SUR LA QUATRIÈME ÉDITION
Kj^voiQVMy dans la première édition françaiae de oel; ou^r^e , M. Locke m'eût laissé une entière liberté d'employer les tom^s que je Jugerais le$ plus propres à exprimer ses pensées, et qu'il entendit assez bien le génie de la langue française pour sentir si mes expressions répondaient exactement à ses idées , j'ai trouvé , en lui reli« sant ma traduction imprimée, et après l'ayQÎf depuis examinée avec soin , qu'il y avait bien des endroits à réformer , tant à l'égard du style qu'à l'égard du sens. Je dois encore un bon nombre de corrections à la orittque pénétrante d'un dc^s plus solides écrivains de ce siècle , l'illus^tre Bar*^ beyrac , qui , ayant lu ma traductipjji ^ avant ' lûeme qu'il entendît l'anglais , y découvrit des Cautes ,. et xdè les indiqua avec cette aim|ble politesse qui és^ inséparable d'un esprit modeste at d'un cœur bien fait
En relisant l'ouvrage de M. Jx>cke , j'ai été fetppé d'un défftut que bien ,^es gens y ont ob*
xiv AVIS SUR LA IV^ ÉDITION.
Serve depuis long-temps ; ce sont les répétitions inutiles. M. Locke a pressenti l'objection; et* pour justifier les répétitions dont il a grossi son livre, il nous dit dans sa préface : Qu'une mime notion^ ayant différents rapports, peut être propre ou nécessaire à prouver ou eu éclaircir différentes parties d'un même discours ; et que y s'il a répété les mêmes arguments , ça été dans des vues différentes: L'excuse est bonne en général; mais il reste bien des répétitions qui ne semblent pas pouvoir être pleinement justifiées par là. . ^
Quelques personnes, d'un goût très-délicat, m'ont extrêmement sollicité à retrancher absolument ces sortes de répétitions, qui paraissent plus propres à fatiguer qu'à éclairer l'esprit du lecteur; mais je n'ai pas osé tenter l'aventure. Cai* , outre que l'ent/eprise me semblait trop pénible , j'ai considéré qu'au bout du compte la plupart des gens me blâmeraient d'avoir pris cette licence, par la raison qu'en retranchant ces répétitions, j'aurais fort bien pu laisser échapper quelque réflexion ou quelque raisonnement « de l'aut^br. Je ine suis donc entièrement borné à retoucher mon style , et à redresser tous les passages où j'ai cru n'avoir pas exprimé la pen* sée de l'auteur avec assez de précision. Ces corrections, avec des additions très-importantes,
AVIS SUR LA IV*.JÉDITIO.ir. XV
Élites par M. Locke , quHl me communiqua luimême , et qui n'ont été imprimées en anglais qu'après sa mort, ont mis cette édition fort audessus de la première, et par conséquent de la réimpression qui en a été faite en 17^3 , en quel que ville de Suisse , qu'on n'a pas voulu nommer dans le titre.
Voici maintenant une édition* qui sera beaucoup supérieure aux précédentes : car, quoique j'eusse redressé plusieurs endroits dans la seconde édition, j'ai encore trouvé dans la troisième quelques passages qui avaient besoin d'être ou plus vivement ou plus exactement exprimés ^ sans parler de quelques remarques assez importantes qui parmtront pour la première fois.
Pour rendre la seconde édition plus complète, j'avais d'abord résolu d'insérei* en leur place des extraits fidèles de tout ce que M. Locke avait publié dans ses réponses au docteur Stillingfleet , pour défendre son Essai contre les objections de ce prélat; mais, en parcourant ces objections, j'ai trouvé qu'elles ne contenaient rien de solide contre cet ouvrage, et que les réponses de M. Locke tendaient plutôt à confondre son antagoniste , qu'à éclaircir ou à confirmer la doctrine de son livre. J'excepte les objections du docteur Stillingfleet contre ce que M. Locke a dit dans soi) Essai ( liv. lY , ch. III, § 6 ) , qu'on
XYJ AVIS SUK LA I¥^ lÉDltlON.
nu sauraii être assuré que Dieu ne peui pmnt donner à certaiiis amas de matière , disposés comme il le trouve à propos, la puissance d'i^per^ ceu€nr et de penser. Comme c'est une question curjieuse, j'ai mis sous ce passage tout ce que M. Locke a imaginé sur ce ^jet dans sa réponse au docteur Stillingfieet. Pour cet efifet, j'ai transcrit une bonne partie de l'extrait de cette réponse, jbnpnmé dans les Noui>eUes de Ifsi RépU'blique des Lettres, en 1699, n^ois d'octobre, p^ 363 , etc. , et mots de novembre, p. 497 > ^^ ^ comme f avais composé moi-même cet extrait , j'y ai ohaagé,.carrigé, ajouté et retrandié plusieurs chopes, apras l'aycir comparé de nouv^eau avec les pièces bngînales d'où je l'avais tîré.
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