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coDsidératioii de ce inonde et des causes de tout ce qu'il Contient, par où il parviendrait aisément à ridée d'un Dieu. Après quoi il n'aurait pas plus tôt fait part aux autres de cette découverte , que la raison et le «penchant naturel qui les porterait à réfléchir sur un tel objet, la répandraient ensuite , et la propageraient au milieu d'eux.
S la.
// est cortifenabie à la bonté de Dieu que tous les hommes aient une idée de cet Etre suprême : donc Dieu a gravé cette idée dans l'ame de tous les hommes. *
Réponse à cette objection.
Mais on répUque à cela que c'est , une chose convenable à la bonté de Dieu , d'imprimer dans Famé des hommes des caractères et des idées de hiiméme, pour ne les pas laisser dans les ténèbres et dans l'incertitude à l'égard d'un article qui les touche de si près, comme aussi pour s'assurer à lui-même les respects et les hommages qu'une créature intelligente, telle que l'homme, est c^hgée de lui rendre. D'où l'on conclut qu'il n'a pas manqué de le faire. j
Si cet argnunent a quelque force, il prouvera beaucoup plus que ceux qui s'en servent en cette
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occasion ne se Tûnaginent. Car si nous pouvons conclure q[ue Dieu a fait pour les honlmes tout ce <jue les hommes jugeront^ leur être le plus avantageux y parce qu'il est convenable à sa bonté d'en user ainsi«, il s'ensuivra de là,, nonseulement que Dieu a imprime dans Famé des hommes une idée de lui-même, mais qu'il* y a empreint nettement et en beaux caractères tout ce que les hommes doivent savoir ou croire de cet Être suprême, tout ce qu'ils doivent faire pour obéir ^ ses ordres , et qail leur a donné une volonté et des affections qui y sont entièrement conformes ; car tout le monde . convieudra sans peine , qu'il est beaucoup plus avantageux aux hommes de se trouver dans cet état , que d'être dans les ténèbres à chercher la lumière et la connaissance conmie à tâtons , ainsi que saint Paul nous représente tous les Gentils {Act. XFII^ ^7)î et que d'éprouver une perpétuelle opposition éntVe leur volonté et leur entendanent, entre leurs' passions et leur devoir. Lés partisans: de l'église romaine disent:. Il est plus avantageux pour les hommes , et plus conforme à la bonté*.de Dieu , qu'il y ait sur la terre un juge infaillible de leurs controverses: donc il y en a un. Et m.oi, par la même raison, jç di^ : Il vaut mieux pour les hommes que cha(j[ue individu soit lui-même infaillible ; et je
Ai.^
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leur laisse à penser si la force de cet argainent les portera à croire que tout homme soit en effet infaillible. Je pense que t'est raisonner fort juste que de dire : Dieu y qui est infiniment sage^ a fait une chose d'une telle manière : donc elle est très-bien Jàile.,Maâs il me semble que c'est présumer un peu trop deaiotre propre sagesse , que
de dire : Je crois que cela* serait mieux ainsi: donc Dieu l'a ainsi Jait. Et à l'égard du point en question, c'est en vain qu'on prétend prouver, sur ce fondement, (jue Dieu a gravé certaines idées -dans l'ame de tous les hommes , puisque l'expérience nous montre clairement qu'il ne l'a point fait. Mais Dieu n'a pourtant paS' négligé les hommes, quoiqu'il n'ait pas ifnprimé dans leur ame ces idées et ces caractères originaux de connaissance , parce qu'il leur a donné d'ailleurs des facultés qui suffisent pour leur faire découvrir toutes les choses nécessaii^es à un être tel que •l'homme , par rapport à sa véritable destination. Et je me fais fart de montrer qu'un homme peut, sans le secours d'aucuns principes innés , parvenir à la connaissance d'un Dieu et des autres choses qu'il lui importe de connaître, s'il fait un bon usage de ses facultés naturelles. Dieu , ayant doué l'homme des facultés de connaître qu'il possède , n'était pas plus obligé par sa bonté , à graver dans son ame les notions in-
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nées dont nous avons parlé jusqu'ici, qu'à lui bâtir, des ponts ou des maisons après lui avQÛ* ' donné la raison, des mains et des matériaux. Ce^ pendant il y a des peuples dans le monde , qui , quoique ingénieux d'ailleurs, nont ni ponts, ni maisons, ou qui en sont fort mal poiu*vus^ ^ comme il y en a d'autres qui n'ont absolument aucune idée de Di^u, ni aucuns principes de morale , ou qui ^ du moins , n'en ont que de fort mauvais. La raison de cette ignorance , dans ces deux rencontres , vient de ce que les uns et les autres n'ont pas employé leur espril, leurs facultés et leurs forces avec toute l'industrie dont ils étaient capables, mais qu'ils se sont contentés des opinions, des coutumes et clés usages établis dans leurs pays , sans regarder plus loin. Si vous ou moi étions nés dans la. baie de Soldanie, nos pensées et nos idées n'auraient pas été peut-être plus parfaites .que les idées et les pensées grossières des Hottentots qifi y habitent ; et si Apochancana, roi de Virginie, eut été élevé en Angleterre, peut-être aurait-il été aussi habile théologien et aussi grand maithématicien que qui que ce soit dans ce royaume. Toute la différence qujil y a entre ce roi et un Anglais plus instruit, consiste simplement en ce que l'exercice de ses facultés a été borné aut manières, aux usages et aux idées de son pays.