‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 120 sur 141 · LIVRE II, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XII

seule id^e plusieurs de ces idées jointes en^ semble ; et c^la , non •* seulement selon qu'elles sont unies dans les objets extérieurs, mais selon qu'il les a jointes lui-même. Ces idées fomrées ainsi de plu^eurs idées simples mises ensemble, je les nomme complexes y telles âont la beauté , la reconnaissance i un homme, une armée, V univers, £t quoiqu'elles soient composées de diflEé'rentes idées simples , ou d'idées Complexes , formées d'idées simples, l'esprit considère pourtant , quand il veut, ces idées complexes, chacune à part, comme une diose unique, qui fait

un tout désigné par un seul nom.

C'est volontairement qu'on fait des idées

complexes.

Par cette faculté que l'esprit a de répéter et de joindre ensemble ses idées, il peut varier et multiplier à l'infini. les objets de ses pensées, au-delà de ce qu'il a reçu par sensation ou par réflexion : mais tout cela se réduit toujours aux idées simples que l'esprit a reçues de ces deux sour(!ës, et qui sont les matériaux dans lesquels se résolvent enfin toutes les compositions qu'il peut faire. Car^ les idées simples sont toutes tirées des choses même, et l'esprit n'eu

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peut a^oir ni plus, ni d'autres que cdlé& qui lui sont suggvérées. Il ne peut se fatmer d'autres idées des qualités sensibles que celles qui lui viennent du dehors par les sens, ni des idées d'aucune autre sorte d'opérations d'une substance pensante, que de celles qu'il trouve en lui-même. Mais, lorsqu'il a > une. fois acquis ces idées simples, il n'est pas réduit à une simtple contemplation des objets extérieurs qui se présentent à lui , il jv^ut encore , par sa propre puissance , joindre ensemble . les idées qu'il a acquises , et en faire des idées complexes ,. toutes nouvelles , qu'il n'avait jamais reçues ainsi unies.

Les Idées complexes sont ou des modes ^ ou des substances^ ou des relations.

De quelque manière que les idées complexes soient composées et décomposées, quoique le nombre en soit infini, et qu'elles occupent les pensées des [hommes avec une diviersité sans bornes, elles peuvent pouitant être réduites à ces trois chefs :

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