‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 5 sur 141 · DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

DE L'AUTEUR

Voici, cher lecteur, ce qui a iaît le divertissement de quelques heures de loisir que je n'étais pas d'humeur à employer à autre chose. Si cet ouvrage a lé bonheur d'occuper, de la même manière, quelque petite partie d'un temps où vous serez bien ■ aise de vous relàcJher de vos affres plus importantes, et que TOUS preniez seulement la moitié tant de plaisir à le lire que j'en ai eu à le composer, vous n'aurez pas, Je crois, plus de r^ret à votre argent que j'en ai eu à ma peine. N'allez pas prendre ceci pour un éloge de mon hvre, ni Vous figurer que, puisque j'ai pris du plaisir à le £ùre, je l'admire à préseiit qu'il est fait. Tous auriez tort de m'attribuer une telle pensée. Quoique celui qui chasse aux alouettes ou aux moineaux, n'en puisse pas retirer un grand profit, il ne se divertît pas moins que celui qiiï court un cerf ou un sanglier. D'ailleurs, il faut avoi? fort peu de connaiasaDce dit sujet de ce livre, je veux dire l'ENTSNnE- HERT, pour ne pas savoiF que, comme c'est la plus sublime faculté de l'ame, il n'y en a point aussi dont l'exertnce soit accompagné d'une plus grande et d'un* I b

XViij ïRiFACE •

plus constante satisfaction. Les recherches où l'Entendement s'engage pour trouver la vérité, sont une espèce de chasse, où* la ]io|irsttitô même fait une grande partie du plaisir. *

Chaque pas que J'e^ppt ^ajt d^ns la connaissance, est une espèce de'âécôiiveftélijui est non-seulement nouvelle , mais aussi la plus parfaite , du moins pour le présent. Car Tentendêment, semblable à l'œil, ne jugeant des objets que par sa propre vue , ne peut que pirendfe^plai^.^fu^çdé&quvertjes qu'il fait,*,^ moiii^ v^- ^uie^ pour <:e ,qui,li^i .est, échappé^ pai^ce qu'il i^oi;^ <[je que c*est. Ainai^ quiconque ^ ajant form^ le gén^ ijçijix des'^eln de pe.pas vivre d'auinOAÇn je veux dire 4^ A€».p^$ »e .n^epps^ noi;içhalam»m;Ç|rit sur des. ^t nions, ei^prun.tées au hasard , met ses. propres pensées en œuvre pour'tro^yçi: çt embrasser la ^vérité, goûtera du contentemçnt dans.cçtte chasse, quoi que ce soit qu'il rencontre, Chaqiv^ mo^icnt qu,'il emploie à Cfitte recherclie, Je récompensera, (Je ^ peine, par quelque plaisir j et.il ^iira §ujet; de. crpii;ç çon teijips b.ien employé, , quand même il n<^ ppurra^t p^s se glorifier d^'ayoir fait ^e; grandes c^quisitions.

Tel est J'amusfmeixt de çe\xx qui. l^issept; «rrer libijement leurs pensées, et quji s'y abapdpnnent.Cîn écrivant : c'est un plaisir que vqu^ ne 4^ye^ pas leur euviçiy puisqu'ils vous fournissent l'occftsioi;i d'en goûter ifi) seiTiblable, si.,jeh Usant leurs çrp^HfHioiîa^ ypus, yojxr lez, au^si faire nsage de yoç^ propres pcjusées. C'est à celles-ci que j'en a^pçjl;e',j;si çlj^ y^eunçut 4,^. YiQjtçç

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DE l'adtedr. xix •

hommes, elles ne méritent pas d'entrer en li^e de compte, puisque ee n*est pas la yérité, mais quelque coiiMdération moins estimable à qtioi elles s'attachent. Et qiftimpcMte de saroir ee que dit ou pense ub homme qui ne dit ou ne pense que ce qu'un autre lui suggère? Si yous.jugei& par You»-méme^ je suis assuré que vous jngereZ' avèe candeur; et, en ce càs-*Ià, quelque censure queyious fas^ez de mon ouvrage^ je n'en serai nxillemoit choqué. Car, encore qu'il aoit certain qu'il.. n'j a dans ce traité aucune chose de la .Vérîté de laquelle je ne sois pleinement persuadé, cepe»^ ^ dant je me regarde comme aussi si^fc à 'erreur que tous; et je sais que mon liTre doit.se. sauteniri ou .. tomber, en conséquence .de l'ôpîdaion , que. 'Vous en aurex, non de celle que j'en ai c<M[lÇ1iieJnoi«!ménÉe•^Sî TOBâi y trouTez peu de choses noûyelles ou înslTùctiTes à TDtre égard, TOUS ne deTéz jpasTous en.pr6ndreâ moi. Cet ouvrage n'a pas été icomposêpour ceuxiquî sont maîtres sut* le sujet qu'on y traite, et qiii connaissent à fond leur propre enténdeiheiity nkais pour, ma propre instruction , et pour conteftter quelques, amis, qui confessaient qu'ils^ n'étaient pas entrés assez ayant dans r.eKamen<de •ceft important, sujet. S'il était à propos de faire ici l'histoire*, de cet Essai , je tous' dirais que cinq ou six'de>nies .ainisi, s!étant as* semblés ^ch€z.riioiv'et venant à disooiiirirsurun âlujet f3rt difierentdeeelm-iciyse trouvèrent bientôfl'.arrêtés parles difiBcilltés qui s'élevèrent de difftiients côtés; Après nous être » fatigués ' qîuelque temps y sans nous troiiTer plus ^w létat dé. résoudre les afetites qui iiQUS

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