LIVRE II, CHAPITRE XIII
la philosophie (<i), qui était en vogue avant eux» pour être trop fondée sur le sens incertain ou sur l'obscurité illusoire de certains termes ambigus ou qui ne signifia^nt rien : ou bien y ils confondent deux idées fort différentes, si par le corps et Y étendue ils entendent la même chose que les autres , hommes , savoir , par le corps ^ ce qui est solide et étendu, dont les parties peuvent être divisées et mues en différentes manières , et par Y étendue , seulement Fespace qi^e ces parties solides jointes ensemble occupent , et qui est entre les extrémités de ces parties. Car j'en appelle à ce que chacun juge en soi-même , pour savoir si Fidée de l'espacç n'est pas aussi distincte de celle de la solidité , que de l'idée de la couleur qu'on nomme écarr lofe. Il est vrai que la solidité ne peut, subsister sans l'étendue, ni l'écarlate ne sam*ait existe^ non plus sans l'étendue ; ce qui n'empêche pas que ce ne soient des idées distinctes. Il y a plusieurs idées qui , pour exister , ou pour pouvoir être conçues, ont absolument besoin d'autres idées dont elles sont pourtant très - différentes. Lé mouvement ne peut être, ni être conçu sans
(a) La philosophie scolasdque , qui a été enseignée dans toutes les universités de l'Europe long-temps avant Des-
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l'espace ;' et cependant le mcHivement n'est point l'espace*, ni l'espace le mouvement , et ce tont deux idées fotl: distinctes, il en est de même, k ce que je crois , de ^'e^pace et de la solidité. La solidité est utie idée^ si inséparable du corps , que e'est parce que te corps est solide qu'il remplit l'espace, qu'il touche un autre corps, qu'il îe^ pousse, et par là lui communique du monv€lment. Que 'si l'on peut prouver que l'esprit est dyterent du corps , parce que ce qui pense ^'enferme point iHdée de l'étendue ; si cette taison est bonne, elle peut, à mon avis, sertir tout aussi bien à prouver que T'espace n est pas ^jojjc^ / parce qu'il n'enferme pas l'idée de la «olidité, IVSpace et la sc^idité étant des idées nûssi différentes etifere elles que la pensée et retendue yde sorte que î'esp^it peut les séparer ^tîéreAieht l'une de Tautre. Il est à^c évident qtie le iiorps et K étendue sont deux idées <îistilicfès. ' '
Car, premièrement, l'étendue n'enferme ni sofidité m résistance au mouvement d'un corps , comme lait le corps. •
( En .$ecQiAd lH»i^.le6: parties de T^^p^ce pur sont inséparables l'une de l'autre ,. en sprt^ qae