LIVRE II, CHAPITRE X. Sij
sont en efFet dans sa mémoire) justement dans le temps qu'il en a besoin, il vaudrait presque autant qu'il ne les eût pas, puisqu'elles ne lui servent pas à grand'chose : car un homme^ naturellement^ pesant, qui, venant à chercher dans son esprit les idées qui- lui sont nécessaires , ne les trouve pas à point nommé, n'est guère plus heureux qu'un homme entièrement ignorant»
C'est donc l'àffiaire de. la mémoire de fournir à l'esprit ces idées formantes dont elle est la dépositaire , dans le temps qu'il en a besoin ; et c'est à les avoir toutes prêtes dans rôccasion^ que consiste ce que nous appelons '//t^e/i^io/i> imagination y et vivacité d^esprit,^ .
Tels sont les défauts que noua observons. dan$ la mémoire d'un homme comparé à tin autre homme. Mais il y en a un autre cjue nous pouvons concevoir dans la inémoire de l'homme en général , comparé avec d'autres créatures intelligentes, d'une nature supérieure, lesquelles peuvent exceller, en ce point , au-dessus de l'homme, jusqu'à avoir constamment un sentiment actuel de toutes leurs actions précédentes; de sorte qu'aucune des pensées qu'ils, ont eues, ne disparaisse jamais à leur vue. Que cela soit possible, nous en pouvons être convaincus par la
3îio DE l'entendement humain.
tdns ddnt ils n'auraient aucune idée. Et, en effet, quand même j'accorderais que le son peut exciter mécaniquement: un* ^certain hiouvement d'esprits ' animaux dans le cerveau de ces oiseaux, tandis qu'on leur joue actuellement un air , et que le* mouvement peut être continué jusqu'aux -ntnsclesr des ailes,. en sorte que l'oiseau soit poussé i mécaniquement, par* certains bruits, à prendre la faite, parce que cela peut contri-? buer. à ga' conservation ; oilt ne saurait pourtant supposer cela comme nne Iraispn pourquoi , eii jouant un air à un oiseau, et moins» ^encote après qu'on a cessé de le jouer, cela devrait produire mécaniquemen^t ^ dans les oj;ganes de la voix de cet oiseau , un mguv^ment qui l'obligeât à imiter les notes d'un son étranger , dont l'imitation ne peut être d aucun usage à la conservation de ce petît-ànfimal; Mais, qui plus est, ott ne saurait supposer avec (quelque apparence de raison v et nàoîris encore prouver que »des biseaux puis^ iseïit , *^ni5 Sentiment ' ni mémoire j conformer peu à' peu et par degréà'ïés Infleiiôiis de leur voix , à Hrti' àir qtt'ôn leur jôUfthier; puisque s'ils n'en céiit aucBn^ idée dans ieur mémoire, il n'est* présentement n¥fllé part , et, par conséquent,' il ïifè.pèùt êlre pour eux un modèle à imiter , ou dont' ils cherchent à approcher par des essais réitérés. Car il n'y à point de raison
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