‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 27 sur 141 · LIVRE I, CHAPITR · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITR

a enseignées, qu'il ne faisait auparavant.. ,!D'où ^ il faudra conclure que nous pouvons conoailre ces principes d'une maniéré plus évidente , lorsr qu'ils nous sont exposés par d'autres* hdbÈunes, * que lorsque la nature seule. les a impripiés dans notr^ esprit : ce qui s'accorde, fort mal avec ce .. qu'on dit qu'il y a des principes innés, rien . n'étant plus, propre à en afFaU)lir l'autorité. Car, dès-là, ces principes deviennent incapables de servir de fondem.ent à toutes nos autres connaissances , quoi qu'en veuillent .dire les partisans des idées innées, qui leur attribuent CQtte prérogative. .. .

A la vérité , l'on ne peut nier que les hommes ne connaissent plusieiu*s de ces vérités, évidentes par elles-mêmes, dès qu'elles leur sont proposées : mais il n'est pas moins évident que tout h<Hnme à qui cela arrive, est convaincu en luimême que dans ce même temps-là il commence à connattre une {proposition qu'il ne connaissait pas auparavant , et qu'il ne révoque , plus . en doute dès ce moment Du reste , s'il acquiesce si prpmptement, ce n'est point à cause que cette proposition était grayée naturellement dans son esprit, mais parce que la considération même de la nature des choses exprimées par les paroles <{ue ces sortes de propositions renferment, ne lui permet pas d'en juger autrement , de quela 4

5o DE L'j|irT£Bri>£M£HT HUMAIN.

que manière et en quelque temps qu'il vienne à y réfléchir. Que si l'on doit regarder comme un principe inné chaque proposition à laquelle on donne son consentement dès qu'on l'entend prononcer pour la première fois, et qu'on en comprend les termes; toute observatioa qui, fondée légitimement sur des expériences particulières , fait une règle générale , devra aussi passer pour innée. Cependant il est certain que ces observations ne se présentent pas d'abord indifféremment à tous les hommes, mais seulement à ceux qui ont le * plus de pénétration ; lesquels les réduisent ensuite en propositions générales, nullement innées, ms^is déduites de quelque connaissance précédente, et de la réflexion qu'ils ont feite sur des exemples particuliers. Mais ces maximes une fois établies par de curieux observateurs, de la manière que je viens de dire, si on l%% propose à d'antres hommes qui ne sont point portés d'enx-mémes à cette espèce de recherche , ils ne peuvent refuser d'y donner aussitôt leur consentement.

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Si ton dit qu'elles sont connues împliciteYneni avant que d'être proposées, ou celm signiJU que V esprit est capable de les comprendre^ ou cela ne signifie rien.

L'on dira, peut-être, que V entendement ti avait pas une connaissance explicite dç ces principes, mais seulement implicite,- iwant qu'on les lui proposât pour la première /bis. C'est eu efifet ce que sont obligés de dire tous ceux qui soutiennent que ces principes sont dans^ l'entendement arant que d'être connus. Mais il n'est pas fadle de concevoir ce que ces. personnes en*tendent par un principe gravé dalis l'enteiid»ment d'une * manière implicite , k moins qu'ils ne veiiîUent dire par là , que l'âme est capable de comprendre ces sortes de. propositions et d'y donner un eiltier consentement £n ce cas*là, il faut reconnaître toutes les démonstrations mathématiques pour autant de vérités gravée»

natoreUement dans l'esprit, aussi -bien que- les premiers principes. Mais c'est à quoi, si jeiiie me trompe , ne c^seritiront pas aisément ceux ^ qui Voient par expérience qu'il es€ plus dtffîoite de démontrer une proposition . de cette nature*, l{oe d'y dmmer son consentement après qu^^^e

SVL DE l'entendement HUMAIN.

a été démontrée; et il se trouvera fort peu de mathématiciens qui soient disposés à croire que toutes les £gures qu'ils ont tracées , n'étaient que des^copies d'autant de caractères innés que la /nature avait gravés dans leur ame.

La conséquence qu'on veut tirer de ce qu'on reçoit ces propositions y dès qu'on les entend,

"" dire^ est fondée sur cette fausse suppositiqn: Qu'en apprenant ces propositions on n'mpprend rien de nouveau.

Il y a un second défaut , si je ne me trompe , dans cet argument, par lequel on prétend prou* "^ev que les maximes que lés hommes reçoivent dès quelles leur sont proposées , doivent passer pour innées , parce que ce sont des propositions auxquelles ils donnent leur consentement sans les avoir apprises . auparavant , et sans avoir été portés à les recevoir par la force d'aucune preuve, où démonstration précédente ^ mais par ItL simple explication ou intelligence des termes. Il' me semble, dis-je, que cet argument eist appuyé sur cette fausse supposition : Que ceux à qui on propose ces maximes , pour la première fois, n'apprennent rien qui leur soit entièrement nouveau; quoiqu'en effet on leur enseigne

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