‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 37 sur 141 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

tons rinflu€nce que ces autres impressions naturelles ont actuellement sur notre volonté et sur nos désirs, je veux dire, V envie tTétre hèuveux y et la crmnte d'être misérables (i), qui agissent constamment en nous , qui sont les ressorts et les motifs de toutes .nos actions , auxquelles nous sentons qu'ils nous poussent incessamment avec force.

t Les règles de morale ont besoin d^étre prouvées : donc elles ne sont point innées.

Une autre raison qui me fait douter qu'il y ait aucun pnpcipe de pratique inné, c'est qti^on ne saurait proposer ^ à ce que je crois , aucune

(ri) « Jj^L félicité n'est autre, chose ' qu'une joie durable. « Cependant notre penchant va non pas proprement à la « félicité , mais à la joie , c^est-à^ire au présent ; c'est la « raison qui porte à Taveyir et à la durée. Or, le pen- <T chant, exprimé par Tentendement , passe en précepte et « en vérité de pratique : et si, le penchant est inné , la vérité

« l'est aussi Les instincts aussi ne sont pas toujours de

« pratique; il y en a qui contiennent des vérités de théorie, « et tels sont les principes internes des sciences et du rait sonnement , lorsque , ^ans en connaître la raison , nous les

« employons par un instinct naturel et si quelqu'un

« veut ne donner le nom èi innées qu'aux vérités qu'on reçoit « d'abord par instinct ,/ je ne le lui contesterai pas. »

j6 et ;L'EW.TE]fdpEMENT HUMAIN.

réglé' de morale dont ofi ne pume demander la raison avec justice. Ce qui sellait tbut-à«*fait ridi- . ^

cufe et absurde, s'il y en avait quelques -unes

({lu fussent innées, ou même évidentes par elles-

mêmes- : c^r tout principe inné doit être si évident par lui-même , qu'on n'^it besoin'id'aucane preuve pour en voir la ^rité , ni d'aucune^ raison ^i;K)ur le recevoir avec qn entier consen- ' tement. En effet, on croirait dépourvus de sefli3* coiûmutir ceux qui demànd^aient ou essaieraient ,de rendre raison pourquoi .j7 est impossible ^ quune cfiose soit et ne soit pas en mêm^J^emps. Cette proposition porte avec elle son évidence, et n'a nul besoin de preuve; de «orte que celui qui entend les termes qui serventïà l'exprimer,, on la ^reçoit .d'abord en vertu de la lumière qu'elle a par. elle-même , ou rien ne sera jamais capable de la lui faire Recevoir. Mais, si Ton proposait cette règle de morale, qui est la source et le fondement inébranlable de toutes les vertus socialjçs : Ne fuites à autrui que ce que vous voudriez qui vous JUt fait à vôtis-rhême; si, dis-je, on proposait cette règle à un^ personne qui n'ea aurait jamais oui parler auparavant, mais qui. serait poilrtànt capable d'en Comprendre le àerts , ne pourrait-elle pas sans absurdité, en demander la raison? £t celui qui la proposerait , ne s^aiit-il pas obligé tf en ftâre voir la? vérké ? H smt clai-

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