LIVRE I, CHAPITRE I. 5S
sitôt le sens précis de c^s termes 'abstraits ; et il li^ faut effectivement pius de temps ppur former clairement dans son esprit les idées gé-^ nérales qui sont exprimées . par ces termes.
Jusque-là y c'est en vain que* vqus tacherez. d# faire recevoir à un enfant une proposition composée de ces sortes de tertnes généraux : car, avant 4}u'il ait acquis la connaissance d^ îéées , qui sont renfermées dans cette proposition, et qu il ait appris les noms qu'on donne à ces idées, il ignore absolument cette proposition, aussi-bien que cette autre, dont j^e viens de parler. Une pomme n'est pas du feu; supposé qu'il n'en * connaisse pas nt^n plUs les termes ni les idées. 11 ignore , dis-je , ces deux propositions également, et cela par la même raison, c'està-dire parce que pour porter un jugement il faut qu'il trouve que les idéçs qu'il a dans l'esprit conviennent ou ne conviennent pas 'entre elles , selon que les mots qui sont employés pour les ei^pripier^sont affirmés ou niés l'un de l'autre dans une certaine proposition. Or, si on lui doçne à considérer des propositions conçues en des termes qui exprimant des^ idé#s qui ne soient point encore dans son ^^prit , il ne donne ni ne refuse $on ccpisentement à ces sentes de propositions, soit qu'elles soient éfideisftnent vraies ou évidemment.fausses; mais il les i^ore
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éntièrenaent.' Car, comme lés* mots ne ^ont que de vains sons''pendtot-tout le temps qu'ils ne soat pas dés signes de nos idées, nous ne pouvons en faire le sujet de nos j>enséès , ' qu'en tant qu'ils répondent aux idées que nous avons dans l'esprit. Il suffit d'avoir dit cela en ps^ssant comme une raison qiii m^a porté à révoquer en doute les principes qu'on appelle innés : car^ ^u reste, je ferai yoir plus au long, dans le Livre suivant , quelle est l'c^igine de nos connaissances , par quelle voie notre esprit vient à connaître les choses , et quels sont les fondements des différents:- degrés d'assentiment que nous donnons aux diverses mérités que nous em^ brassons.^
Les propositions qu'on veut faire passer pour innées, ne le sont point , parce qu^elles ne sont pas universellement reçues.
Enfin, poiir conclure ce que j'ai à proposer contre l'argument qu'on tire du consentement universel , pour établir des principes- innés , je conviens «vec ceux qui s'en servent, que^si^ces principes sont innés , il faut nécessairement qu'ils soient reçus d'un consentement unis^ersel. Car, qu'une vérité soit innée , et que cependant on n'y donne pas son consentement, c'est pour