‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 28 sur 141 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

des cBoses qu'ils ignoraient absolument , avant que de les avoir apprises. Car, premièrement^ il est visible qu'ils ont appris les termes dont on se sert pour exprimer ces propositions, et la signification de ces termes : deux choses qui n'étaient point nées avec eux. De plus, les idées que ces maximes renferment, ne naissent point avec eux, non plus que les termes qu'on em* ploie pour les exprimer ; mais ils les acquièrent dans la suite, après en avoir appris les noms. Puis donc que dans toutes les propositions auxquelles les hommes donnent leur consentement * dès qu'ils les entendent dire pour la première fois, il n'y a rien d'inné, ni les termes qui expriment ce» propositions, ni l'usage qu'on en fait pour désigner les idées que ces propositions renferment, ni, enfin, les idées mêmes que ces termes signifient,, je ne saurais voir ce qui reste d'inné dans ces sortes de propositicHis. Que si quelqu'un peut trouver une proposition . dont les termes ou les idées soient innées > il me ferait un singulier plaisir de me l'indiquer.

C'est par degrés que nous acquérons 4^ idées, quiB nous apprenons les termes dont on se sert pour: les exprimer, et que nous venons à connaître la véritable liaison qu'il y a erftre ces idées. Après quoi , nous n'entendons pas plutôt les propositions exprimées par les termes

54 ]>E l'eKTENDEMEITT HUHAIir,

dont nous avons appris la* signification , et daps lesquelles paraît la convenance ou la disconve^ nance cpi'tl y a entre nos idées lorsqu'elles sont jointes ensenybl^t^, que nou» y donnons notre consentement; quoique dans le même temps nous ne soyons point du tout capables de re« ceyoir d'autres prppoâtions , qui, aussi certaines et aussi évidentes en elles-mêmes que celles-là , sont composées d'idées qu'on n'acquiert pas de si bonne heure n^ avec tafit de facilité. Ainsi , quèècpiHjn exxbtnt commence bîeptot à donner son çoDsen/tement à cette proposition , Une pommC' n'est pas dufa^i savoir, diàs qu'il a acquit, par l'usage ordiiiaire , les idées de ces deux diffî^ rentes choses, gi^avées distinctement dans soii e^rit , et qu'il a appris les noms à^p pomme et àftjèuy qui servent à exprimer ces idées: cependant, ce même enfant ne donnera peut-être son consentement 'que quelques années après k cette snitfe proposition yll est impossible qu'une chose soit et ne s^ pas en même temps; parce que, bieq que les mots ^pn exjMriraent cette dernière proposition soient pfsut-être aussi faciles à apprendre -que >ceux de pomme et de /en, cependant , coixfflie la signification en est plus étendue çt ipius abstraite que pelle des noms destinés à ei^primer ces çihoses sensibles qu'un l^iii^llt a occasioti 4e -connaître , il n'apprend pas

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