LIVRE I, CHAPITRE II. Il
des gens. Ce qui se réduit à dire que tous les bcHDmes reçoivent ces principes; mais que cependant plusieurs personnes les rejettent et refii* sent d'y donner leiu* consentement. Et dans le Ibnd, la supposition de ces sortes de premiers principes , ne saurait nous être d'un grand usage ; car , que ces principes soient innés ou non , nous serons dans un égal embarras , s'ils peuvent étrq altérés ou entièrement effacés de notre esprit par quelque moyen humain , comme par la volonté de nos maîtres et par les sentiments de nos amis; et tout l'étalage qu'on nous fait de ces premiers principes et de cette lumière innée, n'empêchera pas que nous ne nous trouvions dans des ténèbres aussi ép^ses; et dans une aussi grande incertitude que s'il n'y avait point de semblable lumière. Il vaut autant n'avoir aur cunç règle que d'en avoir une fausse par qael*que endroit', ou de ne pas co^naîtrjç, parmi plusieurs règles différentes et conttaiirçs les unes aus: autres, quelle est celle qui est droite. Mais je voudrais bien que les partisans des idées innées me dissent si ces principes peuvent ou ne peuvent pas être effacés par rédùcation et par la coutume. S^ils nt peuvent Fétre, nous devons les trouver dans tous tes hompies ; et il faut qu'ils paraissent clairement dans l'esprit de chaque faonme en particulier. Et s'ils peuyeiït être aja 8
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Il4 DK l'entendement HUMAIN.
térés par des notions étrangères, ils doivent paraître plus distinctement . et avec plus d'éclat lorsqu'ils sont plus près de leur source , je yetix dire dans les enfants et les- ignorants, sur qui les opinions étrangères ont fait le moins d'impression. Qu'ils prennent tel parti qu'ils voudront, ils verront clairement qu'il est démenti par des faits constants, et par une continuelle expérience. . •
On reçoit dans le monde des Principes qui se détruisent les uns les autres.
J'avouerai sans peine, que des personnes de différents pays, d'un tempérament différent, et qui n'ont pas été élevées de la même manière, ^'accordent à recevoir un fort grand nombre d'opinions, comme premiers principes., comme principes irréfragables, parmi lesquelles il y en a {>lusieurs qui ne sauraient être véritables , tant il cause de; leur r absurdité , que parce qu'elles sont directem^it contraires les unes aux autres. Mais, quelque opposées ^qu'elles soient à la raison , ell^s nç laissent, pas d'être reçues dans quelque endroit du monde, avec. un. si grand respect, ^u'il se trouve des gens de. bon sens , en toute autre chose , cjui aimf^i'jaient mieux perdre la vie ~et tout ce qu'ils ont.de plus cher, que de les ré-