‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 44 sur 141 · II · texte numérisé non relu

II

Des nations entières rejettent plusieurs règles

de TTf orale..

On objectera peut -être ici qu'il ne s'^isuit pas qu'une règle soit inconnue, de ce qu'elle est violée. L'objection est bonne lorsque ceux qui n'observent £as la règle ùe laissent pas de la recevoir en qualité de loi; lors, dis-je, qu'on la regarde avec quelque respect par la crainte qu'on a d'être déshonoré, censuré, ou châtié, si l'on vient à la négliger. Mais il est impossible de concevoir qu'une nation entière rejetât publiquement ce que chacun de ceux qui la composent connaîtrait certainement et infaillible* ment être une véritable loi; car telle est la connaissance que tous les hommes doivent nécessairement avoir des lois dont noîls parlons , s'il est vrai qu'elles soient naturellement empreintes dans leur aine. On conçoit bien que des gens'peuveQt reconnaître quelquefois certaines règles de morale jeomme véritables , qj^oique dans le fond de leur ame ils les croient fausses : il se peut, dis -je, que quelques per- .sonnes en usent ainsi en certaines rencontres ,.

go DE L'El^ïENBEMEfiTT HUMAIN.

(km kl' seule vue de coYiset^Vei* letir répHfaffkm, et de s'attirer Festime de cèxïs. qui croient? ces règles d'une obligation indîspensabl)e. Mais, qu'une société entière di'hemnies rejette et viole, publiquement et d'un commuoi accord , yaae règle qu'ils regardent chacun en particulier comme une loi de la vërité et de la justice de laquelle ils sont i^arfttiteikient conif^aincas^ et dont ils sont persuadés que tons ceux à qui- ils ont âtfjôre portent le même jugement, c^esC une chose qui passe Pimagii^alion (14): Et ei^ eflfeu, c^isiqpâe ttiembre do icéttë socîéfé;, qui viendrait à âiéprkiet' ube tètte loi , devinait cMîndPe déde^ sai^emeM de Vattil^er, d^ Iff part de toil9 le» autres, le mëpi*îs et Thidrreur que mérileiit ceM qiA font pt^fessibt^ d'avoii* dépouillé Thumafiiré ; car une pér^on^e qui conuditràît les bornes na^ tttrelles du juste et de rkijusie, et cpA n6 hifh serait pas de les cofifoéilre ensemble , ne pour*

rait étlpe regardé que comme ^ennemi ctéelttré

(14) « il ttiive téus les jours qae ies< honnvs agbsiaiit « contre bçurs connaissanoes , en se les cachant à eux-mêmes « lorsqu'ils tournent l'esprit ailleurs pour suivre leurs pas- « sions.... L'avenir' et le raisonnement frappentt rai^ement <x a^lfint <iiie le lyrêsenc et IsS' sens. Cet italien^* le sirvail « bien, qui, devant être mî^àla tortura, se propo^* d'a^Foir « continuellement le gibet en vue , pendant les tourments > « pour y résister; et on l'entendit dire quelquefois, lo û * vedo; ce qu'il expliqua «nsuite quand il fut' échappa. »

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