‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 24 sur 141 · LIVRE I^ CHAPITRE !• /^i · texte numérisé non relu

LIVRE I^ CHAPITRE !• /^i

De ce qu'on reçoit ces maximes ^ dès qu^elles sont proposées et conçues ^ il ne s^ ensuit pas qu^elles soient innées.

La raison qu'on tire du oonsenlement général pour faire voir qu'il y a des vérités innées, ne pouvant point servir à le prouver, et ne mettant aucune différence entre les vérités qu'on suppose innées et plusieurs autres dont on acquiert la connaissance dans ta suite ^ cette raison, dis-je, venant àmanquer, les défenseurs de cette hypothèse ont prétendu conserver aux maximes qu'ils nomment innées , le privilège d'être reçues d'nn^ consentement général, en soutenant que dès que ces maximes sont proposées, et qu'on entend la signification des termes qui servent i les exprimer, on les adopte sans peine. Voyant, dis-je, que tous les hommes^ et même les enfants,* donnent leur consentement à ces propositions, aussitôt qu'ils entendent et comprennent les mots dont on se sert pour les exprimer, ils ^'imaginent que cela suffit pour prouver que ces propositions sont injaées. Comme les hommes ne manquent jamais dé les reconnaître pcfur de^ vérités indubitables dès qu'ils en' ont coiUpris les termes,' les défenseurs des

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veulent s'en tenir à leur propre règle, et poser» pour marque d'une vérité innée, le consentement qu'on lui donne dès qu'on t entend et qtion comprend les termes qi^'on emplie pour F exprimer; iU seront obligés de reconnaître qu'il y a, non-$eulenient autant de proposition» innées que d'idées distinctes dans l'esprit des hommes , mais même- autant que les bonameâ peuvent iaire de propositions dont les idées différentes sont niées Tune de l'autre. Car chaque proposition (pii est composée de deux différentes idées, dont l'une est niée de l'autre, sera aussi certainement reçue comme indubitable, dès qu'on l'entendra pour la première fois et quion en comprendra les terinaes , que cette maxime générale , Jl est in^ossible qu'une chose soit et ne soit pas en- mAne temps ; ou que 'C«lle-ci, qui en est le fondement, et qui est encore plus aisée à entendre , Ce qai est la même chose n'est pas diffèrent; et à ce ctHii^te , il faucha qu'ils reçoivent pour vérités innées un nombreinfini de propositions de cette seule ^ pèce, sans parler des autres. Ajoutez à ceta, qu'une proposition', ne pouvant 'être innée ^ ii moins quie les idées dont elle est composée <ne le soient aussi, il faudra supposer que toutes les idées que nbas av<ms des couleurs, ,des sons, desgoûts^ des.£|pires, etc., -sont innées c

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