‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 128 sur 141 · LIVRE II, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XIII

que, s'ils avaient autant réfléchi sur les idées qu'ils ont des goûts et des odeurs que sur celles de la vue et de l'attouchement , ou qu'ils eussent examiné les idées que leur causent la faim , la soif et plusieurs autres incommodités^ ils auraient compris que toutes ces idées n'enferment en elles-mêmes aucune idée de l'étendue, qui n'est qu'une affection du corps , comme tout le reste

après , commençant à me défier de mon jugement sur cette affaire , j'en écrivis à M. Bayle , qui me répondit que j'étais bien fondé à trouver Vigapratio elenchi dans le passage en question. On peut voir sa réponse dans la 247^ lettre, pag. 932, tome III, de la nouvelle édition des Zettr^j ^fe M. Bayle y publiée en 1729, par M. Desmaizeaux, qui Ta augmentée de nouvelles lettres , et enrichie de remarques très-curieuses et très-instructives. Et voici la note par laquelle ^ ce judicieux éditeur a trouvé bon de confirmer la censure que M^ Bayle avait faite du passage qui fait le sujet de cet article : « Les cartésiens (dit-il , après avoir cité les propres « paroles de M. Locke jusqu'à ces mots .-«Ils auraient com- « pris que toutes ces idées n'enferment en elles-mêmes « aucune idée d'étendue »); les cartésiens, à qui M. Locke « en veut ici, ont fort bien compris que toutes ces idées « n'enferment en elles-mêmes aucune idée d'étendue. Us « l'ont dit, redit, et prouvé plus nettement qu'on ne l'avait «• encore fait : de sorte que l'avis que M. Locke leur donne « n'est pas fort à propos, et pourrait même faire croire « qu'il n'entikidait pas trop bien leurs principes , comme « M. Coste s'en était aperçu , et comme l'insinue ici « M. Bayle. »

3^0 DE L^EJ^TEir 0EMENT HUMAIN.

àe ce qui peut être découYert par nos sens ^ dont la pénétration ne peut guère aller jusqu'à toir la pure essence des choses.

Que si les idées qui sont constamment jointes à toutes les autres, doivent passer dès- là pour l'essence des choses auxquelles ces idées se trou^ vent joiiites , et dont elles sont inséparables ^ l'unité doit donc être , sans contredit , l'essence de chaque chose. Car, il n'y a aucun objet de sensation ou de réflexion , qui n'emporte l'idée de l'unité- Mais c'est une sorte de raisonnement dont nous avons déjà montré suffisamment la faiblesse.

Les idées de P Espace et de la Solidité diffèrent

l'une de t autre.

Enfin , quelles que sment les pensées des hommes sur l'existence du vide , il me parait évident que nous avons une idée aussi claire de l'espace , distinct de la soUdité , que nous en a¥Ons dé la solidité distincte du mouvement^ ou du mouvement distinct de Tespaft. Il n'y a pas deux idées plus distinctes que celles-là, et

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