I.ITRC I^ CHAPITRE I
ceqoi serait la diose du monde la plus eon«
traire ii la raison et à Texpéiience. Le •ooiKsen'* 1
tement qu'on donne sans peine à une propo^
sition^ <lès tpi'on l'entend prononcer et qu'on
en comprend les terjnes , est , sans doute , une
marque ipie cette proposition est évidente par
elle-même : mais cette évidence qui ne dépend
d'ancHBie impressicui tnnée^ mais de quelque
autre dbose^ comme nous le ferons voir dans
la suite ^ appartient à plusieurs propositions,
qu'il serait absurde de regarder comme vérités
innées^ et que personne ne s'est encore avisé de
Caire passv pour telles.
De telles propositions ^ moins générales^ sont pbuôt i;(mnues que les maximes unù^ersdles qu*m T^ut fairç passer pour innées.
£t quim, ne «fise p$is que ces propositions particulières et évidentes par elles-mêmes, dont on reccHmak 4a «v^ité des qu'on les entend |nx>noocer., comme qu'an et deux sont égaux a Irms^ ipie ie tfeit n'est pas le fw^e^ etc., sont reçues comme des conséqueiiees de ces. autres propoatîonsplus générales qu'on regarde fsomme aittant de principes innés : car tous ceux qui prendront la peine de réfléchir sur ce qui se
46 DE l'eittendement UUMAIir.
passe dans l'entendement lorsqu'on commence à en faire quelque usage, trouveront infailliblement que ces propositions particiilières , ou ilioins générales, sont reconnues et reçues comme de^ vérités indubitables par des personnes qui il'Snt SQCune connaissance de ces maximes plus générales. D'où il s'ensuit évidemment que , puisque ces propositions particulières ae ren- Èohtréflt dams leur esprit plus tôt que ces maximes JjU'on noilime premiers principes, ils ne pdtirraiëjit recevoir ces propositions particulière^ icbtninë ils font, dès qu'ils les entendent prononcer pour la première fois, s'il était vrai que ce ne fussent que des conséquences de ces prepiiers principes. ,
Si l'on réplique que ces propositions ,- Deux et deux sont égaux à quatre , Le rouge n'est pâi ié btéu; etc., ne sont pas des maximes gétléraleSi et dout on puisse faire un fort grand uËage , Je t-éponds que cette instaiice ne touche en àUëUtie maniète l'argument qu'on veut tirer du coAS^entem^t universel qu'on donne à une tA?D[)Ositit>n , dès qu'on l'-enteUd dire et qu'on en comprend lesens-.- Car,si' ce 'consentement est une marque assurée d'une proposition inméej toute proposition' <]ui est généralement reçue