‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 113 sur 141 · LIVRE 41, CHAPITRE X. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE 41, CHAPITRE X. 3l

«es peintures dormantes dépend quelquefois de la volonté. L'esprit s'applique fort souvent à découvrir une certaine idée qui est comme en$evdi^ dans la rn^oire, et tourne, pour ainsi dire , les yeux de ce côté-là. D'autres fois aussi ces idées se présentent comme d'elles-mêmes à n^reem^ndeinent, et iii^i souvent elles sont fév^eiHées, et tirées de leurs €€tcfiettes pour être ex^po^ a» gr»d j««ir, par quelque violente passion; «ar nos affections ofirent à notre méixiotre des idées qni, ^ns cela, auraient été ensev^elî^s dans un parfeit oobti. Il Ikut observm* d'aîUeizrs , à fégaid des tdées qui sont; dat^ la mémoire , et que notre esprit réveille par occasion , que , selon ce qu'emporte ce mot de r^i^iUer^ non -seulement elles ne iton% pas du nombre 4es. idéeë qui sont entièreme^ nou*> villes à l'esprit, mais encore que Vesprit les considère eomme <les effets d'une iihpressioai précédente , et qu'il recommence à les connaître comme des idées qu'il avait eonnttes auparavant. De sorte que , bien (pie les idées qui ont été pr^ cédeitiment imprimées dans l'esprit , n^'y soient pas constamment préi^ntes , elles sont pourtant connues^ 4 f aide de la rémmiscence , comme y ayant été auparavant empreinteis; c'est-à-dire, comme ayant été antérieurement aperçues et connues par l'entendiement.

3l6 BE l'eNTEITDEMEJNT UUMAIZ9.

Deux défauts dans la Mémoire : un entier oubli y et une grande lenteur à rappeler les idées qu*elle a en dépôt.

La mémoire est nécessaire à une créature intelligente, presque au méqie degré que la per* ception. £lle est d'une si gràeide impoitance, que si elle vient à manquer, toutes nos autres facultés sont, pour la. plupart, inutiles : car nospensées, nos raisonnements et nos connaissant ces , ne peuvent s'étendre au-delà des objets pré* sents sans le secours de la mémoire , qui peut avoir deux défauts.

Le premier est de laisser perdre entièrement les idées , ce qui produit une parfaite ignorance. Car, comme nous ne saurions connaître quoi que ce soit qu'autant que nous en avons l'idée ^ dès que cette idée est effacjée nous sommes d<ins une parfaite ignorance à cet égard.

Un second défaut dans la mémoire, cest d'être trop lente, et de ne pas réveiller. assez promptement les idées qu'elle tient en dépôt ^ pour les. fournir à l'esprit à point nommé, lorsi* qu'il en a besoin. Si cette lenteur vient k un grand degré , c'est stupidité. Et pour celui que ce défaut empêche *de rappeler les idées (qui

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