LIVRE I, CHAPITRE III
Le nom de Dieu àyaift été une fois employé en quelque endroit du monde pour^signifier un Etre suprême , tout puissant, tout sage et invisible , la conformité qu'une telle.idée a avec les
principes de la raison , et Fintérét des hommes qui les portera toujours à feire souvent mention de cette idée, doivent la répandre nécessairement fort loin, et la^aire passéî* dans toutes les générations suivantes. Mais apposé que ce mot soit généralement connu, et que cette partie du genre humain, qui est peu accoutumée à penser, • j ait aUathé quelques idées vagues ^^t imparfmtes^ il ne 's"* ensuit millefnent de là que l idée de Dieu soit innée. Cela prouverait tout au pins que ceux'*qui auraient, fait cette découverte, se seraieht scîfvis comme U faut de leur raison, qu'ils auraient fait des réflexions sérieuses sur
les causes*' dés' éhpses, et lés - aturaient rappor-
tées à leut Véritable origine; de 'sorte que cette impprtante notioii' 'ayant été communiquée par liete moyen à d'autres hoiûriïes moins spéculatif, et ceuxiici' l'ayant une fois reçue, il ne pouvak' gilère arriver iju'elk se perdît jamais.
]4o DE L'EJNTTBlVBEMEirT HUMAI».
Que Vidée 4e, DiéU n^est point innée.
C'est là tout ce qu^on pourrait conclure . de l'idée de Dieni, , s'il était vrai qu'elle se trouvât universellem^ent rép9iidue*dan^ l'esprit de tous; les hommes, et que dans tous les pays du mond^ elle fût généralement reçue de tout;, homme qui serait parvenu à un âge mur j;, car le coaseatement général de tous les hommes à recoa-r naître un Dieu , ne s'étend pas (4us loin , 4 mon avis. Que si l'on soutient qu'up tel consentement
Il *
suffit pouj^. prouver que l'idée ^ Dieu est ipnée , on en pourra tout %ussil>ien conclura gu^ l'idée du feû e&t innée ; parce qu'on peut , à ce que je crois, assurer positivement qu'il b^' y a p^ sonne dans l£;;.mcm4e qui ait .quêlquje' idée dç Diçu, qui n'iit aussi l'idée du feu. Or, 'je stii^ ' certain qu'une cplôiiie de jeunes enfants qu'on' ' enverrait daos une 11e où il n^'y a^ait point dq feu, n'auraient absolupient aupune idée da.fpu , ni aucun nom po^^* le désigner ^ qHoi^ue ce .fu$ une chose généraleçient connue- .^rtout âii^ leurs.' Et .peut--etre« ces enfants. ^eraient-âl§ aùsaî^ • éloignés d'avoir aucun., nom ou aucune idée pour expriin^r la diyinité , jusqu'à ce que quelqu'.un d'entlre eux, s'avi$âtrd'appUqu<er son .e.sprit à U