‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 112 sur 141 · LIVRE II, CHAPITRE X. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE X. 3l

entièrement. De savoir quelle pairt Ont à tout cela la constitution de nos corps et l'action des esprits anjunaux , et si le tempérament du cerveau produit cette différence, en sorte que dans les uns il conserve , cçmme le marbre , les traces qu'il a reçues , en d'autres comme une pierre de taille, et en d'autres à -peu -près comme une i couche de sable, c'est ce que je ne prétends pas examiner ici ; quoiqu'il puisse paraître assez probable que la constitution du corps a quelquefois de l'influence sur la mémoire , puisque nous voyons souvent qu'une maladie dépouille l'ame de toutes ses idées , et qu'une fièvrç ardente cpnfond en peu de jours et réduit en poudre toutes ces images , qui semblaient devoir durer aussi long -temps que si elles eussent été gravées dans le marbre.

Des idées constamment répétées peui^ent à peine

se perdre. ,'

Mais par rapport aux idées mêmes , il est aisé de remarquer que celles qui, par le fréquent retour des objets ou des actions qui les produisent , sont le plus souvent renouvelées ( comme celles qui sont introduites dans l'ame par pins d'un sens), s'impriment aussi plus fortement dans la mémoire, et y restent plus long-temps

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et d'une mamère plus dislkicte. C'est pourquoi les idées des qualités originales des ooips , je ¥eax dire, |a solidité, l'étendue^ la figm^^ le mouvemeiaft ^t le repos; eelles <;cii affectent presque tncessaâniicsit nos corp$ , comme \tfioià tpt le chaud; et celles qin eont des aflecdons de toutes fes espèces d^étres , comme V existence y U durée 9 et le nombre ^ que presque tous les oiijeCs qui frsq^pent nos sens , et toutes les pensées* qui occupent «lotre esprit , nous *foumiêsent à tout moment; toutes ces idées, dis-je^ et d'autres semblables, s^effdcent raremevit tout-à-iait de la mémoire , tant que \iotre esprit retient (a) encore quelques idées.

Dans cette seconde perception, ou, si j'ose ainsi parler, dans cette revue des idées placées dans la mémoire , Vespnt est souvent autre chose que purement passifs car la représentation de

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(a) Ciar il ai^ive souvent que, dans un âge fort avanqé, rhomme , venapt à retomber dans sa première enfance , ne retient plus auoine idée. Le proverbe, 'jft> pueri itenes, tiLtÈffàme ce malheur que tr軫iMparAi|emeÉt» Un totet à, la ma»eUo reGov^it sa aovniG^i et un vieiUard, xMoit à ce triste état de caducité, méconnaît sa femme, et les domestiques qui sont presque toujours autour de sa per^ aomie pewp k servir.

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