LIVRE I, CHlPITBE II. git
du repos et an bonheur de la dociété dont il fait partie." Or, tout pi^incipe de pratique qu'on suppose inné, ne peut qu'être coniiti de cha^cun comme juste et avantageux. C'est doncf une vé^ ritûble contradiction, ou peu s'en £aiut, que de supposer que des nations entières puissent s'ac* coi^der -à d^étrientir îaM par Ifeu^s discours que par leur pratiqua, d'un consenterti^ttt unai^iime et uhiYéréel, une chose de fe Vérité j de la justice et de la bonté de laquelle chaCUïi d'^ux serait convaincu aVec une évidence toot-à-foit irréfragable. Cela Suffit pour feirè voir que tiulle ^ègfté de pratiqeie qui est violée^ universeHenient et avec l^approbâtion publique, dkns un ceï'taîii endroit du monde , ne ])eut passer pour innée. Mais j'ai quelqu Auti;'e chose à répondre à Tobjectîon que je viens de proposer.
II ne s'ensuit pas , dît-on , qû'^tfne loi soit inconnue, de fce qu'elle est violée. Soit : j*en tombe d'accord. Mais , je soutiens qu'une permission publique de la violer , prouve qUe cette l&i n'est pas innée (i5). Prenons par exempte ou quel-
(iS) « Cette -vk>lati<Mk supposée, ils'ensui.t seulement €fti^Ofn «r n^a pas bien lu t;es caractères êe^ la nature, gravés dfln» « nos âmes 9 mais qijtèlquefols assez enVeloppés par n«s
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ques-unes de ces règles, que mqins de gens ont • eu l'audace de nier, ou l'iizipnidentfe de révoquer en dotrte, comioe étant des conséquences qui se présentent le plus aisément à la. raison hun^iaine , et qui sont les plus conformes à l'inclination naturelle de la plus grande partie des hommes. S'il y a quelque règle qu'on puisBe regarder comme innée ^ il n'y, en a point, ce me semble , à qui c^ privilège doive mieux convenir qu'à celle-ci : Pères et mères y aimez et conservez vos enfants. Si l'on dit que cette règle est innée', on doit entendre par là l'une de ces deux choses : on que c'est un principe constamment observé de tous les homnHes; ou du moins.
ff désordres : outre que pour voir la nécessité des deyoûs « d'une manière invincible, il en faut envisager la démon- « stradon; ce ,qui n'est pas fort ordinaire. Si la géométrie « s'opposait autant à nos intérêts et à nos passions que la ff morale, nous ne la contesterions et ne la violerions guère « moins , malgré toutes les démonstrations d'Euclide et « d'Archimède , qu'on traiterait de rêveries , et qu'an trouce verait pleines de paralogismes. Et Joseph Scaliger, Hobbes ff et autres , qui ont écrit contre Euclide et Archimède , ne « se trouveraient «point si peu accompagnés qu'ils le sont. « Ce n'était que la passion de la gloire que; ces auteurs « croyaient* trouver dans la quadrature du cercle, et autres « problèmes difficiles , qui a aveuglé jusqu'à un tel point des *« personnes d'un si grand mérite. Et si d'autres avaient le a même intérêt, ils en useraient de même. »
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que c'est une vérité gravée dans rame de tous les hommes y qui leur est y par conséquent ^ connue à tous, et qu'ils reçoivent tous d^un comr mun consentement. Or, cette règle n'est irmée en aucun dé ces deuK sens. Car, premièrement, ce n'est pas uu principe que tous les hommes prennent pour règle cU leurs actions , comme il parait 'par les exemples que nous venons de citer. Et sans aller chercher en Mingreke et dans le Pérou .des preuves du peu de soin que des peuples entiers ont de leurs enfants, jusqu'à les faire mourir dé leurs propres mains ; sans recdurif à la cruauté de quelques nations bar* bares , qui surpasse celle des bétes mêmes ; qui ne sait que c'était linecoutqme. ordinaire et autorisée parmi les Grées et les Romains , d'exposer impitoyableiiient et sans aucun remords de conscience leurs propres enfants , lorsqu'ils ne voulaient pas les élever ? Il est faux , en second lieu , que te soit une vérité innée et connue de tous \ê& hommes : car, tant s'en faut qu'on puisse *^régarder corpme une vérité irmée ces paroles ,. Pères et mères , ayez soin de conserver vos enfants y qu'on ne pentpas même leur donner le nom de vérité ; car , c'est un commandement et non pas nne proposition , et jpar conséquent, on ne peut pas dire qu'il emporte vérité ou fausseté. Poi^r &ire qu'il . puisse étr«
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^4 ^^ l'est 7£I^PIb^£Njr ^UMAIIC.
ir^rdé commit w^i, il faut lé.ré4uire,à iijtie ptioposiêion C€)inme ^elle-ci : \C!£$t le devoir des pères et mères de conserver iei^rs enfa^fs. I^ai^ , ♦otti 4e/^ir einppite rViée- de &>/ ; .et u^e Joi jae saiHrait /être cono^u^ ou supposée $a||s un législateur <|ui Tait tpceaciiite^ iQu san§ ^récQQipçi;i$e et fians peine ; de soiAe (u'on ue peut supppser «{ne cette ro^, ou quelque Autre règle, ^ie pratique que ce soit, puisse ét{^f2??^eé^,c!e^t•à-4^e ioiprimée dans Y^m^ 3QUS l'^e d'un devoir^ sans fidjtpposerque l^S jldéfs i'up pieu^^'u^e^oi, d'âiue ?vÂe à. venir, et dQ {Oe qM'opt oPi^P^^ ^^^'^ gvKÊQQii et p^me^ soient 4us^. «w^e^ ayep ^stc^is. Gary fiarmi les Rations dout J^\\& :y,enons de parler, il n'y a point d^ p^P^ .à:icrjsiipdre dans cette vie pour, oeikx qui' yioleiit (Çette règle ; et par conséquent, cjle :ne ^aiir^ avair force de loi. dans les^pajrs où l'usage 9 géneiraleinent établi, y ^st>d^rectemenlcç>i)trairre. Or, ces idées, qui doiveat toutes véti^. i^eessî^iice^^ent.^W/ae^^^ fs'^l y a.'*quelque :€ko3e jrîVwîé.ie^ qualité cje.ffewir, sofit si iéloignées idiéftre grliy^es natit^^ellen^ent dons llesprit dç tpus le3 boç^^nes, quelles ne puraigsent pa» méme^iA. claJire^'et fort distincte^ ^Qs l'esprât <le ipiusi^iira persq^nes d'étude ^t cpfli ifoi^t «p»€^essitai jcliexaxDÎu^r les chqses avec quelque eocaptirude, .t^nt 's'qn^f^qt qu'elles soiç^^ connues '4é Ui^ute fiiiéa|ur^ hum^e. Et piUii^i