LIVRE i, CHAPITRE III. îS
désigner; ou qu'il n'y a point d'espèces différentes et distinctes d'anges ou d'être^ intelligents au-dessus de .nous, par la raison que nous n'a«- Yons point d'idée de ces espèces distinctes, ni liUcuns noms pour en parle^ . Comme c'est par le langage ordinaire de chaque pays que les hommes viennent à faire provision dé mots , ils ne peuveiM: guère éviter d'avoir quelqqe espèce d'idée des choses dont ceux avec qui ils conversent ont souvent occasion de les entretenir sous certains noms : et si c'est une chose qui emporte avec elle l'idée d'excellence, de grandeur , ou de quelque qualité extraordinaire , qui intéi^sse par quelque endroit , et qui s'imprime dans l'esprit sous .l'idée d'une . puissante absolue et irfési^ible qu'on n% puisse s'exnpécher de craindre , UKie telle idée doit , suivant toutes les apparences , faire de plus fortes impressions çt se répandre plus loin qu'aucune autre , sur-tout si, c'est uxijd idée qui s'accorde aivec les plus simples lumières de. la rtaison, ^t qui découle natureHement de chaque partie de nps connaissaûce$. Or , telle est l'idée de Dieu ; car les marques écklafites d'une sagesse et cl'ime puis* sance extraordinaires paraissent si visiblement dans tous les ouvrages de la création , c[ue toute créature raisonnable qui voudra y faire une sérieuse réflexito ^ ne saurait manquer d^d.écoa-
i38 DE l'entendement humain.
vrir Fauteur de toutes • ces merveilles ; et l'impression que là découverte d'un tel Être doit faire nécessaii^meiit sur l'âme do tous ceux qui en ont entendu parler une seule fois, est si grande , et entraîne avec elle une suite de peijb^ sées d'un si grand poids , et si propres à se répai^dre dans le monde, qu'il me parait tout-àfait étraog-e qu'il puisse se trouver sur la terre une nation entière d'ho(mmes assez stupides poiir . n'avoir aucune- idée de Dieu: cela, dis-je , me semUe aussi surprenant que d'iniaginer des hommes qui^n'auraient aucune idée des nombres ou du feu (ai).
.(2i)'.« Rien de plus beau et de plus à mon gré que^cette «~ suite dé pensées ; je dirai seulemeilt ici que rauteor^ eh* « parlant des plus simples lumières de la ration , qui «'ac- << cordept avec Tidée de .Dieu, et de ce qui'dn découle na^ « turellement, ne paraît gu^re s'éloigner de mon 'sens sur* « les vérités innées. Sûr ce qu'il lui paraît aussi étrange qu'il ♦ «t y ait des homttie^ ^ns attcune idée de Dieu^'qu'il^sei^ait <<> surpretiaiit d^^ trouver des ;honunes qui n'auraient atfcùne « idée des nombre et du feu 5 je remarquerai que les hacc bitants désoles Mariànes, auxquelles on a donné le nom « de la reine d'Espagne qui y a favorisé les missions ,*ti'a-. « vai^t aiicunc connaissance do. feu, iotsqu*4^n les dëtxitivric, ^ <( cpmiQe il paraît par la relation que le R. P* Gobiçoi, j^n « suite français , chargé des missions étrangères ^ a donnée . « au public, et m'^ envoyée. » ' ^•-
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