LIVRE I, CpAPITRB II. gg
posées, se trompent également, je veux dire ceux qui posent une loi irmée y eX^c^nx qui nient qu'il y ait aucune loi qui puisse être connue par la lumière de la nature , c'estrà-dire sans le secours d'une révélation positive.
Ceux qui soutiennent quiljr à des principes de pratique innés,* ne nous disent pas quels sont ces principes.
Il est si évident que les hommes ne s'accordent point sur les principes de pratique, qqe je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'en dire davaur tagie pour faire voir qu'il n'est pas possible de prouver , par le consentement général , qu'il n'y ait aucune règle de morale , innée : et cela suffit pour £ûre soupçonner que la supposition de ces sortes de principes n'est qu'une opinion inventée à plaisir, puisque ceux qui parient de ces principes avec tant de confiance , sont si réservés à nous les marquer en détail. C'est pourtant ce qu'on aurait droit d'attendre de ceux qui Mht tant da fojad sur cette opinion. Leur rofus nous donne sujet de nous défier de leiu?s lumières om de leiHT chavité ; puisque , soutenant que Dieu • a imprimé dans l'ame des hommes les fondement^ de leurs connaissances et les règles nécessaires
lOO DE L ENTENDEMENT HUMAIN.
à la conduite de leur vie, ils sHntéressent si peu pour .rinstruction de leur prochain , et pour le repos du genre humain si fatalement divisé sur ce sujet, qu'ils négligent de leur montrer quels sont ces principes de spéculation et de pratique. Mais à dire le vrai , s'il y avait de tels principes , il ne serait pas nécessaire de les indiquer à personne. Car si les hommes les trouvaient gravés dans leur ame, ils pourraient aisément les distinguer des autres vérités qu'ils viendraient à apprendre dans la suite, et à déduire de ces premières connaissances ; et il n'y aurait rien de plus aisé que de savoir ce que c'est que ces principes , et combien il y en a. Nous serions aussi assurés de leur nombre que nous le sommes du nombre de nos doigts ; et en ce cas-là , l'on ne manquerait pas apparemment de les étaler un à un dans tous les systèmes. Mais comme personne, que je sache, n'a encore osé nous donner un catalogue exact de ces principes qu'on suppose innés, on ne saurait blàmerceux qui doutent de la vérité de cette supposition; puisque ceux-là nAne qui veulent imposer aux aulres la nécessité de croire qu'il y a des propositions innées ^ ne nous*disent point quelles sont ces propositions. Il est aisé de prévoir que si différentes personnes, attachées à différentes sectes, entreprenaient dé nous donner une liste des prin-