LIVRE II, CUAPITRE XI. SSg
des choses présentes , et fort fomilières à leurs sens. Et en effet, si quelqu'une dçs facultés dont j'ai parlé ci^dessus, vient à manquer ou à se. dérégler, l'entendement de l'homme a constamment les défauts xpxe doit produire l'ahsence ou le dérèglement de cette faculté «
Différence entre les Imhécilles et les Fous.
Bniin, il me semble que le défaut des imbécillês vieWid^, manque de vivacité., d'activité et de mouven^ent dans les facultés intellectuelles, paff où Us se trouvent privés de l'usage de. la paisoi). ÏJes fous, au contraire, semblei>t éitre, d9«>s l'extré^fiité opposée. Car il ne me paraît^ pas quîe ces derniers aient perdu la faculté de r^aonner ; mais ayant join}^. mal k propos certaines iijéesj, ils les prennent pour des vérités, et ^ trpmpw^t de la même manière que ceux qui i^^oixqent juste sur de. faux principes. Après avoir converti leurs propres fantaisies en réalités par la force de leur imagination, ils en firent des conclusions fort raisonnables. Ainsi, vous verrez un fou qui s'imâginàiitêtre roi, prétend, j^r uy>^ jt|[s^.C(H^séquence, êtr.e servi, hbnor^, et obéi . $f Ipn ' sa dignité. D'autres qui ont Ctn hVP^ ^ v^n^i 9^X. pris toutes les précautions
34o DE l'entendement humain.
nécessaires pour empêcher leur corps dfe : se cesser. De là vient qu'un homme fort sage, et de très -bon sens en toiite autre diose, perat être aussi fou sur Un certain cirtide qu'aucàn dé ceux qu'on renferme dans les petites-maisons , si par quelque violente impression qui se soit faite subitement dans son esprit, ou par une longue application à iTne espèce particulière de pensées, il arrivé que. des idées incompatibles soient jointes si fortement ensemble dans son esprit, qu'elles y' demeurent unies. Maîâ il y a des degrés de folie aussi-bien que d'imbécillité, cette union déréglée d'idées étant plus ou mcrim forte dans les uns que dans les autres. En un mot, il me semble que ce qui fait' la dilFférence des imbécilles d'avec les fotis, c'est 'q[ue les fous joignent ensemble «des idées nî al assorties, et formeiit ainsi' des propositions extravagantes, sur lesquelles néanmoins ils raisonnent juste ; au lieu que les imbéùïîles ne formtrit'qùé trèspeu ou point dé propositions, et né k^ài^oiïnent presque point. ' - <:
Méthode^ d'expQsitiw, ,,
• Ce sbîit là , je «clrois , les ptériiière^ fisicttités et opérations de Fesprit, par lésqiièlié^ fèritende-^ m«nt est mis en action. QuoïqtfelléSrégardetit
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toutes ses idées en général , cependant les exemples, que j'en ai donnés jusqu'ici, ont prineipale^nent roulé sur des idées simples. Et j'ai joint l'explication de ces facultés à celle des idée$ simples, avant que de proposer ce que j'ai à dire sur les idées complexes ^ pour les raisons suivantes.
Prepiièrement, à cause que, plusieurs de ces facultés ayant d'abord pour objet les idées simples, nous pouvons, en suivant l'ordre que \z nature s'est prescrit , découvrir ces facultés dans leur source, et les suivre dans leurs progrès et dans leurs accroissements. *
En second lieu , parce qu'en observant de quelle manière ces facultés opèrent à l'égard des idées simples , qui pour l'ordinaire sont plus nettes, plus précises et plus distinctes> dans l'esprit de la plupart des hommes que les idées complexes, nous pouvons, mieux examiner et apprendre comment l'esprit fait des abstractions, comment il noipame , comment il compare et exerce ses autres opérations à l'égard des idées complexes, sur quoi nous sommes plus sujets à nous méprendre. .
En troisième lieu, parce que ces mêmes opérations de l'esprit concernant les idées qui viennent par voie de sensation y sont elles-mêmes, lorsque l'esprit en fait l'objet de ses réflexions »
344 ^£ L'sifTENDSMENT HUMAIIÏ.
de déelarer, encore une fois, que les sensations extérieures et intérieures sont les seules voies
paroù je puis tFoiiver que la connaissance entre dans Tentendement humain. Ce sont là, dis-je, autant que je puis m'en «apercevoir , les seuls passages par lesquels la lumière entre dans cette chambre obscure. Car, à mon avis, l'entendement ne ressemble pas mal à un cabinet entièrement obscur, qui n'aurait que quelques petites ouvertures pour laisser entrer par dehors les images extérieures et visibles , ou , pour ainsi dire , les idées des choses : tellement que si ces images venant à se peindre dans ce cabinet obscur, pouvaient y rester, et y être placées en ordre, en sorte qu'on pût les trouver dans l'occasion , il y aurait une grande ressemblance eptre ce cabinet et l'entendement humain, par rapport à tous les objets de la vue, et aux idées qu'ils excitent dans l'esprit.
Ce sont là mes conjectures touchant les moyens par lesquels l'entendement vient à recevoir et à conserver les idées simples et leurs différents modes, avec quelques autres opérations qui les coMcernent. Je vais présentement examiner, avec un peu plus de précision, quelques-unes de ces idées simples et leurs modes.