qualités qui existent réelle^ment dans les choses qui nous causent tels et tels sedtiments : mais pour ceiies de la troisième espèce, on les appelle de simples puisscences , et on ne leë regarde :pas atiCrement. Ainsi les idées de ciialeur on de lumière que nous recevons du soleil 9 par les yeux ou par Tattouchement , sont regardées commuuéinexxt comme des qualités réelles qui existent dans le soleil, et qui y sont quelque chose de plus que de simples puissances. Mais lorsque nous considérons le soleil par rapport à la cire qu'il amollit ou blanchit, nous juffeôtis que la blancheur et la mollesse sont produites dans la cire , non comme des qualités qui existent actuellement dans le soleil , mais comme des effets de la puissance qu'il a d'amollir et de blanchir. Cependant , à bien considérer la chose, ces qualités de lumière et de chaleur , qui so«:t des perceptions en moi lorsque je sui3 échauffé ou édlairé par le soleil , ne sont point dans le soleil d'une autre manière que les diangements^produits dans la cire , lorsqu'elle est blanchie ou fondue, sont dans

a84 D£ L'EIfTENDEMEITT HUMAIN.

cet astre. Dans le soleil, les unes et les autres, sont également des puissances qui dépendent de ses premières qualités, par lesquelles il est capable , dans le premier cas , d'altérer en telle sorte la grossiur, la figure, la con texture ou le inouvement de quelques-unes des parties insensibles de mes yeux ou de mess mains , qu'il produit en moi, par ce moyen, des idées de lumière * ou de chaleur ; et dans le second cas , de changer de telle manière la grosseur, la figure, la contexture et- le mouvement des parties insensibles de la cire , qu'elks deviennent propres à exciter en moi les idées distinctes de blanc et de fluide.

La raison pourquoi les unes sont regardées communément comme de» qualité^ réelles^ et les .autres comme de simples puissances, c'est apparemment parce que les idées que nous avons des couleurs et des sons, etc., ne contenant rien en elles-mêmes qui tienne de la grosseur, figure et mouvement des parties de quelque corps, nous, ne sommes point portés à croire que ce soient des effets de ces premières qualités , qui ne paraissent point à nos sens comme ayant part à leur production , et avec qui ces idées n'ont effectivement aucun rapport apparent, ni au-

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