‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 41 sur 141 · LIVRE I, CHAPITBE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITBE II

persoij««» font par principe de conscience ce que d'autres- évitçsijt par le même i»otif,

Exemples de plusieurs actioAs énormes, commises sans aucun rerhords de conscience.

PVHeurs , si ces règles de morale étaient innées et empreintes naturellement ; dans ïmut des hommes, je ne saurais comprendre comment i^s pourraient venir à les violer tranqwitlennent^ ^ avec une entière cpçBance. Consid^ rez une ville prise d'assaut, e* yoye?5.;?'il ;pa;«ît dans le cœur des soldats, ^més aji carnage. et »" .^»«?<W » quelque égard pourJa yertu, quelquii principe 4e morale, et quelque rei^ords d»

conscience pour toutes 4es injustices qu'ils poramettent. Rien mpips que cela. Le brigaudage, la violence et le meurtre ne sont que des jeu» pour deç gens ipis en lib^té de cwimejttr*. ces crimes s^ns en être ni <;^p«uré§ ni pimiç. Et en ^et , p'y a-t-jï pa? eu des nations entières /et même des plus polies {a), qui ont cru qu'il leur était aussi bien" permis d'exposer le,ui;s enfants pour les laisser mourir de faii», ou, dévorer par les bêtes farouçbes,,qi,e 4e les fl^çj^^e 3U

(«) Les Grecs et les .Rpmajns.

84 I>E L'EHTElfDEMEjyT HUMAIN.

monde ? Il y a encore aujourd'hui des* pays où Ton ensevelit les enfants tout vi£$ avec leurs mères, s'il arrive qu'elles meurent dans leurs couches; ou bien on les tue, si un astrologue assure qu'ils soutanes sous une mauvaise étoile. Dans d'autres lieux, un enfant tue ou expose son père et sa mère , sans aucun remoi;ds , lorsqu'ils sont parvenus à un certain âge. Dans un endroit de l'Asie (a) , dès qu'on désespère de la santé d'un malade, on le met dans une fosse creusée en terre; et là, exposé au vent et à toutes les injures de l'air, on le laisse périr impitoyablement^ sans lui donner aucun secours.

C'est xme chose ordinaire (b) parmi les Mingreiiens , qui font "profession du christianisme , d^ensevelir leurs enfants tout vifs sans aucun scrupule. Ailleurs, les pères (c) mangent leurs propres enfants. Les Caribes {d) ont accoutumé de les châtrer pour les engraisser et les manger. Et ftarcillasso de la Vega rapporte (e) que certains peuples du Pé!rou avaient accoutumé de garder les femmes qu'ils prenaient prisonnières ,

[a) Gruher apud Thevehot , part. IV, .pag. i3.

{b) Lambert apud Thevenot, pag. 38.

(c) Vossius. De NiB origine, ch. i8, 19.

{d) p. Mart. Dec. I.

[e) Hist. des Incas, liv. i, chap. m.

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