‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 129 sur 141 · LIVRE II, CHAPITRE XIII. Sgi · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XIII. Sgi

uoos pouvons concevoir aussi aisémeut l'espace sans solidité, que le corps ou t'espace sans mouvenieut; quoiqu'il soit très-certain que le corps ou le mouvement ne sauraient exister sans l'espace. Mais, soit qu'on ne regarde l'espace que ct>mme une relation, qui résulte de l'existence de quelques êtres éloignés les uns des autres, ou qu'on croie devoir entendre littéralement ce» paroles du sage roi Salomon, Les deux et les cieux des deux ne te peuvent contenir ; ou celles^! de saint Paul, ce philosophé inspiré d« Dieu , lesquelles sont encore plus emphatiques (a) , C'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être; je laisse examiner ce qui en est, à quiconque voudra en prendre la peine : et je me contente de dire que l'idée que nous avons de l'espace , est , à mon avis , telle que je viens de la représenter, et entièrement distincte de celle du corps. Car, soit que nous considérions dans la matière même la distance* de ses parties solides, jointes ensemble, et que nous lui donnions le nom d'étendue, par rapport à ces parties solides ; ou que , considérant cette distance comme étant entre tes extrémités d'un corps, selon ses différentes dimensions,

(a) Act. XVU.vera. a».

392 DE l'entendement HtJMAIN.

nous l'appelions longueur y largeur et profondeur; on sait que la considérant comme étant entre deux corps, ou deux êtres positifs, sans penser s'il y a entre-deux de la matière ou rion, nous la nommons distance: quelque nom qu'on lui donne , ou de quelque manière qu'on la considère , c'est toujours la même idée simple et uniforme de l'espace , qui nous est venue par le moyen des objets dont nos sens Ont été occupés; de sortie qu'en ayant une fois les idées dans notre esprit, nous pouvons les réveiller, les répéter et les ajouter Tune à l'autre aussi souvent que nous voulons, et ainsi considérer l'espace ou la distance , soit comme remplie de parties solides ( en sorte qu'un autre corps n'y puisse point venir sans déplacer et chasser le corps qui y était auparavant) soit comme vide de toute chose solide, en sorte qu'un corps d'une dimension égale à ce pur espace puisse y être •placé, sans en éloigner ou chasser aucune chose qui y fût déjà. Mais, pour éviter la confusion en traitant cette matière, il serait peut-être à souhaiter qu'on n'appliquât le nom détendue qu'à la matière ou à la distance qui est entre les extrémités des corps particuliers , et qu'oif donnât le nom Ôl expansion , à l'espace en général , soit qu'il fut plein ou vide de matière solide ; de

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