‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 31 sur 141 · LIVRE I, CHAPITRE I. Sg · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I. Sg

de graver dans leur aine? £sl-ii possible que recevant des notions qui leur viennjent de de* hcNTs , et j doni^Bt leur consentement^ ils n'aient aucune connaissance de celles qu'on suppose être nées avec eux et £sdre comme partie de leur esprit, où elles sont empreintes en caractères ineffaçables pour servir de fondement et de règle à toutes leurs connaissances acquises , et à tous les raisomiements qu'ils feront dans lai, suite de leur vie? Si cela ëtait, la nature se serait donné de la peine fort inutilement, ou du moins elle aurait mal gravé ces caractères , puisqu'Us ne sauraient être aperçus par des yeux qui voient fort bien d'autie^ choses. Ainsi, c'est fort mal à propos qu'on suppose que ces principes ^qu'on veut faire passer pour innéi^ , sont les rayons les plus lumineux de la véri};é et les

vrais fondements de toutes nos connaissances : puisqu'ils ne sont pas connus avant toute autre chose, et que l'o^i peut acquérir, sans leur se<r cours, une connaissance iudubltable de plusieurs autres vérités/ Un^ çnfant, par es^emple, connaît fort certainement que àa noturice n'est point le chat avec lequdi il "badine,^ ni le nègre dont il a peur. Il sait ibit bien que le semen«» contra ou la moutarde , ^nt, il refiise .de manger, n'est point la pomme ou te ^ncre qu'il

veut avoir : îl saît^ difrjey eela'Crès-çertaineineiit,

6o DE L'ENT£rrD£ME.NT JSUMAIN.

et en est fca^tement persuadé saxis en douter le moins du monde. Mais, qui oserait dire que c'est en vçrtu àe ce principe ^ est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps, qu'un enfant connaît si sûrement ces choses et toutes les autres qu'il sait?. Setrouveraîl-il riiêaie quelqu'un qui osât soutenir qu'un enfant ait aucune idée ou aucune connaissance de cette proposition, dans' un âge où% cependant, on voit évidemment qu'il connaît plusieurs autres vérités? Que s'il y a des gens qui osent assurer que les enfants ont des idées de ces maxiiâes générales et abstraites dans, le temps qu'ils commencent à connaîti^ leurs jouets et leurs poupées; on pourrait peut-être dire d'eux, sans leur faire grand tort, qu'à la vérité ils sont fort zélés pour leur sentiment , mais qu'ils ne le défendent point avec cette aimable sincérité qu'on découvre dans les enfants. .

Par conséquent elles ne sont point innées.

Donc,, quoiqu'il y ait plusieurs propositions générales qui sont toujoiirs reçues avec un entier consentement dàs qu'on les propose à des persoiyies qui sont parvenues à un âge raisonnable, et qui , étant* accoutiunéés à des idées

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