‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 38 sur 141 · LIVRE I, GHAPITRB tl. JJ · texte numérisé non relu

LIVRE I, GHAPITRB tl. JJ

rement de là que cette loi n'est pas née avec nous^i •puisque , si cela ét^it , eHe n'aurait aucun besoin, d'être prouvée , et ne pourrait être mise dans un plus grand jour, mais devrait être reçue comme une vérité incontestable qu'pn ne saurait révoque! en doute, dès -lors, au moins, qu'on l'entendrait prononce^jet qu'on en comprendrait le sens. D'où il paraît évidemment que la vérité des règles de morale dépend de quelque autre vérité antérieure , d'où elleiS doivent être déduites par voie de raisonuenient , ce qui ne pourrait être si ces règles étaient innées, ou même évidentes par elles-mêmes (la).

(12) (c II y a des règles de«J$ôrale qoi ne sont point des « principes innés; mais cela n'empêche pas que ce i^ soient « des vérités innées , car une vérité dérivative sera iftiée , «lorsque noUS^la pouvons tirer de notre esprit; Mais il <t y a 4^ vérités innées que nous trouvons, en nous de « deux manières : par lumière et par instinct. Cell^ que « je viens de marquer se démontrent par nos idées , ce qui « fait la lumière naturelle ; mais il y a des. conclusions de « la Utmière naturelle, qui sont des principes par rapport « 4titi8|jiftct. C'est ainsi .que iî<5crs sommes portés aux actes n d'humanité par «instinct , parce que cela nous plaît , et « par raison , parce que cela est juste. Il y a donc en nous « des véritéi d'instinct, qui sont des principes innés qu'on « sent et qu'on approuve , quand même on n'en a point la « preuve, qu'on obtient pourtant lorsqu'on rend, raison de « cet -instinct. C'est ainsi qu'on se sert des lois des consé- ♦< quences suivant une conséquence confuse et comme par

78 DE l'entendement HUMAIN.

Exemple tiré des raisons pourquoi il faut ob^

server les contrats.

L'observation des contrats et des traités est sans contredit un des plus grands et des plus incontestables devoirs de la morale. Mais , si vous demandez à un chrétien , qui croit ..des récompenses et des peines après cette vie, pourquoi un homme doit tenir sa parole, il en rendra cette raison : C'est que Dieu , qui est l'arbitre du bonheur et du malheur éternel , nous le commande. Un disciple d^Hobbes^ à qui vous ferez la même demande, vous dira. Que le public le veut ainsi, et que Leviathan vous punira si vous faites Je contraire. Enfin , un philosophe païen aurait répondu à cette question , Que .de violer sa promesse , c'était faire une chose déshonnéte , indigne de l'excellence de l'homme et contraire à la vertu , qui élève la nature humaine au plus

c( instinct; mais les logiciens en démontrent la raison

» Quant à la règle qu'o/i ne doit faire aux autres que ce « quon voudrait qviiU nous fissent, elle a besoin non-seu- « lement de preuve , .mais encore de déclaration Son vert ritable sens est que la place d'autrui est le véritable point « de vue , pour juger équitablement , lorsqu'on s*y met, -^

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