LIVRE I, CHAPITRE II.' Il
voquer en doute, ou de permettre à d'autres de les contester.
Par quels degrés les hommes viennent communément à recei^oir certaines choses pour Principes,
Quelque étrange que cela paraisse, c'est ce que Texpérience confirme tous les jours; et Ton n*en sera pas si fort surpris, si Ton considère par quels degrés il peut arriver que des doctnnes qui n'ont pas de meilleures sources que la superstition d'une nourrice ou l'autorité d'une vieille femme, deviennent, avec le temps, et par le consentement des voisins, autant de principes de religion et de morale. Cai^ ceux qui ont soin de donner, comme ils parlent, de bons principes à leurs enfants ( et ii j en a peu qui n'aient fait provision pour euxmêmes de ces sortes de principes , qu'ils regardent comme autant d'articles de foi ) , leur inspirent les sentiments qu'ils veulent leur faire retenir et professer durant tout le cours de leur vie; et les esprits, des enfants, étant alors sans connaissance et indifférents à toute sorte d'opi* nions , reçoivent les impressions qu'on leur veut donner : car du papier blanc reçoit toutes sortes de caractères. Étant ainsi imbus de ces doçr
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ii6 DE l'eittendement humain.
trines , dès , qu'ils commencent à entendre ce qu on leur dit , ils y sont confirmés , dans la suite , à mesure qu'ils avancent en âge , soit par la profession ouverte ou le consentement tacite de ceux parmi lesquels ils vivent, soit par l'autorité de ceux dont la sagesse, la science et la piété leur sont en singulière recommandation, et qui ne permettent pas qu'on psorlç jaxpais de ce& doctrines, que comme des vrais Sonde* ments ie là religion et des bannes mœurs. Et voilà CQinmeiit ces sortes de principes passent «nfin pour des vérités incontestables , érâlentesi, et néeb avec nous«
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 quoi oLious pouvons ajouter <pi0jceux qui oott été insliruits de cette manière, venant k rëflé^ chir sur jeun^mémes , lorsqu'ils aont parvenus à l'âge de r^som^ét ne trouvant wiéa dans leur es-^ prit de plus* vieux qœ ces opinîmis , qui letir oiit été enseignées avant que leur n^moire -tint, pour ainsi dire , registre de leurs actioïis , et marquât la date ^du tesops auquel qudque èkosé de nouveau commençait à se montrer à eux ,. ils s'imaginent qwe ces pensées ^ dont ils né peuvent découvrit en eux la première sourcé^^ sont Osmè^ renient des ^ttTipressicms de Dieu ôi' de ia nature y et non descheses que les aù^es hcfnwies^ leur